Vendredi 5 avril, 22h40, Marseille est sous le choc. 42 ans plus tard, l'OM n'est toujours pas parvenu à s'imposer en terre bordelaise. Deux semaines après une défaite logique et attendue contre le Paris Saint-Germain, et une semaine après un match nul au goût de défaite face à Angers, les joueurs de Rudi Garcia sont retombés dans leurs travers.
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Vendredi 5 avril, 22h40, Marseille est sous le choc. 42 ans plus tard, l'OM n'est toujours pas parvenu à s'imposer en terre bordelaise. Deux semaines après une défaite logique et attendue contre le Paris Saint-Germain, et une semaine après un match nul au goût de défaite face à Angers, les joueurs de Rudi Garcia sont retombés dans leurs travers. Aujourd'hui, la situation est catastrophique. Le club phocéen se retrouve à 8 points de la troisième place, occupée par l'Olympique Lyonnais. Pire encore, Saint-Etienne a pris la quatrième place. Autant dire que la performance de ce week-end va couter très cher à la direction et aux joueurs. Car en début de saison, l'objectif était très clair. Faire mieux que la saison dernière. Et pourtant, à 7 semaines de la fin du championnat, il sera impossible pour l'OM de faire mieux que la saison dernière. Car il y avait eu la parenthèse enchantée en Europa League, qui avait gommé la non-participation à la Ligue des Champions. De vrais soucis financiers Dès son arrivée, en octobre 2016, l'entrepreneur américain, Frank McCourt, avait été très clair. Faire de l'OM un rival plus que solide à la suprématie du PSG. Avec une participation quasi obligatoire chaque année en Ligue des Champions. Deux ans et demi plus tard, les Marseillais n'ont toujours pas ramené la plus prestigieuse des compétitions européennes au Vélodrome. Certes, l'année dernière s'est soldée par une finale d'Europa League. Mais sans enlever leur mérite, les astres s'étaient alignés pour les hommes de Rudi Garcia. Les Marseillais avaient hérité d'une partie de tableau relativement clémente, et l'ingrédient principal des résultats de l'équipe était l'esprit de groupe. Malheureusement, ces méthodes fonctionnent rarement deux saisons d'affilée. Alors, l'effectif a été renforcé, et pas à moindre prix. Les arrivées de Caleta-Car (19M€), Strootman (25M€) et Radonjic (12M€), n'auront pas eu l'effet escompté. Résultat ? Les 200 M€ promis par Frank McCourt ont été investis. Mais l'OM ne participera toujours pas, sans énorme retournement de situation, à la prochaine campagne européenne. Ce qui représente un énorme manque à gagner. On parle d'une perte de 50 M€ sur la saison prochaine, en fonction des prévisions faites en début d'exercice. Sur base d'un même parcours (3 victoires en phase de groupe), le club percevrait 63M€ en Champions League et 13 M€ en Europa. Autant dire que les caisses sont vides, et vont le rester. D'autant plus que lors du dernier examen de la DNCG (Direction Nationale du Contrôle de Gestion), l'OM a présenté un résultat net négatif de 78.5 M€. Le président Jacques Henri Eyraud l'a annoncé, l'équipe arrive à la fin d'un cycle. Il faudra donc vendre. Seulement, à part Florian Thauvin, aucun joueur n'a de réelle valeur marchande. Certains sont assurés de partir. Cela concerne Rolando, Aymen Abdennour, Thomas Hubocan et Clinton Njie. Le départ de ces joueurs pourrait aider à rééquilibrer la masse salariale. Ceux qui ont un bon de sortie, Florian Thauvin, Adil Rami, Dimitri Payet, Steve Mandanda, Luiz Gustavo et Maxime Lopez, sont ceux qui sont le plus susceptibles de rapporter un peu d'argent dans les caisses. Les cadres désavouésDepuis le match aller contre Bordeaux, Rudi Garcia ne fait plus jouer ses cadres. Dimitri Payet, le capitaine, Luiz Gustavo, Kevin Strootman ou Adil Rami, -des joueurs considérés comme des éléments essentiels en début de saison- n'ont plus leur place sur le terrain. Il faut dire que la mise à l'écart de ces éléments correspond avec le regain de forme de l'OM, quand ceux-ci étaient alignés lors de la première partie de championnat calamiteuse. Mais le problème est qu'ils ne jouent plus du tout. Celui qui jouit du plus de temps de jeu parmi cette liste est Kevin Strootman, souvent pour remplacer un attaquant. Dimitri Payet s'est contenté de deux fins de matchs ; Luiz Gustavo, de trois. Adil Rami a lui subi l'éclosion de la charnière Kamara-Caleta-Car, qui ne cesse d'impressionner. Si l'entraîneur marseillais n'a cessé de souligner l'importance de ces joueurs dans le groupe, il est donc très clairement en train de les perdre. A force de les laisser sur le banc, la motivation de ces derniers, habitués, depuis toujours, à enchaîner les matchs, diminue clairement. Le changement de système, en 4-4-2 "spécial Balotelli", a par exemple affecté un joueur comme Payet, incapable d'occuper un poste dans cette disposition. Il y a aussi moins de place au milieu, secteur ou Rudi Garcia voulait absolument recruter. Résultat : cinq milieux sont en concurrence pour deux places. Si Dimitri Payet et Kevin Strootman étaient titulaires ce vendredi, à Bordeaux, ils n'ont pas apporté ce qu'on pouvait attendre de leur part. Et n'ont sûrement pas saisi l'occasion de retrouver une place dans le 11 de base d'ici la fin de saison. Le plus gros point d'ombre reste Luiz Gustavo. Alors qu'il était étincelant au cours de sa première saison, le milieu brésilien n'a que très peu apprécié le fait d'être baladé en défense centrale. Cela se traduit par une réelle envie de départ. Pour un joueur qui était essentiel l'an passé. Sur le terrain, tout n'est pas rose Depuis la réorganisation tactique, qui coïncide avec l'amélioration des résultats du groupe, on ne constate pas de réel progrès dans le jeu. Certes, l'OM a recommencé à gagner. Mais avec un effectif de la sorte, il eut été compliqué de ne pas s'imposer. Au rang des satisfactions, peuvent être élevés les deux minots du club. Boubakar Kamara et Maxime Lopez se sont imposés comme des titulaires indiscutables, au moment où leur club était au plus mal. Kamara (19 ans), en défense, et Lopez, au milieu (21 ans), ont eu le mérite de rassurer leurs lignes, et d'apporter leur fraîcheur. Les deux joueurs ont impressionné de maturité et de prises de risques, alors qu'ils ne faisaient pas partie des plans de Garcia au mois de septembre. "Même si on allait en Ligue des champions, on irait pour montrer quoi?"Evidemment, l'autre satisfaction se nomme Mario Balotelli. Le fantasque attaquant italien est arrivé tel un sauveur dans l'effectif olympien. Privés de buteur depuis un an et demi, les Marseillais ont pu retrouver un point d'appui sur le front de l'attaque. Mais surtout un attaquant qui marque des buts (7 buts en 10 matchs). Et bien que son avenir dans l'équipe (son contrat prend fin en juin 2019), est toujours incertain, "Super Mario", aura eu le mérite de redonner un peu d'espoir aux troupes marseillaises.Le gros point noir de la saison est le rendement de Florian Thauvin. Alors qu'il était l'homme fort de l'Olympique depuis l'an passé, l'attaquant champion du monde, traîne son spleen sur les pelouses de Ligue 1, depuis son triplé contre Angers en novembre. Et ses déclarations d'après-match, vendredi, en disent beaucoup sur la lucidité du joueur au moment d'aborder sa situation. "Mais je raconte n'importe quoi car on a perdu le match, ça ne sert à rien de chercher des excuses. Le podium, c'est fini. Il vaut mieux arrêter de se raconter des histoires, on n'a pas fait une bonne saison et même si on allait en Ligue des champions aujourd'hui, on irait pour montrer quoi ? Voilà... C'est toujours la même chose, chaque année. On lâche les saisons pour rien, on ne gagne pas les matches qu'il faut, on fait trop d'erreurs. Aujourd'hui, il n'y a qu'une chose à faire, c'est se taire et assumer puisqu'on n'a pas été bons. On a été nuls, il faut l'assumer", a déclaré le joueur. Alors que la saison 2018-2019 devait être celle de la confirmation, et de l'accès à la Ligue de Champions, les Olympiens traversent une vraie crise. Et de nombreux changements devraient apparaitre à chaque échelle du club. Dans l'espoir de repartir dans un nouveau cycle. Avec un objectif clair : retrouver la Ligue des Champions. Blaise Vanderlinden