C'est une série en cours qui a la peau dure. Championne du monde 2014, l'Allemagne en aura encore fait les frais en Russie, lors du dernier Mondial. Tristement éliminés dès la phase de poules après avoir soulevé le Saint Graal quatre ans plus tôt, les hommes de Joachim Löw avaient confirmé la difficulté de répondre à l'attente les lendemains de sacre.
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C'est une série en cours qui a la peau dure. Championne du monde 2014, l'Allemagne en aura encore fait les frais en Russie, lors du dernier Mondial. Tristement éliminés dès la phase de poules après avoir soulevé le Saint Graal quatre ans plus tôt, les hommes de Joachim Löw avaient confirmé la difficulté de répondre à l'attente les lendemains de sacre. En 2002, l'Équipe de France, championne du monde 1998, avait été la première à lancer cette mode. Elle qui, lors du Mondial 2002 au Japon et en Corée du Sud, avait forcé un rapatriement précoce dès la fin du premier tour, sans avoir pris le temps d'inscrire au préalable le moindre but. En 2010, c'était au tour de l'Italie, sacrée en Allemagne en 2006, de passer à la trappe avant même les huitièmes de finale. Quatre ans plus tard au Brésil, c'était cette fois au tour de l'invincible Espagne de tomber avec fracas de son socle dès la phase de groupes. Dans ce siècle, seul le Brésil, titré en 2002 et éliminé en quart de finale en 2006, aura fait mentir cet inventaire sans gloire qui veut qu'un champion du monde en titre s'expose à une élimination dès la phase de poules quatre ans plus tard. C'est dire la charge statistique qui accompagnera les hommes de Didier Deschamps au moment de se projeter dès ce mercredi 24 mars vers la Coupe du monde 2022. Pourtant, à l'inverse de leurs prédécesseurs, les Bleus semblent taillés pour faire durer le plaisir. Peut-être parce que cette équipe-là n'était tout simplement pas programmée pour gagner si tôt. Souvent raillée pour la qualité de son jeu en Russie, la France devrait arriver au Qatar dans un an et demi avec encore un peu plus de certitudes. Sans doute parce que Kylian Mbappé n'a toujours que 22 ans. Probablement aussi parce que la simple vue de la sélection des 23 Bleuets retenus par Sylvain Ripoll pour disputer les poules de l'EURO U21, qui aura lieu cette semaine en Hongrie, laisse présager à cette équipe un avenir doré. Une sélection dans laquelle Ripoll s'est spontanément privé d'un joueur de la trempe de Maxence Caqueret, la nouvelle pépite du centre de formation lyonnais. Une absence devenue en France le symbole de l'embouteillage de talents qui entoure le football français ces dernières années. On dit que pour affronter le Danemark, l'Islande et la Russie cette semaine, le sélectionneur des Espoirs français peut compter sur une armada de petits génies qui ferait rougir pas mal d'équipes A. Avec, en tête de gondole et pour animer l'entrejeu des Bleuets, Eduardo Camavinga (Rennes) et Houssem Aouar (Lyon). Deux graines de stars qui sont loin d'être les seules d'une sélection qui apparaît, par sa précocité, sans limite. De cet axe central attendu et qui devrait se composer de Jules Koundé (Séville) et Wesley Fofana (Leicester) en passant par cette animation offensive aux multiples possibilités, mais qui devrait s'orchestrer autour de Jonathan Ikoné (Lille), Amine Gouiri (Nice) ou Odsonne Edouard (Celtic). Tous titulaires en club, tous candidats à terme à une place chez les A. Des noms ronflants auxquels vient aussi s'ajouter le patronyme d' Adrien Truffert, le latéral gauche rennais sondé par Roberto Martínez fin février, qui a décidé de poursuivre à ce stade son aventure avec les équipes de jeunes françaises. Un choix du coeur au milieu d'une abondance de biens qui est devenue la norme ces dernières années en Équipe de France. Et qui aidera sans doute les Bleus à appréhender avec beaucoup de recul ce triptyque printanier inaugural, censé les mener dans 21 mois au Qatar pour le Mondial 2022. Un rendez-vous pour lequel la France se pose déjà comme l'un des favoris tout désignés. Un statut encombrant que les sorties à venir contre l'Ukraine (ce 24/03), le Kazakhstan (ce 28/03) et la Bosnie-Herzégovine (ce 31/03) ne devraient pas permettre de relativiser tout de suite.