La désillusion de Lyle Taylor, l'attaquant de 29 ans de Charlton Athletic, pensionnaire de Championship, est grande comme il l'a expliqué au Guardian. Il a été victime de racisme à plusieurs reprises.

"J'ai le sentiment qu'on ne fait rien", s'énerve-t-il. "Quand un incident se produit, on en parle pendant cinq minutes puis on l'oublie. Une semaine plus tard, il y a un nouvel incident et on en reparle. Puis on sort un bête hashtag sur les réseaux sociaux, un hashtag qui va changer le monde. Désolé mais ce bête hashtag ne changera rien."

Taylor, qui a teint ses cheveux en rose pour récolter des fonds au profit de la lutte contre le cancer en Grande-Bretagne, poursuit sur son élan : "Nous vivons dans un monde d'un milliard de couleurs de peau et de religions différentes. Pourtant, le racisme perdure. C'est très bien que l'Angleterre monte sur ses grands chevaux, trouve les Bulgares dégoûtants et répète que les cris de singe sont interdits. Mais ça se passe aussi dans ce pays. À tous les niveaux, dans toutes les divisions. Abstenons-nous donc de discuter de ce qui doit se passer en Europe ou dans une autre partie du monde. Nous devons nettoyer nos écuries."

La saison passée, Taylor a reçu quelques emojis en forme de banane via Twitter, depuis un compte entre-temps effacé. "Il est tellement facile de se cacher derrière un faux nom. Ne pouvons-nous pas empêcher les gens de s'inscrire sur les réseaux sociaux s'ils ne peuvent présenter une pièce d'identité quelconque? Les plateformes des réseaux sociaux doivent prendre leurs responsabilités. Elles sont actuellement des armes pour les gens malintentionnés."

Taylor reconnaît que le racisme est un problème de société mais il est surtout frustré parce que les principaux actionnaires ne prennent pas la chose au sérieux. "Ils se moquent de ce qui arrive en dehors de la Premier League parce que c'est elle qui a tout l'argent. Mais qu'est-ce qui a changé, au fond, depuis que Raheem Sterling a été maltraité par des supporters racistes de Chelsea? Rien. Il y a un nouvel incident chaque semaine. Ça commence à m'ennuyer."