Des millions de fans britanniques trépignent d'impatience à l'approche de ces deux finales qui opposent chacune deux clubs issus de la prestigieuse Premier League.

Les équipes londoniennes de Chelsea et Arsenal s'affrontent mercredi à Bakou (Azerbaïdjan) en finale de la Ligue Europa, avant que Liverpool et Tottenham ne se disputent samedi à Madrid (Espagne) le titre de la compétition reine en Europe, la Ligue des Champions.

L'opérateur télécoms BT se frotte particulièrement les mains en tant que seul détenteur des droits de cette compétition au Royaume-Uni, qui plus est au moment où ses résultats financiers et ses performances commerciales sont en demi-teinte.

Le groupe s'est toutefois résolu à faire un geste et à diffuser gratuitement sur sa chaîne YouTube pour les Britanniques les deux événements afin d'élargir son audience, sous la pression de sponsors inquiets du faible nombre d'abonnés à son service de télévision, soulignent des analystes.

L'an dernier, la diffusion en clair de la finale de la Ligue des Champions, qui a vu le Real Madrid l'emporter face à Liverpool, lui avait déjà permis d'attirer un total de 8,5 millions de téléspectateurs, un record depuis ses débuts en 2013 dans la diffusion de matchs de football.

Les compétitions européennes sont cruciales pour BT qui débourse pas moins de 394 millions de livres (450 millions d'euros) par saison pour les retransmettre.

"BT mise énormément sur les droits de la Ligue des Champions et cela se voit dans le prix payé pour les avoir", souligne auprès de l'AFP Kieran Maguire, spécialiste de l'économie du sport à l'Université de Liverpool.

"La Ligue des Champions a beau être populaire, les demi-finales (de cette saison, ndlr) ont rassemblé en moyenne moins de 2 millions de personnes pour BT Sport et donc le prix payé semble élevé", estime-t-il.

Pour Claire Enders, chez Enders Analysis, cabinet de recherche spécialisé dans les médias, ce sont les sponsors de la Ligue des Champions qui forcent BT à diffuser des matchs en clair.

Mauvaise passe financière

"Il y a eu une spectaculaire baisse des audiences" depuis que la Ligue des Champions est passée de Sky et ITV à BT, explique-t-elle à l'AFP.

"Les sponsors de la Ligue des Champions sont très embêtés par cela", ajoute-t-elle. Parmi les principaux sponsors de la compétition, figurent Gazprom, Mastercard, Nissan ou encore Playstation.

En plus des compétitions européennes, BT diffuse des matchs de la première division anglaise, la Premier League, aux côtés de son rival Sky, ainsi que d'autres pays comme la Ligue 1 en France, la A-League en Australie ou la Bundesliga en Allemagne.

BT va toutefois arrêter de retransmettre des matchs de la Coupe d'Angleterre, la FA Cup, à partir de la saison 2021-2022.

"Avec la FA Cup qui va être retransmise par des diffuseurs gratuitement, l'avenir de BT Sport est en jeu s'il perd les droits de la Ligue des Champions", prévient M. Maguire.

Pour BT, diffuser des matchs européens est bon pour son image de marque mais est pour l'instant une mauvaise opération financière qui pèse sur ses comptes déjà fragilisés par une forte concurrence dans la téléphone mobile et internet au Royaume-Uni.

Pour se relancer, le groupe mène un vaste plan de restructuration qui passe par la suppression de 13.000 emplois d'ici 2021 afin de réduire ses coûts.

La situation financière de BT est bien plus fragile que quand il s'est lancé dans le football, rappelle Mme Enders, qui souligne toutefois que le groupe pourrait conserver les droits de la Ligue des Champions sans casser sa tirelire lors des prochaines enchères.

Selon elle, "BT va s'accrocher à ces droits parce que personne d'autre n'en veut", malgré les ambitions dans le sport des américains Amazon, Facebook et Netflix.