"Chaque fois que je me rapproche du soleil, comme Icare, ça brûle de partout", avait analysé de façon prémonitoire le 19 octobre, dans une interview au journal Le Monde, celui qui a annoncé lundi sa démission de la présidence de l'UEFA après la décision du TAS de maintenir sa suspension tout en la ramenant de six à quatre ans. Un temps grand favori à l'élection pour la présidence de la Fifa, le Français a finalement observé de loin le sacre de son ancien N.2 à l'UEFA, Gianni Infantino.

Lui, avait déjà été entraîné dans la chute de son ancien mentor devenu son meilleur ennemi, Joseph Blatter, ex-président de la Fifa suspendu comme lui le 21 décembre par la justice interne de la Fifa. En cause, un paiement de 1,8 million d'euros du second au premier en 2011 pour un travail de conseiller achevé en 2002 sans contrat écrit.

- Le traumatisme du Heysel -

Le coup est rude pour le petit-fils de modestes immigrés italiens, aujourd'hui âgé de 60 ans et dont la trajectoire fut jusque là linéaire et spectaculaire, de son enfance à Joeuf (est de la France) à la présidence de l'UEFA décrochée en 2007, en passant par la gloire avec la Juventus Turin, la victoire à l'Euro-1984 et trois Ballons d'Or, record pour un Français (1983, 1984, 1985). Seul bémol, un bilan mitigé en tant que sélectionneur de l'équipe de France de 1988 à 1992.

Même la tragédie du stade du Heysel, qui avait fait 39 morts le 29 mai 1985 à Bruxelles, n'avait pas entamé son amour du football. Platini avait joué et gagné la finale de la Coupe d'Europe des clubs champions contre Liverpool (1-0) juste après les scènes d'horreur, mais confié que cette finale ne l'a "pas quitté" depuis.

Ses amis assurent que l'homme n'a jamais changé, même si la tignasse bouclée s'est clairsemée, blanchie, et qu'un embonpoint de notable a alourdi sa silhouette. "Platoche" - surnom qu'il déteste - a conservé son côté potache, voire chambreur. A la sortie du TAS où il avait contesté pendant huit heures sa suspension, il avait fait mine de dribbler la meute de journalistes qui l'attendait, avant de se raviser en souriant.

Il a toujours plaidé la bonne foi dans son dossier et dénoncé une décision politique - en clair, la Fifa l'aurait suspendu pour l'empêcher d'être candidat à sa présidence. Dans un communiqué lundi, il remarque ainsi: "cette décision m'inflige une suspension dont la durée m'empêchera de facto et, comme par hasard, de me présenter à la prochaine élection du Président de la FIFA."

Reste que sa défense n'a pas convaincu le TAS, et a mis au jour une certaine légèreté dans son rapport à l'argent. Au Monde, il avait raconté en ces termes la genèse du contrat: "+Combien tu veux?+, demande Blatter. Je réponds: +Un million+. +De quoi?+, +De ce que tu veux, des roubles, des livres, des dollars.+ A cette époque, il n'y a pas encore l'euro. Il répond: +D'accord, un million de francs suisses par an.+"

- Panama Papers -

Les liens de Michel Platini avec l'argent sont ainsi brutalement apparus en pleine lumière. A Saint-Etienne, où il a été sacré champion de France (1981) après avoir remporté la Coupe de France avec Nancy (1978), son nom avait déjà été au coeur de l'affaire de la caisse noire qui servait à payer les salaires des meilleurs joueurs.

Et puis l'apparition de son nom dans le scandale des Panama Papers, qui a mis au jour début avril un vaste système d'évasion fiscale et révélé que l'ancien joueur de la Juventus Turin aurait eu recours aux services du cabinet d'avocats Mossack Fonseca en 2007 pour administrer une société au Panama, a achevé de troubler l'image de l'icône.

Michel Platini "est un homme d'argent et depuis toujours", assure ainsi dans une interview au quotidien Le Parisien Jean-Claude Darmon, le grand argentier du foot français qui écorne lui aussi le mythe Platini dans son autobiographie "Au nom du foot".

Lundi, Platini a annoncé qu'il démissionnait de ses fonctions de président de l'UEFA pour "poursuivre (son) combat devant les tribunaux suisses" et "prouver (sa) probité dans ce dossier". Mais il aura beaucoup de mal à faire oublier sa part d'ombre.

"Chaque fois que je me rapproche du soleil, comme Icare, ça brûle de partout", avait analysé de façon prémonitoire le 19 octobre, dans une interview au journal Le Monde, celui qui a annoncé lundi sa démission de la présidence de l'UEFA après la décision du TAS de maintenir sa suspension tout en la ramenant de six à quatre ans. Un temps grand favori à l'élection pour la présidence de la Fifa, le Français a finalement observé de loin le sacre de son ancien N.2 à l'UEFA, Gianni Infantino.Lui, avait déjà été entraîné dans la chute de son ancien mentor devenu son meilleur ennemi, Joseph Blatter, ex-président de la Fifa suspendu comme lui le 21 décembre par la justice interne de la Fifa. En cause, un paiement de 1,8 million d'euros du second au premier en 2011 pour un travail de conseiller achevé en 2002 sans contrat écrit.- Le traumatisme du Heysel -Le coup est rude pour le petit-fils de modestes immigrés italiens, aujourd'hui âgé de 60 ans et dont la trajectoire fut jusque là linéaire et spectaculaire, de son enfance à Joeuf (est de la France) à la présidence de l'UEFA décrochée en 2007, en passant par la gloire avec la Juventus Turin, la victoire à l'Euro-1984 et trois Ballons d'Or, record pour un Français (1983, 1984, 1985). Seul bémol, un bilan mitigé en tant que sélectionneur de l'équipe de France de 1988 à 1992.Même la tragédie du stade du Heysel, qui avait fait 39 morts le 29 mai 1985 à Bruxelles, n'avait pas entamé son amour du football. Platini avait joué et gagné la finale de la Coupe d'Europe des clubs champions contre Liverpool (1-0) juste après les scènes d'horreur, mais confié que cette finale ne l'a "pas quitté" depuis.Ses amis assurent que l'homme n'a jamais changé, même si la tignasse bouclée s'est clairsemée, blanchie, et qu'un embonpoint de notable a alourdi sa silhouette. "Platoche" - surnom qu'il déteste - a conservé son côté potache, voire chambreur. A la sortie du TAS où il avait contesté pendant huit heures sa suspension, il avait fait mine de dribbler la meute de journalistes qui l'attendait, avant de se raviser en souriant.Il a toujours plaidé la bonne foi dans son dossier et dénoncé une décision politique - en clair, la Fifa l'aurait suspendu pour l'empêcher d'être candidat à sa présidence. Dans un communiqué lundi, il remarque ainsi: "cette décision m'inflige une suspension dont la durée m'empêchera de facto et, comme par hasard, de me présenter à la prochaine élection du Président de la FIFA."Reste que sa défense n'a pas convaincu le TAS, et a mis au jour une certaine légèreté dans son rapport à l'argent. Au Monde, il avait raconté en ces termes la genèse du contrat: "+Combien tu veux?+, demande Blatter. Je réponds: +Un million+. +De quoi?+, +De ce que tu veux, des roubles, des livres, des dollars.+ A cette époque, il n'y a pas encore l'euro. Il répond: +D'accord, un million de francs suisses par an.+"- Panama Papers -Les liens de Michel Platini avec l'argent sont ainsi brutalement apparus en pleine lumière. A Saint-Etienne, où il a été sacré champion de France (1981) après avoir remporté la Coupe de France avec Nancy (1978), son nom avait déjà été au coeur de l'affaire de la caisse noire qui servait à payer les salaires des meilleurs joueurs.Et puis l'apparition de son nom dans le scandale des Panama Papers, qui a mis au jour début avril un vaste système d'évasion fiscale et révélé que l'ancien joueur de la Juventus Turin aurait eu recours aux services du cabinet d'avocats Mossack Fonseca en 2007 pour administrer une société au Panama, a achevé de troubler l'image de l'icône.Michel Platini "est un homme d'argent et depuis toujours", assure ainsi dans une interview au quotidien Le Parisien Jean-Claude Darmon, le grand argentier du foot français qui écorne lui aussi le mythe Platini dans son autobiographie "Au nom du foot".Lundi, Platini a annoncé qu'il démissionnait de ses fonctions de président de l'UEFA pour "poursuivre (son) combat devant les tribunaux suisses" et "prouver (sa) probité dans ce dossier". Mais il aura beaucoup de mal à faire oublier sa part d'ombre.