Tout le monde à table

Alors que les Pays-Bas avaient manqué les festivités en 2016, les nations européennes majeures ont toutes réussi à se qualifier pour la phase finale (12 juin-12 juillet), certaines en faisant forte impression.

La Belgique et l'Italie ont, notamment, brillé en gagnant leur dix matches. Si les Diables rouges d'Eden Hazard étaient attendus à pareille fête, la Nazionale a surpris sous la houlette de son entraîneur Roberto Mancini, qui a revitalisé une équipe moribonde, absente du dernier Mondial.

Son homologue Ronald Koeman a réalisé la même prouesse avec les "Oranje", qui recommencent à faire peur entre le talent de leurs jeunes premiers (De Jong, De Ligt) et l'épanouissement de ses cadres (Van Dijk, Depay).

Harry Kane, meilleur buteur des éliminatoires (12 buts), sera au rendez-vous pour espérer emmener l'Angleterre vers son premier sacre européen, alors que la finale aura lieu à Londres, au stade de Wembley.

L'Allemagne, l'Espagne, la France championne du monde et le Portugal tenant du titre ont également montré leur solidité, mais tous les cadors ne seront pas logés à la même enseigne pour le tirage.

Cristiano Ronaldo, étoile menacée

En effet, la répartition des chapeaux, qui doit être confirmée par l'UEFA après une réunion mercredi en fin d'après-midi, promet des chocs dès les poules.

Les Bleus de Kylian Mbappé sont attendus dans le pot N.2, qui ne les protège pas d'un gros d'entrée: ils affronteront soit l'Espagne à Bilbao, soit l'Italie à Rome, soit l'Allemagne à Munich, ou l'Angleterre à Londres.

Compliqué... sauf que le Portugal peut encore s'ajouter dans la danse. La sélection de Cristiano Ronaldo, qui visera en 2020 son 100e but en sélection (99 à ce jour), figure dans le troisième chapeau, dont il sera clairement l'épouvantail. Beaucoup d'entraîneurs retiendront leur souffle lors du tirage.

Au moins l'équipe de Didier Deschamps évitera-t-elle la Croatie, qu'elle avait battue en finale du Mondial et qui est également annoncée dans le même pot 2.

Déjà des affiches, et des polémiques

Le système, complexe, imaginé par l'UEFA pour ce premier Euro organisé dans douze pays permet déjà d'entrevoir la composition des poules - sauf chamboulement des chapeaux par l'instance européenne. Une situation, inédite, qui fait grincer des dents.

Chaque groupe étant organisé dans deux villes prédéterminées, les pays hôtes y sont déjà assignés, à condition de s'être qualifiés. C'est le cas du groupe B qui accueillera le Danemark, la Russie et aussi la Belgique - car l'autre tête de série qui ne joue pas de matches à domicile, l'Ukraine, ne peut pas affronter la Russie pour des raisons diplomatiques et de sécurité.

L'Ukraine est quant à elle assurée de défier les Pays-Bas dans la poule C, entre Amsterdam et Bucarest.

Que la Belgique connaisse déjà deux de ses trois futurs adversaires, c'est "un scandale", selon l'attaquant Kevin De Bruyne. "Le foot n'est plus vraiment du foot, ça finit par devenir un business. Il s'agit d'une sorte de falsification de la compétition", a-t-il dit à la télévision flamande TVM.

Le sélectionneur Didier Deschamps avait déjà prévenu: "Vu comment est organisé le tirage au sort avec l'aspect géographique, ça va être cocasse".

Barrages et autres curiosités

Paradoxalement, si certaines poules ont déjà été en partie dévoilées, le plateau des 24 participants comporte encore des inconnues: l'identité des quatre derniers pays qui se qualifieront via des barrages.

Seize équipes ont été gratifiées d'une ultime chance grâce à leur bon parcours durant... la Ligue des nations, terminée un an plus tôt. Si les barragistes sont connus, il reste encore à les répartir dans quatre voies de barrage, déterminées par leur niveau - un tirage au sort est prévu vendredi pour trancher quelques cas.

D'ici là, quelques certitudes: un petit s'invitera dans la cour des grands, entre la Macédoine du nord, la Géorgie, le Bearus et le Kosovo.

L'Islande essayera de son côté de se qualifier pour revivre le conte de fée qui l'a emmené jusqu'en quarts en 2016.