"Tu vas voir, ici c'est Marseille !" La phrase est d'Eric Gerets, ex-entraîneur belge de l'OM, à l'adresse de Montanier (55 ans) quand les deux hommes se sont parlé la semaine dernière. Montanier voulait rencontrer Gerets, l'âme du Standard, avec Michel Preud'homme à qui le Français succède comme coach.

Montanier. Une "pointure" pour citer la presse belge rappelant que le Nordiste a fait grimper son club de coeur (l'US Boulogne) de D4 en Ligue 1 en cinq saisons avant d'être élu meilleur entraîneur d'Espagne en 2013, emmenant la Real Sociedad à la 4e place de la Liga.

Et voilà Montanier en Belgique (après aussi des épisodes en France, à Rennes et Lens, ou en Angleterre, à Nottingham).

"On s'est trouvés"

"Le Standard était à la recherche d'un entraîneur, et moi j'aime les clubs historiques. Le Standard est très connu en France. Ceux qui connaissent l'histoire du foot européen savent ce que signifie ce club (finaliste de la C3 face à Barcelone en 1982). On s'est trouvés", déclare-t-il dans un entretien exclusif à l'AFP.

"Les dirigeants cherchaient un entraîneur francophone, avec de l'expérience, sachant gérer l'immense ferveur des supporteurs. Il fallait quelqu'un qui y soit préparé. Et puis aussi, c'est un club qui possède une formidable académie. Et dans les clubs où je suis passé auparavant, je me suis souvent appuyé sur beaucoup de jeunes issus de ces clubs. Nous avions cet ADN commun".

Montanier aime la mentalité belge. Sa fille vit au plat pays depuis neuf ans. Mais il sait aussi que son club n'est pas au mieux financièrement.

"C'est toujours le souhait d'un entraîneur de conserver ses meilleurs joueurs. Mais on connaît le foot moderne. Il faut donner l'envie aux jeunes joueurs de résister à la tentation de rejoindre des clubs plus huppés où il pourront multiplier leur salaire par trois, par cinq. J'en ai connu par dix ! Garder un joueur contre sa volonté ce n'est jamais simple", insiste-t-il.

"Aujourd'hui, j'ai la conviction que tout le monde semble fier de porter le blason du Standard mais on sait que cela va peut-être évoluer et il faut, en tant qu'entraîneur, savoir s'adapter au foot moderne et aux transferts et à tous ceux qui cherchent parfois à partir à tout prix".

Limogé du RC Lens au printemps dernier, Montanier sait qu'il se trouve face à une montagne. Le Standard accuse du retard sur ses principaux concurrents, surtout Bruges, champion en titre. Et les "Rouches" n'ont plus été titrés depuis 2009.

"Potentiel"

"Le Standard peut résorber son retard sur Bruges. On ne se fixe pas de limites. Même si on sait que pour l'instant il y a un gros décalage entre Bruges et ses poursuivants. Ce qui est sûr, c'est qu'à moyen terme (peut-être pas à court terme) le Standard a le potentiel pour retrouver son lustre d'antan et gagner un titre. A court terme, ce sera peut-être difficile car l'écart avec Bruges est conséquent".

A Liège, Montanier aura une mission: faire éclore les jeunes d'une école qui a produit des talents comme Witsel, Batshuayi, Defour ou Fellaini, membres de Diables Rouges qui dominent le classement Fifa depuis trois ans.

"C'est un peu tôt (pour juger de la qualité des jeunes) car on est dans une période de préparation très particulière: on doit maintenir une certaine distance, on ne peut pas faire de jeu, pas d'oppositions", lance-t-il.

"Cela limite le jugement mais on voit que certains jeunes joueurs ont de grosses qualités. Mais le potentiel et les qualités, ce n'est pas toujours suffisant. Il faut être apte au travail, être à l'écoute. Je vais le découvrir dans les prochaines semaines".

Le Standard a engagé un "grand formateur", a dit un dirigeant du club à l'AFP. Tout Liège l'espère.

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"Tu vas voir, ici c'est Marseille !" La phrase est d'Eric Gerets, ex-entraîneur belge de l'OM, à l'adresse de Montanier (55 ans) quand les deux hommes se sont parlé la semaine dernière. Montanier voulait rencontrer Gerets, l'âme du Standard, avec Michel Preud'homme à qui le Français succède comme coach. Montanier. Une "pointure" pour citer la presse belge rappelant que le Nordiste a fait grimper son club de coeur (l'US Boulogne) de D4 en Ligue 1 en cinq saisons avant d'être élu meilleur entraîneur d'Espagne en 2013, emmenant la Real Sociedad à la 4e place de la Liga.Et voilà Montanier en Belgique (après aussi des épisodes en France, à Rennes et Lens, ou en Angleterre, à Nottingham)."Le Standard était à la recherche d'un entraîneur, et moi j'aime les clubs historiques. Le Standard est très connu en France. Ceux qui connaissent l'histoire du foot européen savent ce que signifie ce club (finaliste de la C3 face à Barcelone en 1982). On s'est trouvés", déclare-t-il dans un entretien exclusif à l'AFP."Les dirigeants cherchaient un entraîneur francophone, avec de l'expérience, sachant gérer l'immense ferveur des supporteurs. Il fallait quelqu'un qui y soit préparé. Et puis aussi, c'est un club qui possède une formidable académie. Et dans les clubs où je suis passé auparavant, je me suis souvent appuyé sur beaucoup de jeunes issus de ces clubs. Nous avions cet ADN commun".Montanier aime la mentalité belge. Sa fille vit au plat pays depuis neuf ans. Mais il sait aussi que son club n'est pas au mieux financièrement."C'est toujours le souhait d'un entraîneur de conserver ses meilleurs joueurs. Mais on connaît le foot moderne. Il faut donner l'envie aux jeunes joueurs de résister à la tentation de rejoindre des clubs plus huppés où il pourront multiplier leur salaire par trois, par cinq. J'en ai connu par dix ! Garder un joueur contre sa volonté ce n'est jamais simple", insiste-t-il. "Aujourd'hui, j'ai la conviction que tout le monde semble fier de porter le blason du Standard mais on sait que cela va peut-être évoluer et il faut, en tant qu'entraîneur, savoir s'adapter au foot moderne et aux transferts et à tous ceux qui cherchent parfois à partir à tout prix".Limogé du RC Lens au printemps dernier, Montanier sait qu'il se trouve face à une montagne. Le Standard accuse du retard sur ses principaux concurrents, surtout Bruges, champion en titre. Et les "Rouches" n'ont plus été titrés depuis 2009."Le Standard peut résorber son retard sur Bruges. On ne se fixe pas de limites. Même si on sait que pour l'instant il y a un gros décalage entre Bruges et ses poursuivants. Ce qui est sûr, c'est qu'à moyen terme (peut-être pas à court terme) le Standard a le potentiel pour retrouver son lustre d'antan et gagner un titre. A court terme, ce sera peut-être difficile car l'écart avec Bruges est conséquent".A Liège, Montanier aura une mission: faire éclore les jeunes d'une école qui a produit des talents comme Witsel, Batshuayi, Defour ou Fellaini, membres de Diables Rouges qui dominent le classement Fifa depuis trois ans."C'est un peu tôt (pour juger de la qualité des jeunes) car on est dans une période de préparation très particulière: on doit maintenir une certaine distance, on ne peut pas faire de jeu, pas d'oppositions", lance-t-il."Cela limite le jugement mais on voit que certains jeunes joueurs ont de grosses qualités. Mais le potentiel et les qualités, ce n'est pas toujours suffisant. Il faut être apte au travail, être à l'écoute. Je vais le découvrir dans les prochaines semaines".Le Standard a engagé un "grand formateur", a dit un dirigeant du club à l'AFP. Tout Liège l'espère.