28 août, 15h20. En plein Etihad Stadium, Mikel Arteta semble perdu, complètement sonné par ce qu'il vient de se passer. Ses hommes viennent de concéder une nouvelle défaite. La troisième consécutive. Mais elle fait très mal: 5-0 contre l'ancien club de l'Espagnol. En tribunes, les supporters des Gunners semblent résignés, comme si plus rien ne les touchait. Ils lancent même à leurs homologues citizens: " We lose every week. You're nothing special. We lose every week" ("On perd chaque semaine. Vous n'avez rien de spécial. On perd chaque semaine", en VF). Un sens de l'humour qui ne doit pas faire beaucoup rire dans les hautes sphères de l'Emirates Stadium... Bien longtemps considéré comme l'un des plus grands clubs anglais, le squad londonien ne fait plus peur ces dernières années. Depuis l'arrêt de la légende Arsène Wenger, plus rien ne semble fonctionner correctement au sein de la maison rouge et blanche: crise de résultats historique, entraîneur en sursis et direction complètement à la ramasse. Bref, la crise est réelle et bien profonde. Et pour comprendre comment ce club de tradition a pu tomber si bas, il est obligatoire de revenir quelques années en arrière...
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28 août, 15h20. En plein Etihad Stadium, Mikel Arteta semble perdu, complètement sonné par ce qu'il vient de se passer. Ses hommes viennent de concéder une nouvelle défaite. La troisième consécutive. Mais elle fait très mal: 5-0 contre l'ancien club de l'Espagnol. En tribunes, les supporters des Gunners semblent résignés, comme si plus rien ne les touchait. Ils lancent même à leurs homologues citizens: " We lose every week. You're nothing special. We lose every week" ("On perd chaque semaine. Vous n'avez rien de spécial. On perd chaque semaine", en VF). Un sens de l'humour qui ne doit pas faire beaucoup rire dans les hautes sphères de l'Emirates Stadium... Bien longtemps considéré comme l'un des plus grands clubs anglais, le squad londonien ne fait plus peur ces dernières années. Depuis l'arrêt de la légende Arsène Wenger, plus rien ne semble fonctionner correctement au sein de la maison rouge et blanche: crise de résultats historique, entraîneur en sursis et direction complètement à la ramasse. Bref, la crise est réelle et bien profonde. Et pour comprendre comment ce club de tradition a pu tomber si bas, il est obligatoire de revenir quelques années en arrière... Le départ de la légende Wenger a fait très mal à Arsenal. Après 22 ans à la tête de l'équipe comme manager, le Français quittait le club en 2018 après avoir remporté de nombreux titres. Déjà à l'époque, Arsenal était dans le dur, moins fringuant qu'auparavant. Mais ce n'était rien par rapport à ce qu'il se passe depuis maintenant quelques années. Intronisé juste après le départ de Wenger, Unai Emery n'a pas laissé énormément de souvenirs marquants. L'objectif fixé par ses dirigeants était de replacer Arsenal au sommet de la Premier League. Son arrivée était d'ailleurs plutôt bien vue par la presse anglaise et par les fans du club. Mais la suite, tout le monde la connaît: le coach espagnol ne restera au club qu'un an et demi, limogé le 28 novembre 2019 après une défaite à Francfort, en Europa League. Son bilan? Une cinquième place au classement général avec septante points au compteur (et donc une non-qualification pour la Ligue des Champions), mais surtout une défaite en finale d'Europa League contre l'ennemi juré, Chelsea (1-4). "Unai Emery était un symptôme, pas la maladie." Cette phrase, sortie timidement de la bouche de certains observateurs des Gunners au moment du renvoi du technicien espagnol, résonne aujourd'hui comme une évidence. Pour faire face à l'après Emery, tous les regards se tournent naturellement vers Mikel Arteta. Ex- Gunner, il avait déjà loupé l'occasion de revenir en juin 2018, quand la direction lui avait préféré Unai Emery. À son arrivée, l'ancien métronome de l'équipe débarque dans un climat délétère et se sait attendu pour faire renaître de ses cendres un mythe du football européen, en quête d'un second souffle. Mais aujourd'hui, son bilan est loin de ravir. Fortement critiqué depuis des semaines, voire des mois, on peut reprocher beaucoup de choses à Mikel Arteta. Le coach enchaîne les déconvenues. Tactiquement, Arsenal est à la rue. Pourtant, le début de son règne (il est arrivé à la tête du club le 22 décembre 2019) augurait de très bonnes choses. Il avait mis en place des préceptes tactiques bien définis. De plus, l'ancien entraîneur adjoint de Manchester City semblait être le parfait compromis entre ses deux prédécesseurs: moins élastique qu'Unai Emery, mais aussi moins borné qu'Arsène Wenger. Lors des premières semaines de son ère, on pouvait remarquer quelques fragments du football révolutionnaire que Pep Guardiola prône depuis quelques années. Dans le même temps, on retrouvait également un bien meilleur fond de jeu pour le plus grand bonheur des supporters d'Arsenal, qui n'avaient pas eu beaucoup de chance depuis quelques temps. Bien sûr, il était trop tôt pour crier au génie, mais tout laissait croire que l'ancien milieu de terrain était l'homme de la situation. Un véritable projet était en train de se dessiner. Un an et demi plus tard, force est de constater que le mal est toujours présent, profond et multiple. Dès son arrivée, le chantier défensif était énorme. Et il l'est toujours! Les principes de jeu de l'Espagnol sont simples: constatant que sa défense était aux abois et manquait de repères, il partait du principe qu'il fallait récupérer le ballon le plus haut et le plus vite possible pour éviter de se mettre en danger et de subir. Il a donc instauré très vite un contre-pressing. Mais ces dernières semaines, celui-ci ne fonctionne absolument plus. Pour être efficace dans un système comme celui que veut instaurer Arteta, il faut absolument avoir plus de possession de balle que son adversaire. Lors du match à City, les Gunners, rapidement réduits à dix, n'ont eu que 23% de possession sur l'ensemble du match. Une statistique est encore plus frappante: Arsenal n'a pas cadré une seule frappe sur l'ensemble des nonante minutes. Avec ce revers à Manchester, les joueurs du Nord de Londres enchaînent donc une troisième défaite consécutive. Déjà la saison dernière, les Gunners avaient enregistré leur pire départ depuis 1981. Ce revers menace en tout cas l'avenir à court terme de l'Espagnol. Avant la rencontre face à Manchester City, il aurait reçu un ultimatum de sa direction afin d'engranger un certain nombre de points dans les prochaines semaines (face à City donc, Norwich et Burnley). Sinon, c'est la porte! Selon les rumeurs de la presse anglaise, Antonio Conte serait à l'affût d'un éventuel licenciement. L'Italien est libre depuis son départ cet été de l'Inter avec lequel il a remporté le Scudetto. Mais Mikel Arteta n'est pas le seul fautif de cette descente aux enfers. Edu, directeur technique du club depuis 2019, collectionne les mauvaises décisions. Que ce soit au niveau des transferts ( voir encadré), mais également dans la gestion du club, l'ancien milieu de terrain brésilien n'arrive pas à se démarquer en faisant progresser les siens. Il ne fait de plus pas l'unanimité dans le coeur des supporters locaux. Loin de là! La direction en place est également sous le feu des projecteurs. Stan Kroenke, un Américain, est propriétaire du club depuis quelques années maintenant. Son dernier fait d'armes? Faire partie des douze membres fondateurs de la Super League. Les supporters, mais aussi des anciens joueurs, n'ont pas du tout apprécié cette démarche. "Arsenal appartient à ses fans, j'aime le club et je le supporterai jusqu'à ma mort", expliquait Thierry Henry dans une interview au Telegraph en avril dernier. "Mais je ne le reconnais plus et ce qu'il vient d'arriver, avec la tentative de rejoindre une ligue fermée, n'a pas de sens à mes yeux (...). Il faut retrouver notre identité." Des mots durs, mais qui montrent clairement la détresse dans laquelle se trouvent les Londoniens. Le Français était d'ailleurs au coeur d'un projet de rachat mené par le patron de Spotify, le Suédois Daniel Ek, il y a quelques mois. Ce projet était également soutenu par d'autres anciens, comme Patrick Vieira ou encore Dennis Bergkamp, notamment. Un offre de près de deux milliards d'euros aurait été formulée, mais elle a été refusée par les dirigeants actuels. Une chose est certaine: d'année en année, Arsenal donne l'impression de régresser. Actuellement dernier du championnat, les hommes d'Arteta ne peuvent pas tomber plus bas. À moins que... Par Arthur Gosset