"Ah, il est bon!" Interrogé samedi sur la performance du nouveau portier après la victoire contre Strasbourg (1-0), le défenseur Abdou Diallo n'a pas feint son admiration: "Il a fait trois belles parades. C'est rassurant. C'est bien pour lui et ça nous met tous en confiance."

Ce week-end, quand Neymar a délivré le Parc des princes d'un magnifique retourné dans le temps additionnel, le portier international a brillé à sa manière: sa fermeté sur plusieurs occasions lui a valu l'enthousiasme de ses coéquipiers comme des supporters qui ont scandé son nom.

"Pour quelqu'un comme moi, c'est un exemple à suivre. On sait très bien qui il est, quel grand gardien il est", a expliqué le milieu Ander Herrera. "Ce qui m'a le plus frappé, c'est surtout cette volonté de dépassement perpétuel qu'il a. Il a toujours envie de progresser."

S'il est arrivé au dernier jour du mercato, le 2 septembre, "avec beaucoup d'humilité et sans se mettre en avant" (Diallo), Navas n'a pas tardé à faire grandement parler de lui, tant l'attente était énorme sur son poste. Contre le Real, en l'absence des superstars en attaque (Neymar suspendu, Mbappé et Cavani blessés), c'est encore lui qui occupera le coeur des discussions.

Le Costaricien, sous contrat jusqu'en 2023, est parti pour résoudre un problème récurrent au PSG depuis plusieurs années. Pas convaincu par Alphonse Areola, Gianluigi Buffon et Kevin Trapp, l'entraîneur Thomas Tuchel a préféré repartir d'une page blanche cet été, en confiant les clés de la cage à l'expérimenté trentenaire (32 ans).

Navas "serein"

Quand l'international français a été envoyé en prêt au Real Madrid, Navas, barré par Thibaut Courtois en Espagne, a fait le chemin inverse, avec les bagages pleins de trois Ligues des champions et un nouveau suppléant, l'Espagnol Sergio Rico, venu du Séville FC.

"La possibilité de changer avec Keylor (s'est présentée) et on a décidé (de le faire) pour Keylor, pour sa personnalité. Ce n'était pas une décision facile car j'aime beaucoup Alphonse, il vient du centre de formation", s'est justifié le technicien souabe.

Tuchel a, semble-t-il, apprécié le changement: il a étreint le joueur de ses longs bras alors que celui-ci lui avait simplement tendu sa main, lors de son premier entraînement au Camp des loges, dans des images diffusées par le club.

Si le charme a opéré, à Paris, tout est d'abord une question de résultats: une défaite contre le Real, dès la première journée de Ligue des champions, pourrait vite renvoyer le PSG à ses doutes, avant un déplacement périlleux en Turquie contre Galatasaray.

Face à ses ex-coéquipiers Gareth Bale et Karim Benzema, Navas devra encore prouver qu'il a les épaules pour endosser cette tenue qui a longtemps semblé maudite.

"J'aborde ce match avec calme et l'envie de gagner", a-t-il expliqué après Strasbourg. "Je suis serein. J'ai vécu une période super au Real, mais maintenant je veux entamer un nouveau chapitre de ma carrière ici. Je veux gagner des titres. Avec une mentalité de vainqueur, toujours."