A l'automne, juste après son transfert à la Juventus Turin, la superstar (34 ans) avait obtenu du sélectionneur Fernando Santos d'être dispensée d'équipe nationale pendant six matches, le temps de s'adapter à sa nouvelle vie italienne.

"Son absence lors de la phase de qualifications a été bien expliquée, elle était totalement légitime et compréhensible", a commenté Santos.

Et voilà "CR7" de retour: il a été rappelé en mars pour le début de la campagne d'éliminatoires de l'Euro-2020, avec l'objectif de défendre l'an prochain la couronne continentale décrochée en 2016 avec la "Selecçao".

En attendant, l'attaquant de Madère peut agrémenter son impressionnant palmarès d'un autre titre, le trophée argenté de la toute nouvelle Ligue des nations de l'UEFA, dont la finale à quatre équipes se joue cette semaine à Porto et Guimaraes, dans le nord du Portugal.

"C'est toujours un plaisir d'être de retour dans mon pays. Allez le Portugal!", a écrit Ronaldo sur son compte Instagram.

Dixième phase finale pour "CR7"

Dès qu'un trophée international est en jeu, le quintuple Ballon d'Or répond présent, comme lors de la Coupe des confédérations en Russie en 2017 (3e place pour les Portugais). D'ailleurs, cette semaine, Ronaldo va vivre sa 10e phase finale avec la sélection A depuis l'Euro-2004, déjà à domicile.

Conséquence de son éphémère mise en retrait de la sélection: cela fait près d'un an que ce buteur compulsif n'a plus marqué sous le maillot de son équipe nationale, depuis une victoire 1-0 contre le Maroc à la Coupe du monde en Russie.

C'était son 85e but avec le Portugal, qui lui avait permis de devenir le meilleur buteur de l'histoire d'une sélection européenne. Pour devenir le meilleur du monde, l'attaquant aux 156 sélections a encore du chemin à parcourir derrière l'Iranien Ali Daei (109 buts)...

Une motivation supplémentaire pour ce boulimique de records et de récompenses, obsédé par l'idée de décrocher un sixième Ballon d'Or pour doubler son grand rival argentin Lionel Messi.

Comme l'attaquant du FC Barcelone, titré en Liga, Ronaldo n'a gagné "que" le Championnat d'Italie au printemps. Et pour la première fois depuis 2013, aucun d'entre eux n'a gagné la Ligue des champions, habituel marchepied vers le Ballon d'Or.

Le Ballon d'Or en jeu

C'est Liverpool qui l'a emporté samedi à Madrid (2-0 contre Tottenham), ce qui laisse les paris ouverts: le jury du Ballon d'Or votera-t-il pour l'une des stars des "Reds", comme l'attaquant égyptien Mohamed Salah, buteur en finale, ou le défenseur néerlandais Virgil Van Dijk, meilleur joueur de la finale ?

Ou bien Messi et Ronaldo peuvent-ils encore faire pencher la balance en brillant avec leur sélection ? Alors que Ronaldo dispute la Ligue des nations, comme d'ailleurs Van Dijk avec les Pays-Bas, Messi va jouer la Copa America avec l'Argentine (14 juin-7 juillet).

Van Dijk, également élu joueur de l'année par ses pairs en Angleterre, a pour sa part un avis tranché sur la question: "Messi est le meilleur joueur du monde et je pense qu'il mérite (ce trophée) tant qu'il continuera à jouer", a-t-il lancé samedi.

De quoi surmotiver Ronaldo, qui a brillé lors de sa première saison à la Juventus malgré les vents contraires: des défenses plus coriaces en Italie qu'en Espagne, un âge de plus en plus avancé, et puis des déboires extrasportifs, comme ces accusations de viol qui pèsent contre lui aux Etats-Unis.

Les Portugais, eux, se réjouissent de pouvoir compter sur leur meilleur buteur: "Cristiano est notre leader et c'est toujours mieux d'avoir le meilleur joueur du monde avec nous. C'est un phénomène", a déclaré le défenseur de Lille José Fonte.

Et quand Cristiano Ronaldo s'investit, c'est rarement à perte...