Kaká, Ronaldinho, Alexandre Pato, Ronaldo, Cafú, Thiago Silva, Serginho, Dida,... Longtemps le Milan AC a dansé au rythme de la samba. Parmi les petits génies venus du Brésil qui ont marqué son histoire, on retrouve un certain Leonardo. Mais le Carioca n'a pas seulement brillé sur le terrain. En ramenant quelques perles de son pays natal, il a aussi permis au grand Milan d'asseoir sa domination sur l'Europe.

Je connais ses qualités et il va les montrer au monde entier. " - Neymar, confiant au sujet des atouts de Paquetá

C'est notamment à lui que l'on doit l'arrivée de Kaká, un gamin de 21 ans au talent éclatant. Plus de quinze ans après ce joli coup, le voilà qui remet ça avec Lucas Tolentino Coelho de Lima, akaLucas Paquetá, débarqué de Flamengo pour 35 millions d'euros cet hiver. Paquetá ? Le nom d'un îlot situé dans la baie de Guanabara, près de Rio. Son prix ? Une sacrée somme pour un club toujours pas dépatouillé du fair-play financier, mais Leo était confiant. Il pouvait : six mois après son arrivée à San Siro, le milieu de terrain a montré que son directeur sportif n'était pas totalement dingue au moment de lui faire signer un contrat de quatre saisons et demi.

Même âge au moment de leur arrivée en Lombardie, même coiffure proprette, même amour du ballon, même vision du jeu, même maturité footballistique, impossible de ne pas voir un peu de Kaká dans les courses élégantes du neo- Rossonero. À tel point que le cadet suscite déjà tous les espoirs au sein d'un club toujours à la recherche de son glorieux passé. La dernière victoire milanaise en Coupe d'Europe ? C'était en 2007, précisément quand le champion du monde 2002 éclaboussait le continent de sa classe naturelle.

" Il a un futur brillant devant lui, mais le mieux est encore de ne pas se prêter au jeu des comparaisons, afin de lui permettre de se développer dans le calme ", admet cependant l'ancien joueur, conscient que Paquetá a encore tout à prouver en Europe. " Kaká est mon idole, mais je veux surtout écrire ma propre histoire à Milan ", rétorque le principal intéressé, qui dit aussi s'inspirer d'Andrés Iniesta. Logique...

Clearasil complete

Après des débuts timides en 2016, il confirme ses bonnes dispositions en 2017 et surtout explose en 2018, aux côtés de Diego, l'ex du Werder Brême et de la Juventus. Ce qui frappe le plus chez le natif de Rio (le 27 août 1997), c'est ce pied gauche délicieux, ainsi que cette qualité de passe, qui lui permet d'évoluer à tous les postes du triangle médian. Numéro 10, relayeur, Lucas endosse tous les rôles sous le maillot (déjà !) rouge et noir de Flamengo.

Sa palette très complète lui permet de peser devant (trois tirs et presque deux dribbles par match) et derrière (2,5 tacles et une interception par rencontre, pas mal pour un élément offensif).

Utilisé comme meneur de jeu par Dorival Júnior, son troisième et ultime coach à Rio, il impressionne grâce à sa facilité à appréhender le jeu et à le distribuer. À se placer, aussi, avec une intelligence rare pour un gamin de vingt ans à peine, qui porte encore les stigmates de l'adolescence, entre plaquettes dentaires et acné.

" Il me fait penser à Kevin De Bruyne et Luka Modric dans sa façon de bouger et de participer au jeu ", ose même son entraîneur, juste après une éclatante victoire de Flamengo dans le derby contre Fluminense. " Que ce soit défensivement ou offensivement, c'est un joueur très équilibré. " Et précieux, en témoignent ses dix buts et quatre passes décisives.

Taille de Hobbit

Au Brésil, il fait également parler ses qualités dans le jeu aérien, malgré un mètre 80 relativement moyen. Un total pourtant miraculeux quand on sait qu'à quinze ans, le Flamengo était prêt à le virer en raison d'une taille à la Frodon qui l'empêchait de vraiment résister à des joueurs mieux formés physiquement, en dépit d'une technique plus aboutie. À cet âge-là, il ne mesurait qu'un mètre 53. Pas bien haut...

" J'ai souffert d'un problème osseux et j'ai subi plusieurs traitements, mais aucun n'a répondu aux attentes ", explique-t-il à GloboEsporte fin 2015, alors qu'il frappe aux portes de l'équipe première. " J'ai tout simplement évolué au fil du temps. " Évolué, le mot est faible. En réalité, il prend vingt-sept centimètres en trois ans !

" Le talent de Paquetá est évident depuis son enfance, mais sa maturation a été tardive ", se rappelle quant à lui Carlos Noval, le patron de l'académie rubro-negra à l'époque. " C'est vraiment la preuve que quand on a un tel athlète avec soi, il faut le garder jusqu'au bout. Il a littéralement explosé. " Trois ans plus tard, le voilà devenu l'une des meilleures recrues d'un Milan AC en mode reconquête, après avoir été pisté par le PSG, notamment.

Lucas do Brazil

Ces états de service finissent fatalement par taper dans l'oeil de Tite, le sélectionneur du Brésil, qui pense à lui en vue du Mondial en Russie. Pas de chance, il est recalé en dernière minute par le coach, qui préfère les muscles de Paulinho, Casemiro ou encore Fernandinho à la légèreté de Paquetá. Tant pis pour lui, tant mieux pour les Diables...

Mais Tite fait finalement appel à lui pour des amicaux face aux États-Unis et au Salvador, premiers pas vers la Copa América, qui se disputera au mois de juin... au Brésil. Vu les désillusions de ces dernières années, la Seleçao a plutôt intérêt à ne pas se planter.

Ses débuts sont concluants : " Lucas pense le football comme le font Neymar ou Philippe Coutinho " , se réjouit Tite après une victoire facile contre le Salvador. " Il n'avait jamais joué avec Neymar, mais ils se sont trouvés les yeux fermés. " Ney' ? Lui aussi se montre dithyrambique envers son petit protégé : " C'est un ami et un grand joueur. Je connais ses qualités et il va les montrer au monde entier. " Le faire devant le public sud-américain en juin serait déjà une bonne chose.

Par Aurélie Herman

Kaká, Ronaldinho, Alexandre Pato, Ronaldo, Cafú, Thiago Silva, Serginho, Dida,... Longtemps le Milan AC a dansé au rythme de la samba. Parmi les petits génies venus du Brésil qui ont marqué son histoire, on retrouve un certain Leonardo. Mais le Carioca n'a pas seulement brillé sur le terrain. En ramenant quelques perles de son pays natal, il a aussi permis au grand Milan d'asseoir sa domination sur l'Europe. C'est notamment à lui que l'on doit l'arrivée de Kaká, un gamin de 21 ans au talent éclatant. Plus de quinze ans après ce joli coup, le voilà qui remet ça avec Lucas Tolentino Coelho de Lima, akaLucas Paquetá, débarqué de Flamengo pour 35 millions d'euros cet hiver. Paquetá ? Le nom d'un îlot situé dans la baie de Guanabara, près de Rio. Son prix ? Une sacrée somme pour un club toujours pas dépatouillé du fair-play financier, mais Leo était confiant. Il pouvait : six mois après son arrivée à San Siro, le milieu de terrain a montré que son directeur sportif n'était pas totalement dingue au moment de lui faire signer un contrat de quatre saisons et demi. Même âge au moment de leur arrivée en Lombardie, même coiffure proprette, même amour du ballon, même vision du jeu, même maturité footballistique, impossible de ne pas voir un peu de Kaká dans les courses élégantes du neo- Rossonero. À tel point que le cadet suscite déjà tous les espoirs au sein d'un club toujours à la recherche de son glorieux passé. La dernière victoire milanaise en Coupe d'Europe ? C'était en 2007, précisément quand le champion du monde 2002 éclaboussait le continent de sa classe naturelle. " Il a un futur brillant devant lui, mais le mieux est encore de ne pas se prêter au jeu des comparaisons, afin de lui permettre de se développer dans le calme ", admet cependant l'ancien joueur, conscient que Paquetá a encore tout à prouver en Europe. " Kaká est mon idole, mais je veux surtout écrire ma propre histoire à Milan ", rétorque le principal intéressé, qui dit aussi s'inspirer d'Andrés Iniesta. Logique... Après des débuts timides en 2016, il confirme ses bonnes dispositions en 2017 et surtout explose en 2018, aux côtés de Diego, l'ex du Werder Brême et de la Juventus. Ce qui frappe le plus chez le natif de Rio (le 27 août 1997), c'est ce pied gauche délicieux, ainsi que cette qualité de passe, qui lui permet d'évoluer à tous les postes du triangle médian. Numéro 10, relayeur, Lucas endosse tous les rôles sous le maillot (déjà !) rouge et noir de Flamengo. Sa palette très complète lui permet de peser devant (trois tirs et presque deux dribbles par match) et derrière (2,5 tacles et une interception par rencontre, pas mal pour un élément offensif). Utilisé comme meneur de jeu par Dorival Júnior, son troisième et ultime coach à Rio, il impressionne grâce à sa facilité à appréhender le jeu et à le distribuer. À se placer, aussi, avec une intelligence rare pour un gamin de vingt ans à peine, qui porte encore les stigmates de l'adolescence, entre plaquettes dentaires et acné. " Il me fait penser à Kevin De Bruyne et Luka Modric dans sa façon de bouger et de participer au jeu ", ose même son entraîneur, juste après une éclatante victoire de Flamengo dans le derby contre Fluminense. " Que ce soit défensivement ou offensivement, c'est un joueur très équilibré. " Et précieux, en témoignent ses dix buts et quatre passes décisives. Au Brésil, il fait également parler ses qualités dans le jeu aérien, malgré un mètre 80 relativement moyen. Un total pourtant miraculeux quand on sait qu'à quinze ans, le Flamengo était prêt à le virer en raison d'une taille à la Frodon qui l'empêchait de vraiment résister à des joueurs mieux formés physiquement, en dépit d'une technique plus aboutie. À cet âge-là, il ne mesurait qu'un mètre 53. Pas bien haut... " J'ai souffert d'un problème osseux et j'ai subi plusieurs traitements, mais aucun n'a répondu aux attentes ", explique-t-il à GloboEsporte fin 2015, alors qu'il frappe aux portes de l'équipe première. " J'ai tout simplement évolué au fil du temps. " Évolué, le mot est faible. En réalité, il prend vingt-sept centimètres en trois ans ! " Le talent de Paquetá est évident depuis son enfance, mais sa maturation a été tardive ", se rappelle quant à lui Carlos Noval, le patron de l'académie rubro-negra à l'époque. " C'est vraiment la preuve que quand on a un tel athlète avec soi, il faut le garder jusqu'au bout. Il a littéralement explosé. " Trois ans plus tard, le voilà devenu l'une des meilleures recrues d'un Milan AC en mode reconquête, après avoir été pisté par le PSG, notamment. Ces états de service finissent fatalement par taper dans l'oeil de Tite, le sélectionneur du Brésil, qui pense à lui en vue du Mondial en Russie. Pas de chance, il est recalé en dernière minute par le coach, qui préfère les muscles de Paulinho, Casemiro ou encore Fernandinho à la légèreté de Paquetá. Tant pis pour lui, tant mieux pour les Diables... Mais Tite fait finalement appel à lui pour des amicaux face aux États-Unis et au Salvador, premiers pas vers la Copa América, qui se disputera au mois de juin... au Brésil. Vu les désillusions de ces dernières années, la Seleçao a plutôt intérêt à ne pas se planter. Ses débuts sont concluants : " Lucas pense le football comme le font Neymar ou Philippe Coutinho " , se réjouit Tite après une victoire facile contre le Salvador. " Il n'avait jamais joué avec Neymar, mais ils se sont trouvés les yeux fermés. " Ney' ? Lui aussi se montre dithyrambique envers son petit protégé : " C'est un ami et un grand joueur. Je connais ses qualités et il va les montrer au monde entier. " Le faire devant le public sud-américain en juin serait déjà une bonne chose.Par Aurélie Herman