Il y a deux ans, Gabriel Martinelli devait encore se cacher pour prendre des photos de Marouane Fellaini ou Paul Pogba. En provenance de l'Ituano Futebol Clube dans l'État de São Paulo au Brésil, la jeune groupie a alors 16 ans et des rêves d'expatriation plein la tête lorsqu'il rencontre pour la première fois ses idoles. Comme beaucoup de mineurs de son âge, Gabriel Martinelli fait alors l'expérience de ces vols longs courriers à destination de l'Europe dont les voyages aller sont autant prometteurs que les retours sont cafardeux.

Trimballé de test en test aux quatre coins de l'Europe, le jeune Brésilien enchaine les city-trips sans lendemain. Barcelone, Madrid et Manchester, quatre fois. A Carrington, le centre d'entrainement des Red Devils, le longiligne ailier brésilien est apprécié, mais a du mal à faire l'unanimité.

Il faudra attendre avril 2019 pour voir un cador européen accepter de sortir le chéquier. Et contre toute attente, c'est le board d'Arsenal qui est le premier à passer aux choses sérieuses. Toutes proportions gardées. Quand les Gunners claquent 80 millions pour les raids verticaux de Nicolas Pépé, ils n'en investissent qu'un petit dixième pour leur nouveau joujou brésilien. Un transfert au rabais avant tout bouclé dans l'urgence pour doubler la concurrence. Le genre de placement à bas risque duquel on n'attend finalement pas grand-chose, mais que le hasard d'une bonne pioche peut assez vite transformer en cache-misère pour un club habitué à empiler les investissements foireux.

Le 3 octobre, contre le Standard, Martinelli devient le plus jeune joueur de l'histoire des Gunners à planter un doublé en Coupe d'Europe.

Sans le faire exprès et en dénigrant sa politique habituelle des gros sous, le board d'Arsenal a pris sa meilleure décision depuis longtemps en misant sur Gabriel Martinelli. Les mauvaises langues disent même qu'avec lui, les Gunners tiennent leur premier bon transfert depuis une éternité. Et force est de constater que les derniers mercatos foireux des Londoniens ne leur donnent pas tout à fait tort. Le début de saison du Brésilien non plus. Quatre titularisations, sept pions et 360 minutes sur le pré suffisent à mettre tout le monde d'accord. En moins de trois semaines, la cote du minot brésilien aligné en pointe par Unai Emery passe du simple au triple. Le 3 octobre, Martinelli devient même le plus jeune joueur de l'histoire d'Arsenal a inscrire un doublé en Coupe d'Europe contre le Standard.

Contre les Rouches, il n'aura pas fallu un quart d'heure au Brésilien pour montrer à la Belgique entière le chemin qu'il reste à parcourir à Zinho Vanheusden avant de prétendre, lui aussi, un jour au gratin européen. Par deux fois, Martinelli se joue du défenseur anversois avec une facilité déconcertante. Et Unai Emery de conclure ce soir-là en conférence de presse: "Son activité est impressionnante. Il préfère jouer ailier gauche. Je l'utilise comme attaquant."

Gabriel Martinelli met Kepa au tapis. Tant pis si l'Espagnol a coûté dix fois son prix., iStock
Gabriel Martinelli met Kepa au tapis. Tant pis si l'Espagnol a coûté dix fois son prix. © iStock

Probablement le seul éclair du technicien espagnol au cours de son séjour londonien. Mais une solide illumination quand-même pour un entraineur qui doit déjà faire avec la concurrence de Pierre-Emerick Aubameyang et Alexandre Lacazette. La preuve, sans doute, que les vrais cracks parviennent toujours à se faire une place au soleil.

Replacé à gauche dans le football plus guardiolesque de Mikel Arteta, Martinelli devient alors un partant certain pour le onze de départ. Seulement six mois après son arrivée, le Brésilien fait déjà partie des briques sur lesquelles on reconstruit aujourd'hui l'Arsenal de demain. Et rappelle qu'avant de devenir la risée de l'Europe pour être devenu une caricature de garderie pour jeunes talents, l'Arsenal façon Arsène Wenger avait souvent eu l'habitude de viser juste.

A la fin du siècle dernier, l'Alsacien avait fait venir en quelques saisons une kyrielle de talents issus souvent de championnats mineurs pour une bouchée de pain. Leurs noms à l'époque ? Freddie Ljungberg, Marc Overmars, Emmanuel Petit, Gilberto Silva ou Giovanni Van Bronckhorst. Vingt ans plus tard, les Invincibles d'Arsenal attendent toujours leurs successeurs, mais misent déjà une pièce sur Gabriel Martinelli pour devenir un jour l'un des leurs.

Par Maurice Brun

Il y a deux ans, Gabriel Martinelli devait encore se cacher pour prendre des photos de Marouane Fellaini ou Paul Pogba. En provenance de l'Ituano Futebol Clube dans l'État de São Paulo au Brésil, la jeune groupie a alors 16 ans et des rêves d'expatriation plein la tête lorsqu'il rencontre pour la première fois ses idoles. Comme beaucoup de mineurs de son âge, Gabriel Martinelli fait alors l'expérience de ces vols longs courriers à destination de l'Europe dont les voyages aller sont autant prometteurs que les retours sont cafardeux.Trimballé de test en test aux quatre coins de l'Europe, le jeune Brésilien enchaine les city-trips sans lendemain. Barcelone, Madrid et Manchester, quatre fois. A Carrington, le centre d'entrainement des Red Devils, le longiligne ailier brésilien est apprécié, mais a du mal à faire l'unanimité.Il faudra attendre avril 2019 pour voir un cador européen accepter de sortir le chéquier. Et contre toute attente, c'est le board d'Arsenal qui est le premier à passer aux choses sérieuses. Toutes proportions gardées. Quand les Gunners claquent 80 millions pour les raids verticaux de Nicolas Pépé, ils n'en investissent qu'un petit dixième pour leur nouveau joujou brésilien. Un transfert au rabais avant tout bouclé dans l'urgence pour doubler la concurrence. Le genre de placement à bas risque duquel on n'attend finalement pas grand-chose, mais que le hasard d'une bonne pioche peut assez vite transformer en cache-misère pour un club habitué à empiler les investissements foireux. Sans le faire exprès et en dénigrant sa politique habituelle des gros sous, le board d'Arsenal a pris sa meilleure décision depuis longtemps en misant sur Gabriel Martinelli. Les mauvaises langues disent même qu'avec lui, les Gunners tiennent leur premier bon transfert depuis une éternité. Et force est de constater que les derniers mercatos foireux des Londoniens ne leur donnent pas tout à fait tort. Le début de saison du Brésilien non plus. Quatre titularisations, sept pions et 360 minutes sur le pré suffisent à mettre tout le monde d'accord. En moins de trois semaines, la cote du minot brésilien aligné en pointe par Unai Emery passe du simple au triple. Le 3 octobre, Martinelli devient même le plus jeune joueur de l'histoire d'Arsenal a inscrire un doublé en Coupe d'Europe contre le Standard. Contre les Rouches, il n'aura pas fallu un quart d'heure au Brésilien pour montrer à la Belgique entière le chemin qu'il reste à parcourir à Zinho Vanheusden avant de prétendre, lui aussi, un jour au gratin européen. Par deux fois, Martinelli se joue du défenseur anversois avec une facilité déconcertante. Et Unai Emery de conclure ce soir-là en conférence de presse: "Son activité est impressionnante. Il préfère jouer ailier gauche. Je l'utilise comme attaquant."Probablement le seul éclair du technicien espagnol au cours de son séjour londonien. Mais une solide illumination quand-même pour un entraineur qui doit déjà faire avec la concurrence de Pierre-Emerick Aubameyang et Alexandre Lacazette. La preuve, sans doute, que les vrais cracks parviennent toujours à se faire une place au soleil. Replacé à gauche dans le football plus guardiolesque de Mikel Arteta, Martinelli devient alors un partant certain pour le onze de départ. Seulement six mois après son arrivée, le Brésilien fait déjà partie des briques sur lesquelles on reconstruit aujourd'hui l'Arsenal de demain. Et rappelle qu'avant de devenir la risée de l'Europe pour être devenu une caricature de garderie pour jeunes talents, l'Arsenal façon Arsène Wenger avait souvent eu l'habitude de viser juste. A la fin du siècle dernier, l'Alsacien avait fait venir en quelques saisons une kyrielle de talents issus souvent de championnats mineurs pour une bouchée de pain. Leurs noms à l'époque ? Freddie Ljungberg, Marc Overmars, Emmanuel Petit, Gilberto Silva ou Giovanni Van Bronckhorst. Vingt ans plus tard, les Invincibles d'Arsenal attendent toujours leurs successeurs, mais misent déjà une pièce sur Gabriel Martinelli pour devenir un jour l'un des leurs. Par Maurice Brun