L'histoire de Marouane Fellaini débute au Heysel, lorsqu'à 7 ans, Abdellatif emmène son fils aux entraînements du Sporting d'Anderlecht. Si les jeunes nationaux s'entraînent à Neerpede, les régionaux ont trouvé refuge à quelques pas de la maison familiale. Ça tombe bien même si Abdellatif doit supplier les entraîneurs de l'époque pour qu'il prenne son gamin en test. " Marouane plantait des buts au gardien. Et bam, et bam et bam. Du gauche, du droit, des 18 mètres. Les entraîneurs m'ont demandé - vous êtes sûrs qu'il n'a jamais joué ? C'est pas possible. ", raconte Abdellatif. Au bout du test, on s'empresse de lui faire signer son affiliation au Sporting d'Anderlecht.

Pourtant, il n'y reste que trois ans. A 10 ans, la famille déménage dans la région montoise. Abdellatif veut éviter les pièges de la ville à ses enfants. Il veut également une petite maison, un bien qu'il ne saurait acheter en terre bruxelloise. Désormais, le parc est remplacé par le jardin familial pour user, jour après jour, les semelles de Marouane sur un ballon de foot. " Durant sa jeunesse, il n'a jamais été branché télé ou console de jeu. Il préférait jouer lui-même ", explique son père. Dans le jardin, Abdellatif lui explique qu'il doit utiliser autant le pied gauche que droit et surtout lui dit qu'il doit courir. " Contrairement aux gars de ma classe qui allaient à l'école en voiture ou en vélo, moi j'y allais en courant. Mais, ce n'était pas un problème. A bon rythme, ça me prenait à peine dix minutes", raconte un Marouane nullement rancunier. Que du contraire, aujourd'hui réputé pour son endurance, il sait gré à son papa de lui avoir inculqué les rudiments de la course.

Se succèdent alors Mons et les Francs Borains avant d'être repéré, à 16 ans, par Charleroi. Khalid Karama, alors en fonction au Sporting carolo le repère et lance à Abdellatif - fais le venir au Mambourg, on en fera un nouveau Patrick Vieira . Racontée aujourd'hui, cette anecdote pourrait faire sourire. Une mémoire ne s'ajuste-t-elle pas aux événements ? Pourtant, elle vient de la bouche d'Abdellatif et date de... septembre 2006, au moment des premiers pas professionnels de Fellaini. Karama a donc vu juste.

Mais lorsqu'à 16 ans, Fellaini signe à Charleroi, il en est encore loin du compte. " Depuis tout petit, je voulais devenir footballeur professionnel. Pour la première fois, à Charleroi, je me suis rendu compte que c'était possible ", se souvient-il. Si son physique approche celui qu'il a actuellement, il ne brille pas par son jeu. " Son tracé me rappelle celui de Daniel Van Buyten, lui aussi passé par chez nous et dont les qualités ne sautaient pas aux yeux, si ce n'est la détermination et le courage ", observe Notaro. " Fellaini aussi avait cette détermination, cette volonté de devenir footballeur professionnel. Quand tu le corrigeais, il réfléchissait et appliquait ce qu'on lui demandait. Et il s'améliorait sans cesse. Il avait des qualités moyennes et ce n'est pas méchant de dire cela. Au contraire, cela amplifie sa détermination et sa faculté de progression car en six mois, j'avais déjà perçu des progrès énormes et des qualités non-décelées à son arrivée. Ce n'était pas un hasard s'il était toujours au bon moment dans le rectangle, pas un hasard s'il marquait des buts, et pas un hasard s'il repartait toujours avec le ballon. Il est la preuve vivante qu'il ne faut pas condamner un jeune trop tôt. Au début, je ne savais pas à quelle position le placer sur le terrain. Je l'ai essayé devant car il avait une facilité pour marquer. Mais aussi comme défenseur central car il possédait le gabarit pour le poste et prenait tout de la tête. Finalement, c'est au poste de médian récupérateur qu'il s'est épanoui chez nous. "

Par Stéphane Vande Velde

L'histoire de Marouane Fellaini débute au Heysel, lorsqu'à 7 ans, Abdellatif emmène son fils aux entraînements du Sporting d'Anderlecht. Si les jeunes nationaux s'entraînent à Neerpede, les régionaux ont trouvé refuge à quelques pas de la maison familiale. Ça tombe bien même si Abdellatif doit supplier les entraîneurs de l'époque pour qu'il prenne son gamin en test. " Marouane plantait des buts au gardien. Et bam, et bam et bam. Du gauche, du droit, des 18 mètres. Les entraîneurs m'ont demandé - vous êtes sûrs qu'il n'a jamais joué ? C'est pas possible. ", raconte Abdellatif. Au bout du test, on s'empresse de lui faire signer son affiliation au Sporting d'Anderlecht. Pourtant, il n'y reste que trois ans. A 10 ans, la famille déménage dans la région montoise. Abdellatif veut éviter les pièges de la ville à ses enfants. Il veut également une petite maison, un bien qu'il ne saurait acheter en terre bruxelloise. Désormais, le parc est remplacé par le jardin familial pour user, jour après jour, les semelles de Marouane sur un ballon de foot. " Durant sa jeunesse, il n'a jamais été branché télé ou console de jeu. Il préférait jouer lui-même ", explique son père. Dans le jardin, Abdellatif lui explique qu'il doit utiliser autant le pied gauche que droit et surtout lui dit qu'il doit courir. " Contrairement aux gars de ma classe qui allaient à l'école en voiture ou en vélo, moi j'y allais en courant. Mais, ce n'était pas un problème. A bon rythme, ça me prenait à peine dix minutes", raconte un Marouane nullement rancunier. Que du contraire, aujourd'hui réputé pour son endurance, il sait gré à son papa de lui avoir inculqué les rudiments de la course. Se succèdent alors Mons et les Francs Borains avant d'être repéré, à 16 ans, par Charleroi. Khalid Karama, alors en fonction au Sporting carolo le repère et lance à Abdellatif - fais le venir au Mambourg, on en fera un nouveau Patrick Vieira . Racontée aujourd'hui, cette anecdote pourrait faire sourire. Une mémoire ne s'ajuste-t-elle pas aux événements ? Pourtant, elle vient de la bouche d'Abdellatif et date de... septembre 2006, au moment des premiers pas professionnels de Fellaini. Karama a donc vu juste. Mais lorsqu'à 16 ans, Fellaini signe à Charleroi, il en est encore loin du compte. " Depuis tout petit, je voulais devenir footballeur professionnel. Pour la première fois, à Charleroi, je me suis rendu compte que c'était possible ", se souvient-il. Si son physique approche celui qu'il a actuellement, il ne brille pas par son jeu. " Son tracé me rappelle celui de Daniel Van Buyten, lui aussi passé par chez nous et dont les qualités ne sautaient pas aux yeux, si ce n'est la détermination et le courage ", observe Notaro. " Fellaini aussi avait cette détermination, cette volonté de devenir footballeur professionnel. Quand tu le corrigeais, il réfléchissait et appliquait ce qu'on lui demandait. Et il s'améliorait sans cesse. Il avait des qualités moyennes et ce n'est pas méchant de dire cela. Au contraire, cela amplifie sa détermination et sa faculté de progression car en six mois, j'avais déjà perçu des progrès énormes et des qualités non-décelées à son arrivée. Ce n'était pas un hasard s'il était toujours au bon moment dans le rectangle, pas un hasard s'il marquait des buts, et pas un hasard s'il repartait toujours avec le ballon. Il est la preuve vivante qu'il ne faut pas condamner un jeune trop tôt. Au début, je ne savais pas à quelle position le placer sur le terrain. Je l'ai essayé devant car il avait une facilité pour marquer. Mais aussi comme défenseur central car il possédait le gabarit pour le poste et prenait tout de la tête. Finalement, c'est au poste de médian récupérateur qu'il s'est épanoui chez nous. " Par Stéphane Vande Velde