Le résultat du match entre la Belgique et Chypre n'était pas encore connu au moment du bouclage de ce numéro mais ce qui était sûr, c'est que Hazard & Cie avaient toutes les raisons de faire la fête. Au cours des neuf premiers matches de qualification, ils avaient inscrit 34 buts et n'en avaient concédé que deux.
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Le résultat du match entre la Belgique et Chypre n'était pas encore connu au moment du bouclage de ce numéro mais ce qui était sûr, c'est que Hazard & Cie avaient toutes les raisons de faire la fête. Au cours des neuf premiers matches de qualification, ils avaient inscrit 34 buts et n'en avaient concédé que deux. Samedi, Romelu Lukaku a marqué son septième but de la campagne de qualification pour l'EURO 2020 et Eden Hazard en était déjà à cinq. Michy Batshuayi (4) ne s'est pas mal débrouillé non plus. Toby Alderweireld, Nacer Chadli, Timothy Castagne, Youri Tielemans, Kevin De Bruyne, Dries Mertens (2 chacun), Christian Benteke, Thomas Vermaelen, Yari Verschaeren, Thomas Meunier et Thorgan Hazard ont aussi marqué. Ajoutez-y trois gardiens plus des joueurs comme Leander Dendoncker, Dedryck Boyata ou Jason Denayer et vous ne serez pas loin du groupe de 23 pour la phase finale. Une sélection capable de marquer de presque toutes les positions. Lundi, dans Het Laatste Nieuws, Gert Verheyen faisait remarquer que les Diables Rouges étaient capables de jouer comme le Barça. Les buts inscrits en Russie ont été précédés respectivement de 10, 15 et 21 passes. Pour Verheyen, le troisième but relève de la classe à l'état pur : " Les Diables ont fait tourner le ballon pendant une minute et tous les joueurs l'ont touché, y compris ThibautCourtois. C'est la marque des grands. " Mais les Diables peuvent aussi jouer comme Liverpool ou Salzbourg. Ils l'ont fait à la Coupe du monde face au Japon et au Brésil ou encore récemment à Glasgow, arrivant en trois passes à Lukaku, ce tueur au sang-froid que le monde nous envie. Dans ce style de jeu, la profondeur et le sens de l'espace de De Bruyne sont essentiels. Les Diables Rouges perdent peu de ballons, ils pressent bien collectivement, n'ont pas de points faibles et possèdent plusieurs joueurs expérimentés de classe mondiale. Ils ont donc tout pour être champions d'Europe. Dommage que le public de la meilleure équipe du moment ne puisse la voir à l'oeuvre à Bruxelles lors du prochain EURO. En Russie, il y a deux ans, les joueurs avaient déjà dit que l'ambiance du Brésil 2014 et de la France 2016 leur manquait. Le pays vibrait mais eux étaient un peu isolés. Il y avait peu de supporters et ils n'étaient pas suffisamment groupés pour faire du bruit. Il aurait pu en être autrement cette fois mais les politiciens et le monde du football ont fait les mauvais choix. On jouera donc à Saint-Pétersbourg et à Copenhague ou, avec beaucoup de chance, à Amsterdam et à Bucarest. Mais les Diables Rouges n'ont pas besoin de l'avantage du terrain. Ils ont suffisamment prouvé qu'ils étaient capables de jouer partout. Sauf une fois : en Suisse, lors du match décisif pour la qualification en Ligue des Nations. Trop sûrs d'eux, ils étaient déconcentrés. L'objectif de ce groupe, c'est de faire mieux que les générations précédentes. Après la débâcle de Lille lors de l'EURO en France, celle de 1986 s'était posée des questions au sujet de la mentalité. La Russie a permis de rectifier le tir et ça s'est confirmé au cours de cette campagne de qualification. Vu leur parcours en club, ces joueurs ont tous le droit d'être considérés comme des références du football belge. D'autant que la concurrence est forte, que le jeu est plus rapide, que le monde est plus égoïste. Le but est à présent de faire mieux que la génération de 1980, à savoir être champion d'Europe. Ce serait le couronnement d'une longue carrière qui a débuté dans la première moitié de la dernière décennie en passant par les Jeux Olympiques et quatre grands tournois consécutifs. Cette génération a tout pour y arriver : de l'expérience, du talent et l'habitude des grands matches. Doit-elle encore se préparer en affrontant des adversaires forts ? Possible. En tirera-t-elle beaucoup d'enseignements ? Sans doute pas. Chaque Diable candidat à un poste de titulaire joue dans un grand club et la plupart comptent au moins 70 voire 100 matches internationaux à leur actif. Les joueurs se connaissent par coeur, connaissent les adversaires et connaissent leur coach. Connaissant le sélectionneur, il dira que d'autres pays sont favoris. Et il aura raison car nous ne sommes qu'en novembre. Qu'arrivera-t-il si Lukaku, De Bruyne, Hazard ou Witsel se blesse ? Ou si la Belgique est soudain privée de deux pions essentiels dans l'axe comme à Lille face au Pays de Galles ? En principe, les têtes de série seront l'Angleterre, la Belgique, l'Italie, l'Ukraine, la France et l'Allemagne. Ce sont aussi les candidats à la victoire. Hormis l'Ukraine, qu'il faut considérer comme outsider, au même titre que la Croatie. L'Allemagne est en pleine reconstruction. Il y a du talent mais cette équipe forme-t-elle déjà un groupe ? On peut pratiquement dire la même chose des Pays-Bas, où RonaldKoeman a abandonné le 4-3-3, comme Louis van Gaal l'avait fait au Mondial 2014. Une bonne équipe encaisse peu mais a besoin d'un buteur. L'Italie a livré un parcours sans faute, elle joue mieux depuis l'arrivée de Roberto Mancini mais, comme l'Espagne, elle manque d'attaquants. Trois des six têtes de série étaient demi-finalistes en Russie. Ce sont les favoris. Outre la Belgique, il y a la France, qui a conservé le groupe champion du monde. Certes, elle n'a pris qu'un point sur six contre la Turquie mais Kylian Mbappé n'a joué que trois matches. Le véritable rival des Belges sera cependant l'Angleterre. En demi-finale, en Russie, l'âge moyen était de 26 ans à peine et Harry Kane sortait d'une saison difficile sur le plan médical. Dele Alli, RaheemSterling et Kane auront désormais deux ans de plus. Marcus Rashford aussi. Reste à voir si l'équipe est homogène, si la lutte interne que se livrent Liverpool et Manchester City ne va pas laisser des traces. Après la Coupe du monde, l'Angleterre a livré un beau parcours : demi-finale en Ligue des Nations, 37 buts inscrits et 6 encaissés en 8 matches de qualifications, 7 victoires et une défaite (en République tchèque). Vingt-et-un buts inscrits en quatre matches à domicile. Douze buts de Kane, huit de Sterling. Ça fait peur, d'autant que, si elle arrive en demi-finale, l'Angleterre aura l'avantage du terrain. Et les rares fois où elle a brillé dans un grand tournoi, c'était chez elle. Si la Belgique joue dans le groupe B, elle ne rencontrera pas l'Angleterre avant la finale. Si elle remporte ce groupe, elle jouera à Bilbao en huitièmes de finale et à Munich en quarts avant de mettre le cap sur Londres.