Le foot européen est-il déjà au bord du burn-out?
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Le foot européen est-il déjà au bord du burn-out?C'est une marguerite, un refrain qu'on entend chaque année à la même période, en général vers la fin décembre : les footballeurs sont fa-ti-gués. Cette année, la chanson vient plus tôt, dès début novembre. Et ça interpelle d'autant plus quand elle est fredonnée par deux cracks du foot mondial comme Pep Guardiola et Jürgen Klopp. Ce dimanche, après le match entre City et Liverpool, ils se sont plaints de la lourdeur du calendrier, de l'enchaînement des matches, des rencontres d'équipes nationales qu'il faut encore intercaler entre les rendez-vous nationaux et européens. Ils ont aussi critiqué la décision de la fédé anglaise de ne pas autoriser cinq changements par match alors que ça se fait dans les autres grands championnats."Mon affaire est de protéger les joueurs, ils sont épuisés", a lâché Guardiola. "LeBron James a remporté le titre en NBA et maintenant il est en vacances pendant un mois ou deux. Nos gars ont eu huit jours. On a des matches et encore des matches parce que la télévision a décidé ainsi."Dans ce contexte, on comprend d'autant moins que certaines fédérations programment des amicaux alors qu'il faut déjà solder des rendez-vous de Ligue des Nations qui n'intéressent pas les joueurs. Quelle est par exemple l'utilité, pour nos Diables, d'un match sans enjeu contre la Suisse alors qu'il faut jouer dans la foulée contre l'Angleterre et le Danemark ?On tire sur la corde, encore et encore. Elle risque de casser, à tout moment. Il faudra jouer un Championnat d'Europe dans le prolongement de la saison, donc c'est encore plus incompréhensible de surcharger les organismes.Comment Mouscron pourra-t-il s'en sortir ?Mouscron n'a pas joué ce week-end, ça devient une habitude. C'est le troisième match d'affilée qui est reporté pour cette équipe. Et ça inquiète, pour plusieurs raisons. Parce que là-bas, ça gamberge pas mal dans les têtes, vu le classement, la dernière place. Pendant que les Hurlus sont au repos forcé, des adversaires grappillent l'un ou l'autre point ici et là. En plus, le nouvel entraîneur ne peut pas travailler dans des conditions normales. Il n'a que la moitié de son noyau à l'entraînement, les autres joueurs sont bloqués chez eux parce qu'ils sont positifs au Covid. Pas idéal pour un entraîneur qui doit faire entrer ses idées et son système. Et puis, dans quel état physique seront les joueurs infectés quand ils reprendront l'entraînement ? On l'a entendu dans la bouche de plusieurs gars d'autres clubs qui ont été touchés par le virus : on n'en sort pas indemne, il faut du temps pour que la forme revienne. Dès que Mouscron n'aura plus le quota règlementaire de sept joueurs positifs, il faudra rejouer, rien à faire. Mais dans quel état de forme ?Pourquoi Anderlecht n'y arrive pas ?Les Mauves ont-ils été paralysés par la possibilité de passer en tête du championnat ? C'est l'impression qu'on a eue hier à Gand. L'adversaire a joué ce match sur la lancée de ce qu'il montre / ce qu'il ne montre pas depuis le départ de la saison : c'était le plus souvent indigne. Une fois qu'Anderlecht a pris l'avance, on ne voyait pas comment les Buffalos allaient pouvoir recoller. Mais ils l'ont fait. Une vraie occasion, un but. De l'autre côté, des possibilités pour faire le break, mais gaspillées. Ensuite une nouvelle approximation défensive qui coûte deux points.C'est l'histoire du début de saison des Bruxellois et il va bien falloir trouver une solution. Sans les dix points perdus lors des dernières minutes, souvent contre des adversaires de petit calibre, Anderlecht caracolerait en tête. Au lieu de ça, il y a la septième place. Tout près du fameux top 4, ça rassure. Mais toujours en enchaînant les mêmes erreurs fatales. Et ça, ça rassure beaucoup moins. Dans les jambes, les Mauves ont le potentiel pour participer aux play-offs 1. Dans les têtes, pas encore.