Nicolo Zaniolo est un de ces joueurs à sensations, capables de faire lever tout un stade sur un geste, une folie, une douceur. Le meilleur exemple est son premier but chez les professionnels. La Roma reçoit Sassuolo et Zaniolo, lancé sur le côté droit, rentre dans la surface. Petit crochet, feinte de frappe, le défenseur et le gardien sont au sol. Le gaucher conclut d'une pichenette toute en délicatesse. À 19 ans, Nicolo vient de se présenter au monde entier. Et le parcours du numéro 22 est tout aussi imprévisible que ce premier but inscrit avec les Giallorossi.

A l'âge de sept ans, Nicolo Zaniolo commence le foot au Genoa, club où évolue à l'époque son papa Igor, modeste attaquant de Serie B et C. Après quatre années passées chez les Rossoblu, le petit Nicolo rejoint la Fiorentina où il effectuera la majorité de sa formation. Au bout de sa seconde saison avec les U17, le club florentin lui annonce qu'il ne sera pas conservé. Il rejoint alors le Virtus Entella, pensionnaire de Serie B où il évoluera avec la Primavera, le championnat U19 en Italie. Très vite, le gaucher, qui évolue sur le côté droit, épate. Auteur de 7 buts en 16 rencontres, il termine la saison avec l'équipe A et dispute sept matchs de Serie B. Suffisant pour attirer les regards puisque l'Inter délie les cordons de la bourse et s'offre le joueur alors âgé de 18 ans pour 1,8 millions d'euros.

Lors du passage de Radja Nainggolan de Rome à Milan, Zaniolo sert de monnaie d'échange.

Nous sommes en 2017, et l'ascension du natif de Massa en Toscane ne fait que débuter. Avec 13 buts et 8 passes décisives en 26 rencontres, il est l'un des principaux artisans du titre des U19 nerazzurri. Auteur de l'unique but de la demi-finale face à la Juventus, il donnera la passe décisive sur le premier but de l'Inter en finale. Un trophée remporté 2-0 face ... à la Fiorentina, le club qui ne l'avait pas considéré assez bon pour le conserver. Nul doute que les dirigeants de la Viola s'en mordent aujourd'hui les doigts.

A l'été 2018, un an après avoir rejoint l'Inter, Zaniolo fait déjà ses valises direction la capitale. Il rejoint l'AS Roma contre 4,5 milions. Le club de la Louve lui offre un contrat jusqu'en 2023. "Je suis parti parce que je voulais jouer avec l'équipe première, je pensais que j'en avais fini avec la Primavera", explique-t-il à Sky Sport Italia.

Quand l'Italien approche de la surface et s'apprête à rentrer sur son pied gauche, les dégâts pour la défense adverse ne sont jamais bien loin., iStock
Quand l'Italien approche de la surface et s'apprête à rentrer sur son pied gauche, les dégâts pour la défense adverse ne sont jamais bien loin. © iStock

Révélation à la Roma

Et le moins qu'on puisse dire, c'est que le transfert du numéro 22 est un succès. Le 12 février 2019, il devient le plus jeune italien à inscrire un doublé en Ligue des Champions lors d'une victoire 2-1 des siens face au FC Porto. C'est également en Ligue des Champions que Zaniolo enfile pour la première fois la tunique romaine. C'était sur la pelouse du Santiago Bernabeu, comme un signe de la grandeur des espoirs placés en lui. Le Toscan a quitté l'Inter parce qu'il voulait jouer avec les pros et la Roma va lui en donner l'occasion. Sur les dix premières journées de Serie A, il ne jouera qu'à une reprise. Mais pour la suite du championnat, il ne quittera quasiment plus le onze de base.

Son profil est atypique. Malgré son mètre 90, le gaucher est rapide, agile et technique. Doté d'une belle vision du jeu, Zaniolo est un joueur intelligent et raffiné capable d'apporter le danger depuis le flanc droit ou dans l'axe. Il marque du gauche, du droit et de la tête, ce qui fait de lui une arme offensive imprévisible et déroutante. Le résultat? Quatre buts et trois passes décisives en 27 rencontres disputées, mais surtout le trophée de meilleur espoir de Serie A pour la saison 2018-2019. A peine un an après son arrivée, la Roma lui offre un nouveau contrat de cinq ans.

La nouvelle sensation romaine ne tarde pas à séduire Roberto Mancini, le sélectionneur de la Squadra Azzurra.

En plus d'avoir conquis le coeur des Romanisti, Zaniolo a également tapé dans l'oeil de Roberto Mancini, le sélectionneur de la Squadra. Le 23 mars 2019, lors d'une victoire 2-0 de l'Italie face à la Finlande, le gaucher de 19 ans connait sa première sélection en montant au jeu pour les cinq dernières minutes du match.

Désormais international, Zaniolo entame la saison 2019 -2020 dans la peau d'un titulaire indiscutable du côté de la Roma. En championnat, il inscrit quatre buts et délivre un assist en 18 matchs et en Europa League, il compte deux buts et une passe décisive en six rencontres. Mais le 12 janvier 2020, le gaucher est coupé dans son élan. Après un contact avec Matthijs de Ligt à la 34ème minute d'une défaite 1-2 contre la Juventus, il doit sortir sur civière. Les craintes des supporters romains sont confirmées, la blessure est grave. Zaniolo souffre d'une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit et est opéré le lendemain. Rome pleure sa pépite.

Mis au tapis par une grave blessure, Zaniolo est frappé en pleine ascension., iStock
Mis au tapis par une grave blessure, Zaniolo est frappé en pleine ascension. © iStock

Avenir romain

A ce moment, son rêve de disputer l'EURO avec la Squadra s'envole. Auteur de deux buts en cinq sélections, il aurait pu être l'atout charme côté Italien. Avec le report de la compétition à 2021, Zaniolo peut désormais y croire à nouveau, et il a des soutiens de poids.

Francesco Totti, légende vivante de la Roma affirmait une certaine admiration à son propos lors d'un live Instagram: "Zaniolo est un grand joueur. Il est jeune, prometteur, il a un bel avenir. Tout dépendra de sa progression. Il n'a pas encore fait beaucoup de choses, mais il a un énorme potentiel. Il est l'un des jeunes les plus forts du monde." Adoubé par le dernier empereur romain, que demander de plus?

Le PSG et la Juventus suivent de près la progression de l'un des jeunes talents les mieux cotés d'Europe.

Totti n'est pas le seul à garder la pépite à l'oeil. L'année dernière, l'Observatoire du football CIES a sorti son top 50 des footballeurs de moins de 20 ans, et Zaniolo arrive en troisième position, avec une valeur marchande de 67,4 millions, seulement devancé par Jadon Sancho et Matteo Guendouzi. Le Toscan est annoncé partout. Le PSG aurait fait une offre de 60 millions pour s'attacher ses services en janvier, refusée par les dirigeants romains. La Juventus serait également très intéressée.

Mais à 20 ans, Zaniolo est loin d'avoir envie de quitter la capitale comme il l'affirmait dans une interview à la chaîne Sky Sport Italia: "Totti est pour moi l'idole de Rome, le symbole de la ville. Des joueurs comme lui et De Rossi sont difficilement égalables. J'aimerais devenir une bandiera de l'AS Roma, même si en ce moment mon unique objectif est de revenir sur les terrains. Je souhaite rester longtemps ici, parce que cette équipe m'a tout donné et je suis amoureux de ce club." S'il confirme tous les espoirs placés en lui et ne quitte jamais la Roma, il est certain que Nicolo Zaniolo rejoindra Totti et De Rossi comme une bandiera, ces étendards brandis par les supporters romains sur lesquels figurent les visages des plus grandes légendes du club.

Jérôme Jordens (st.)

Nicolo Zaniolo est un de ces joueurs à sensations, capables de faire lever tout un stade sur un geste, une folie, une douceur. Le meilleur exemple est son premier but chez les professionnels. La Roma reçoit Sassuolo et Zaniolo, lancé sur le côté droit, rentre dans la surface. Petit crochet, feinte de frappe, le défenseur et le gardien sont au sol. Le gaucher conclut d'une pichenette toute en délicatesse. À 19 ans, Nicolo vient de se présenter au monde entier. Et le parcours du numéro 22 est tout aussi imprévisible que ce premier but inscrit avec les Giallorossi.A l'âge de sept ans, Nicolo Zaniolo commence le foot au Genoa, club où évolue à l'époque son papa Igor, modeste attaquant de Serie B et C. Après quatre années passées chez les Rossoblu, le petit Nicolo rejoint la Fiorentina où il effectuera la majorité de sa formation. Au bout de sa seconde saison avec les U17, le club florentin lui annonce qu'il ne sera pas conservé. Il rejoint alors le Virtus Entella, pensionnaire de Serie B où il évoluera avec la Primavera, le championnat U19 en Italie. Très vite, le gaucher, qui évolue sur le côté droit, épate. Auteur de 7 buts en 16 rencontres, il termine la saison avec l'équipe A et dispute sept matchs de Serie B. Suffisant pour attirer les regards puisque l'Inter délie les cordons de la bourse et s'offre le joueur alors âgé de 18 ans pour 1,8 millions d'euros.Nous sommes en 2017, et l'ascension du natif de Massa en Toscane ne fait que débuter. Avec 13 buts et 8 passes décisives en 26 rencontres, il est l'un des principaux artisans du titre des U19 nerazzurri. Auteur de l'unique but de la demi-finale face à la Juventus, il donnera la passe décisive sur le premier but de l'Inter en finale. Un trophée remporté 2-0 face ... à la Fiorentina, le club qui ne l'avait pas considéré assez bon pour le conserver. Nul doute que les dirigeants de la Viola s'en mordent aujourd'hui les doigts.A l'été 2018, un an après avoir rejoint l'Inter, Zaniolo fait déjà ses valises direction la capitale. Il rejoint l'AS Roma contre 4,5 milions. Le club de la Louve lui offre un contrat jusqu'en 2023. "Je suis parti parce que je voulais jouer avec l'équipe première, je pensais que j'en avais fini avec la Primavera", explique-t-il à Sky Sport Italia.Et le moins qu'on puisse dire, c'est que le transfert du numéro 22 est un succès. Le 12 février 2019, il devient le plus jeune italien à inscrire un doublé en Ligue des Champions lors d'une victoire 2-1 des siens face au FC Porto. C'est également en Ligue des Champions que Zaniolo enfile pour la première fois la tunique romaine. C'était sur la pelouse du Santiago Bernabeu, comme un signe de la grandeur des espoirs placés en lui. Le Toscan a quitté l'Inter parce qu'il voulait jouer avec les pros et la Roma va lui en donner l'occasion. Sur les dix premières journées de Serie A, il ne jouera qu'à une reprise. Mais pour la suite du championnat, il ne quittera quasiment plus le onze de base.Son profil est atypique. Malgré son mètre 90, le gaucher est rapide, agile et technique. Doté d'une belle vision du jeu, Zaniolo est un joueur intelligent et raffiné capable d'apporter le danger depuis le flanc droit ou dans l'axe. Il marque du gauche, du droit et de la tête, ce qui fait de lui une arme offensive imprévisible et déroutante. Le résultat? Quatre buts et trois passes décisives en 27 rencontres disputées, mais surtout le trophée de meilleur espoir de Serie A pour la saison 2018-2019. A peine un an après son arrivée, la Roma lui offre un nouveau contrat de cinq ans.En plus d'avoir conquis le coeur des Romanisti, Zaniolo a également tapé dans l'oeil de Roberto Mancini, le sélectionneur de la Squadra. Le 23 mars 2019, lors d'une victoire 2-0 de l'Italie face à la Finlande, le gaucher de 19 ans connait sa première sélection en montant au jeu pour les cinq dernières minutes du match.Désormais international, Zaniolo entame la saison 2019 -2020 dans la peau d'un titulaire indiscutable du côté de la Roma. En championnat, il inscrit quatre buts et délivre un assist en 18 matchs et en Europa League, il compte deux buts et une passe décisive en six rencontres. Mais le 12 janvier 2020, le gaucher est coupé dans son élan. Après un contact avec Matthijs de Ligt à la 34ème minute d'une défaite 1-2 contre la Juventus, il doit sortir sur civière. Les craintes des supporters romains sont confirmées, la blessure est grave. Zaniolo souffre d'une rupture du ligament croisé antérieur du genou droit et est opéré le lendemain. Rome pleure sa pépite.A ce moment, son rêve de disputer l'EURO avec la Squadra s'envole. Auteur de deux buts en cinq sélections, il aurait pu être l'atout charme côté Italien. Avec le report de la compétition à 2021, Zaniolo peut désormais y croire à nouveau, et il a des soutiens de poids. Francesco Totti, légende vivante de la Roma affirmait une certaine admiration à son propos lors d'un live Instagram: "Zaniolo est un grand joueur. Il est jeune, prometteur, il a un bel avenir. Tout dépendra de sa progression. Il n'a pas encore fait beaucoup de choses, mais il a un énorme potentiel. Il est l'un des jeunes les plus forts du monde." Adoubé par le dernier empereur romain, que demander de plus?Totti n'est pas le seul à garder la pépite à l'oeil. L'année dernière, l'Observatoire du football CIES a sorti son top 50 des footballeurs de moins de 20 ans, et Zaniolo arrive en troisième position, avec une valeur marchande de 67,4 millions, seulement devancé par Jadon Sancho et Matteo Guendouzi. Le Toscan est annoncé partout. Le PSG aurait fait une offre de 60 millions pour s'attacher ses services en janvier, refusée par les dirigeants romains. La Juventus serait également très intéressée. Mais à 20 ans, Zaniolo est loin d'avoir envie de quitter la capitale comme il l'affirmait dans une interview à la chaîne Sky Sport Italia: "Totti est pour moi l'idole de Rome, le symbole de la ville. Des joueurs comme lui et De Rossi sont difficilement égalables. J'aimerais devenir une bandiera de l'AS Roma, même si en ce moment mon unique objectif est de revenir sur les terrains. Je souhaite rester longtemps ici, parce que cette équipe m'a tout donné et je suis amoureux de ce club." S'il confirme tous les espoirs placés en lui et ne quitte jamais la Roma, il est certain que Nicolo Zaniolo rejoindra Totti et De Rossi comme une bandiera, ces étendards brandis par les supporters romains sur lesquels figurent les visages des plus grandes légendes du club.Jérôme Jordens (st.)