Si vous n'aviez jamais vu en Wayne Rooney le potentiel d'un écrivain, il est temps de revoir votre jugement. L'ancien chouchou d'Old Trafford, aujourd'hui actif en Championship sous les couleurs de Derby County, prend la plume chaque semaine pour sa chronique, tenue dans les pages de The Sunday Times.

Dans l'un de ses derniers textes, Rooney explique qu'il attend désespérément de retrouver les terrains. Mais aussi qu'il "sent que le football en Angleterre pousse pour retrouver les pelouses le plus vite possible". Il est incompréhensible, pour lui, que le gouvernement conditionne le retour au travail de la population au respect du social distancing, et que le football fasse visiblement office d'exception.

Tant que le gouvernement ne donne pas le feu vert à la reprise du contact physique, s'entraîner normalement relève d'une mission impossible pour Rooney, qui conclut de la sorte: "On ne s'inquiète pas tellement pour nous, mais plutôt à cause du fait qu'on pourrait ramener le virus à la maison et infecter les gens qui nous entourent. Il y a des vies en jeu."

Nulle part en Europe, le Covid-19 n'a été plus meurtrier qu'au Royaume-Uni.

Rooney n'est pas le seul à le penser. Les joueurs du championnat anglais sont étonnamment nombreux à s'exprimer contre un retour à la compétition. Sergio Agüero (Manchester City), Danny Rose (Newcastle), Troy Deeney (Watford) et Glenn Murray (Brighton) ont déjà fait savoir qu'ils ne voulaient pas servir de cobayes. Raheem Sterling et Antonio Rüdiger ont également exprimé publiquement leur inquiétude.

Pourquoi le débat semble-t-il beaucoup plus ouvert en Premier League que partout ailleurs?

Des politiques en question

C'est un peu passé sous les radars, mais nulle part en Europe, le Covid-19 n'a été plus meurtrier qu'au Royaume-Uni. La faute, notamment, au Premier ministre Boris Johnson, qui parlait encore de serrer les mains des patients atteints du coronavirus au début du mois de mars, avant de se retrouver aux soins intensifs un mois plus tard. La situation de l'autre côté de la Manche est donc incomparable avec celle de l'Allemagne, où la politique menée par Angela Merkel est en bonne partie responsable de la reprise de la Bundesliga.

Au vu de la mauvaise gestion par les politiciens, la peur a pris des dimensions démesurées dans les plus basses couches de la population britannique. Une étude de l'Office for Nationals Statistics ayant affirmé que les personnes de couleur avaient quatre fois plus de chances de mourir du Covid-19 que les blancs, ceux-ci se sentent forcément plus vulnérables. Et le fait que la Premier League soit peuplée de nombreux joueurs d'origine africaine, augmente inévitablement le sentiment d'insécurité.

Le bébé de Troy Deeney

L'un de ces joueurs est Troy Deeney. L'attaquant de Watford est devenu père en décembre dernier. Pas de quoi l'empêcher d'être sur le terrain lors du fameux Boxing Day, évidemment. "J'ai dû dormir six heures sur les quatre derniers jours, mais il faudrait m'attacher pour me garder hors du terrain", déclarait-il alors au Telegraph. "C'est dans ma nature, je veux toujours jouer. La vie est courte, il faut en tirer le maximum."

De quoi rendre étonnant le fait que Deeney soit l'un des premiers à s'insurger contre le Project Restart, le plan de la Premier League pour reprendre la compétition en juin. Au coeur du mois de mai, l'attaquant dégaine sur Instagram: "Je ne veux pas entendre parler de football pour le moment, je me concentre seulement sur la santé de ma famille. Si j'ai le sentiment que je ne prends pas soin d'elle, alors je ne le ferai pas. Je ne vais pas faire courir de risque à ma famille. Ils disent qu'on ne pourra pas jouer un match avec des supporters avant 2021. Si ce n'est pas assez sûr pour eux, pourquoi ça le serait pour les joueurs?"

Invité du podcast Talk The Talk, Deeney a précisé les motifs de sa decision: "J'ai un bébé de cinq mois et il a des difficultés respiratoires. Je ne veux pas le mettre encore plus en danger en revenant à la maison."

Le capitaine de Watford a reçu le soutien de son manager Nigel Pearson, autrefois installé sur le banc d'OHL: "L'une des clés de l'histoire, c'est qu'il reste un bon nombre de questions sans réponses au sujet du virus. Si les joueurs trouvent que les inconnues sont trop nombreuses, nous respecterons leur décision."

Watford opportuniste?

Tout le monde n'adhère pas à l'histoire de Deeney. Joey Barton, l'ancien enfant terrible du foot anglais qui a aujourd'hui pris les rênes de Fleetwood Town, en League One, voit derrière cette démarche une manoeuvre pour faire annuler la saison, et écarter des débats la lutte pour le maintien. Dix-septième au moment de l'arrêt de la compétition, juste au-dessus de la ligne de flottaison, Watford pourrait souffrir jusqu'au bout de ce poste inconfortable en cas de reprise.

"À mon avis, les seuls joueurs qui ne veulent pas reprendre les entraînements sont ceux qui veulent aussi éviter la lutte pour la relégation, ou ceux qui n'ont plus rien à jouer", a tweeté Barton. "Chaque compétiteur veut une compétition. Les joueurs qui ont continué à bien s'entraîner dans cette période de folie méritent au moins une chance."

Il ajoute encore, sans retenir un ricanement: "Si Troy ne veut pas jouer, ou s'il ne se sent pas assez en sécurité, c'est son choix. Mais il ne faut pas se moquer de nous: il y a pas mal d'argent à gagner en Premier League, qui ne voudrait pas encore en profiter une petite saison avant la fin de sa carrière ? C'est très opportuniste, je dois dire."

Si vous n'aviez jamais vu en Wayne Rooney le potentiel d'un écrivain, il est temps de revoir votre jugement. L'ancien chouchou d'Old Trafford, aujourd'hui actif en Championship sous les couleurs de Derby County, prend la plume chaque semaine pour sa chronique, tenue dans les pages de The Sunday Times.Dans l'un de ses derniers textes, Rooney explique qu'il attend désespérément de retrouver les terrains. Mais aussi qu'il "sent que le football en Angleterre pousse pour retrouver les pelouses le plus vite possible". Il est incompréhensible, pour lui, que le gouvernement conditionne le retour au travail de la population au respect du social distancing, et que le football fasse visiblement office d'exception.Tant que le gouvernement ne donne pas le feu vert à la reprise du contact physique, s'entraîner normalement relève d'une mission impossible pour Rooney, qui conclut de la sorte: "On ne s'inquiète pas tellement pour nous, mais plutôt à cause du fait qu'on pourrait ramener le virus à la maison et infecter les gens qui nous entourent. Il y a des vies en jeu." Rooney n'est pas le seul à le penser. Les joueurs du championnat anglais sont étonnamment nombreux à s'exprimer contre un retour à la compétition. Sergio Agüero (Manchester City), Danny Rose (Newcastle), Troy Deeney (Watford) et Glenn Murray (Brighton) ont déjà fait savoir qu'ils ne voulaient pas servir de cobayes. Raheem Sterling et Antonio Rüdiger ont également exprimé publiquement leur inquiétude.Pourquoi le débat semble-t-il beaucoup plus ouvert en Premier League que partout ailleurs?C'est un peu passé sous les radars, mais nulle part en Europe, le Covid-19 n'a été plus meurtrier qu'au Royaume-Uni. La faute, notamment, au Premier ministre Boris Johnson, qui parlait encore de serrer les mains des patients atteints du coronavirus au début du mois de mars, avant de se retrouver aux soins intensifs un mois plus tard. La situation de l'autre côté de la Manche est donc incomparable avec celle de l'Allemagne, où la politique menée par Angela Merkel est en bonne partie responsable de la reprise de la Bundesliga.Au vu de la mauvaise gestion par les politiciens, la peur a pris des dimensions démesurées dans les plus basses couches de la population britannique. Une étude de l'Office for Nationals Statistics ayant affirmé que les personnes de couleur avaient quatre fois plus de chances de mourir du Covid-19 que les blancs, ceux-ci se sentent forcément plus vulnérables. Et le fait que la Premier League soit peuplée de nombreux joueurs d'origine africaine, augmente inévitablement le sentiment d'insécurité.L'un de ces joueurs est Troy Deeney. L'attaquant de Watford est devenu père en décembre dernier. Pas de quoi l'empêcher d'être sur le terrain lors du fameux Boxing Day, évidemment. "J'ai dû dormir six heures sur les quatre derniers jours, mais il faudrait m'attacher pour me garder hors du terrain", déclarait-il alors au Telegraph. "C'est dans ma nature, je veux toujours jouer. La vie est courte, il faut en tirer le maximum."De quoi rendre étonnant le fait que Deeney soit l'un des premiers à s'insurger contre le Project Restart, le plan de la Premier League pour reprendre la compétition en juin. Au coeur du mois de mai, l'attaquant dégaine sur Instagram: "Je ne veux pas entendre parler de football pour le moment, je me concentre seulement sur la santé de ma famille. Si j'ai le sentiment que je ne prends pas soin d'elle, alors je ne le ferai pas. Je ne vais pas faire courir de risque à ma famille. Ils disent qu'on ne pourra pas jouer un match avec des supporters avant 2021. Si ce n'est pas assez sûr pour eux, pourquoi ça le serait pour les joueurs?"Invité du podcast Talk The Talk, Deeney a précisé les motifs de sa decision: "J'ai un bébé de cinq mois et il a des difficultés respiratoires. Je ne veux pas le mettre encore plus en danger en revenant à la maison."Le capitaine de Watford a reçu le soutien de son manager Nigel Pearson, autrefois installé sur le banc d'OHL: "L'une des clés de l'histoire, c'est qu'il reste un bon nombre de questions sans réponses au sujet du virus. Si les joueurs trouvent que les inconnues sont trop nombreuses, nous respecterons leur décision."Tout le monde n'adhère pas à l'histoire de Deeney. Joey Barton, l'ancien enfant terrible du foot anglais qui a aujourd'hui pris les rênes de Fleetwood Town, en League One, voit derrière cette démarche une manoeuvre pour faire annuler la saison, et écarter des débats la lutte pour le maintien. Dix-septième au moment de l'arrêt de la compétition, juste au-dessus de la ligne de flottaison, Watford pourrait souffrir jusqu'au bout de ce poste inconfortable en cas de reprise."À mon avis, les seuls joueurs qui ne veulent pas reprendre les entraînements sont ceux qui veulent aussi éviter la lutte pour la relégation, ou ceux qui n'ont plus rien à jouer", a tweeté Barton. "Chaque compétiteur veut une compétition. Les joueurs qui ont continué à bien s'entraîner dans cette période de folie méritent au moins une chance."Il ajoute encore, sans retenir un ricanement: "Si Troy ne veut pas jouer, ou s'il ne se sent pas assez en sécurité, c'est son choix. Mais il ne faut pas se moquer de nous: il y a pas mal d'argent à gagner en Premier League, qui ne voudrait pas encore en profiter une petite saison avant la fin de sa carrière ? C'est très opportuniste, je dois dire."