Avant lui, Carlo Ancelotti et Marcelo Bielsa avaient déjà été victimes du corporatisme des bancs de touche français, prompts à éclater d'un rire sarcastique au moindre faux-pas d'un entraîneur étranger, présenté comme largement supérieur à son prédécesseur (français). Le 23 septembre dernier, Unai Emery et son PSG sont battus à Toulouse. C'est déjà la deuxième défaite de la saison de Paris en Ligue 1, alors que les hommes de Laurent Blanc n'avaient été battus qu'à deux reprises sur l'ensemble de la saison dernière.

Le nouveau Paris a du retard à l'allumage. Sans doute parce que sa reconstruction est un plus vaste chantier que prévu. Critiqué pour ses prestations souvent insipides quand le printemps débarque, et avec lui les grands matches de Ligue des Champions, Zlatan Ibrahimovic n'en était pas moins la clé de voûte du jeu parisien. Tout était organisé autour de lui. La profondeur des Blaise Matuidi, Edinson Cavani et Lucas Moura compensait ses décrochages pour toucher le ballon entre les lignes, et Javier Pastore était souvent laissé sur le banc, coupable de briller dans les mêmes zones que lui.

En partant à Manchester, le Suédois a emporté avec lui 113 buts marqués en 122 matches de Ligue 1. Le genre de chiffre qui explique presque à lui tout seul quatre titres de rang. En plus d'être le buteur attitré des Parisiens, Zlatan était aussi le leader charismatique du onze de la capitale française. Son départ était censé permettre à Angel Di Maria, débarqué un an plus tôt, de prendre l'équipe sur ses épaules, mais l'Argentin semble définitivement être un lieutenant d'exception qui ne montera jamais en grade, comme l'avait déjà prouvé son passage raté chez les Red Devils avec le poids du mythique numéro 7 dans le dos.

Pour que la rupture de l'après-Ibra soit encore plus nette, le président Nasser Al-Khelaïfi a décidé de l'accompagner d'un changement de coach. Les Qataris ont choisi Emery, expert en confrontations européennes (triple vainqueur sortant de l'Europa League) et qui permet à ses joueurs de " passer un cap ", explique son ancien joueur Sofiane Feghouli dans L'Équipe. Un profil indispensable car, depuis le départ de Leonardo de la direction sportive, le club semble incapable de retrouver ce discours qui lui avait permis d'attirer Ibrahimovic et Thiago Silva sous la Tour Eiffel. Les recrues de l'été s'appellent Thomas Meunier, Jesé Rodriguez, Gregor Krychowiak et Hatem Ben Arfa. Des paris ou des joueurs prometteurs, qui doivent encore progresser pour atteindre le niveau de Paris, une équipe qui doit elle-même franchir un palier pour intégrer définitivement le gratin européen.

Les ratés d'un Edinson Cavani parfois trop généreux dans l'effort ont mis en lumière certains défauts d'une équipe qui devrait finir par marcher sur la concurrence nationale. Les automatismes auront alors le temps de grandir jusqu'au printemps. C'est là, quand se gagne la Coupe aux grandes oreilles, que Paris attend vraiment de voir la patte d'Emery.

Par Guillaume Gautier

Avant lui, Carlo Ancelotti et Marcelo Bielsa avaient déjà été victimes du corporatisme des bancs de touche français, prompts à éclater d'un rire sarcastique au moindre faux-pas d'un entraîneur étranger, présenté comme largement supérieur à son prédécesseur (français). Le 23 septembre dernier, Unai Emery et son PSG sont battus à Toulouse. C'est déjà la deuxième défaite de la saison de Paris en Ligue 1, alors que les hommes de Laurent Blanc n'avaient été battus qu'à deux reprises sur l'ensemble de la saison dernière.Le nouveau Paris a du retard à l'allumage. Sans doute parce que sa reconstruction est un plus vaste chantier que prévu. Critiqué pour ses prestations souvent insipides quand le printemps débarque, et avec lui les grands matches de Ligue des Champions, Zlatan Ibrahimovic n'en était pas moins la clé de voûte du jeu parisien. Tout était organisé autour de lui. La profondeur des Blaise Matuidi, Edinson Cavani et Lucas Moura compensait ses décrochages pour toucher le ballon entre les lignes, et Javier Pastore était souvent laissé sur le banc, coupable de briller dans les mêmes zones que lui.En partant à Manchester, le Suédois a emporté avec lui 113 buts marqués en 122 matches de Ligue 1. Le genre de chiffre qui explique presque à lui tout seul quatre titres de rang. En plus d'être le buteur attitré des Parisiens, Zlatan était aussi le leader charismatique du onze de la capitale française. Son départ était censé permettre à Angel Di Maria, débarqué un an plus tôt, de prendre l'équipe sur ses épaules, mais l'Argentin semble définitivement être un lieutenant d'exception qui ne montera jamais en grade, comme l'avait déjà prouvé son passage raté chez les Red Devils avec le poids du mythique numéro 7 dans le dos.Pour que la rupture de l'après-Ibra soit encore plus nette, le président Nasser Al-Khelaïfi a décidé de l'accompagner d'un changement de coach. Les Qataris ont choisi Emery, expert en confrontations européennes (triple vainqueur sortant de l'Europa League) et qui permet à ses joueurs de " passer un cap ", explique son ancien joueur Sofiane Feghouli dans L'Équipe. Un profil indispensable car, depuis le départ de Leonardo de la direction sportive, le club semble incapable de retrouver ce discours qui lui avait permis d'attirer Ibrahimovic et Thiago Silva sous la Tour Eiffel. Les recrues de l'été s'appellent Thomas Meunier, Jesé Rodriguez, Gregor Krychowiak et Hatem Ben Arfa. Des paris ou des joueurs prometteurs, qui doivent encore progresser pour atteindre le niveau de Paris, une équipe qui doit elle-même franchir un palier pour intégrer définitivement le gratin européen.Les ratés d'un Edinson Cavani parfois trop généreux dans l'effort ont mis en lumière certains défauts d'une équipe qui devrait finir par marcher sur la concurrence nationale. Les automatismes auront alors le temps de grandir jusqu'au printemps. C'est là, quand se gagne la Coupe aux grandes oreilles, que Paris attend vraiment de voir la patte d'Emery.Par Guillaume Gautier