Lorsque nous l'appelons pour qu'il fasse, avec nous, un état des lieux, Tostão affirme que jamais encore il n'a vu une sélection brésilienne être prête en aussi peu de temps. "La griffe de Scolari sur cette équipe, c'est le pressing rapide afin d'inscrire très vite un but", dit-il.

"Avec lui, n'attendez pas de tiki-taka mais plutôt du mata-mata. Ce qu'il veut, c'est que le ballon arrive le plus rapidement possible près du but adverse. Et afin d'empêcher les contres, en perte de balle, il place deux lignes de quatre joueurs très proches l'une de l'autre. Cela permet d'effectuer un pressing haut et d'empêcher l'adversaire d'adresser de longs ballons. Aujourd'hui, dans une Coupe du monde, on ne voit plus que des matches tactiques dans lesquels on essaye également de neutraliser la tactique de l'adversaire."

Tostão estime que l'équipe est fragile sur les flancs. "Hulk n'est pas très populaire mais il effectue du bon boulot. Il aide beaucoup Dani Alves. De l'autre côté, c'est autre chose. Théoriquement, Oscar débute dans l'axe et Neymar à gauche mais les deux switchent beaucoup, ce qui permet à Neymar de soutenir Fred en pointe mais cela rend la position de Marcelo, l'arrière gauche, plus délicate."

Cela nous semble étrange dans un pays aussi grand que le Brésil mais Tostão trouve aussi que l'équipe manque de qualités techniques. Surtout dans le chef des défenseurs centraux, dont la relance n'est pas des meilleures. Selon lui, c'est un sujet dont on ne parle pas assez au Brésil. "Et cela peut nous poser des problèmes."

Les deux arrières latéraux sont offensifs mais petits. "C'est encore un problème", dit Tostão. "S'ils doivent rentrer dans l'axe sur les centres, ils peuvent perdre des duels aériens. Barcelone a déjà encaissé pas mal de buts de la sorte avec Alves et Alba, deux joueurs du même type."

Les Brésiliens estiment que, hormis Neymar, le Brésil manque de cracks, ce qui fait rire Tostão. "Il y a deux sortes de football brésilien : celui du championnat et celui de la Seleção. Ils sont complètement différents l'un de l'autre. Jusque avant la Coupe des Confédérations, nous n'avions pas tellement d'estime pour notre équipe nationale mais elle a alors prouvé qu'elle pouvait rivaliser avec les grands pays. Ce sera encore le cas cette année. Ce ne sont pas toujours les cracks qui brillent ou qui font les grandes équipes."

Mondialisation Les nostalgiques qui reparlent sans cesse de son équipe, celle de 1970, élue Meilleure Sélection de tous les temps, ça le fait rire. "Le football a changé. Il n'est ni meilleur, ni plus mauvais mais il est différent. Avant, une Coupe du monde, c'était surtout la rivalité entre deux conceptions : le football sud-américain contre le football européen. Et, dans ce dernier, il y avait encore des différences entre le côté athlétique du nord et le côté technique du sud.

Aujourd'hui, ce n'est plus le cas, tout le monde joue de la même façon. Le départ massif de nos meilleurs joueurs, souvent très jeunes, a rendu notre Seleção plus forte. Du point de vue tactique et organisationnel, elle est au même niveau que les autres pays. Mais en même temps, la puissance des grands pays joue un rôle. Les meilleurs Hollandais, Français, Belges, Espagnols et Brésiliens jouent tous dans les mêmes clubs. Les entraîneurs se copient, c'est la même approche, la même tactique.

Et dans cette approche, on mise de moins en moins sur les cracks pour faire la différence. Le Brésil n'en a qu'un : Neymar. L'Argentine n'en a qu'un : Messi. Et la Belgique en a un aussi : Eden Hazard. Si on regarde cela d'un point de vue négatif, on peut se dire que ce Mondial sera bien monotone. Mais je préfère être positif et me dire que ce sera un fameux défi. Qu'est-ce qui va faire la différence ? Le physique ? Le mental ? L'esprit du groupe ? La tactique ? Ou, malgré tout, une individualité ?"

PAR PETER T'KINT, ENVOYÉ SPÉCIAL À RIO DE JANEIRO ET BELO HORIZONTE

Lorsque nous l'appelons pour qu'il fasse, avec nous, un état des lieux, Tostão affirme que jamais encore il n'a vu une sélection brésilienne être prête en aussi peu de temps. "La griffe de Scolari sur cette équipe, c'est le pressing rapide afin d'inscrire très vite un but", dit-il. "Avec lui, n'attendez pas de tiki-taka mais plutôt du mata-mata. Ce qu'il veut, c'est que le ballon arrive le plus rapidement possible près du but adverse. Et afin d'empêcher les contres, en perte de balle, il place deux lignes de quatre joueurs très proches l'une de l'autre. Cela permet d'effectuer un pressing haut et d'empêcher l'adversaire d'adresser de longs ballons. Aujourd'hui, dans une Coupe du monde, on ne voit plus que des matches tactiques dans lesquels on essaye également de neutraliser la tactique de l'adversaire." Tostão estime que l'équipe est fragile sur les flancs. "Hulk n'est pas très populaire mais il effectue du bon boulot. Il aide beaucoup Dani Alves. De l'autre côté, c'est autre chose. Théoriquement, Oscar débute dans l'axe et Neymar à gauche mais les deux switchent beaucoup, ce qui permet à Neymar de soutenir Fred en pointe mais cela rend la position de Marcelo, l'arrière gauche, plus délicate." Cela nous semble étrange dans un pays aussi grand que le Brésil mais Tostão trouve aussi que l'équipe manque de qualités techniques. Surtout dans le chef des défenseurs centraux, dont la relance n'est pas des meilleures. Selon lui, c'est un sujet dont on ne parle pas assez au Brésil. "Et cela peut nous poser des problèmes." Les deux arrières latéraux sont offensifs mais petits. "C'est encore un problème", dit Tostão. "S'ils doivent rentrer dans l'axe sur les centres, ils peuvent perdre des duels aériens. Barcelone a déjà encaissé pas mal de buts de la sorte avec Alves et Alba, deux joueurs du même type." Les Brésiliens estiment que, hormis Neymar, le Brésil manque de cracks, ce qui fait rire Tostão. "Il y a deux sortes de football brésilien : celui du championnat et celui de la Seleção. Ils sont complètement différents l'un de l'autre. Jusque avant la Coupe des Confédérations, nous n'avions pas tellement d'estime pour notre équipe nationale mais elle a alors prouvé qu'elle pouvait rivaliser avec les grands pays. Ce sera encore le cas cette année. Ce ne sont pas toujours les cracks qui brillent ou qui font les grandes équipes." Mondialisation Les nostalgiques qui reparlent sans cesse de son équipe, celle de 1970, élue Meilleure Sélection de tous les temps, ça le fait rire. "Le football a changé. Il n'est ni meilleur, ni plus mauvais mais il est différent. Avant, une Coupe du monde, c'était surtout la rivalité entre deux conceptions : le football sud-américain contre le football européen. Et, dans ce dernier, il y avait encore des différences entre le côté athlétique du nord et le côté technique du sud. Aujourd'hui, ce n'est plus le cas, tout le monde joue de la même façon. Le départ massif de nos meilleurs joueurs, souvent très jeunes, a rendu notre Seleção plus forte. Du point de vue tactique et organisationnel, elle est au même niveau que les autres pays. Mais en même temps, la puissance des grands pays joue un rôle. Les meilleurs Hollandais, Français, Belges, Espagnols et Brésiliens jouent tous dans les mêmes clubs. Les entraîneurs se copient, c'est la même approche, la même tactique. Et dans cette approche, on mise de moins en moins sur les cracks pour faire la différence. Le Brésil n'en a qu'un : Neymar. L'Argentine n'en a qu'un : Messi. Et la Belgique en a un aussi : Eden Hazard. Si on regarde cela d'un point de vue négatif, on peut se dire que ce Mondial sera bien monotone. Mais je préfère être positif et me dire que ce sera un fameux défi. Qu'est-ce qui va faire la différence ? Le physique ? Le mental ? L'esprit du groupe ? La tactique ? Ou, malgré tout, une individualité ?" PAR PETER T'KINT, ENVOYÉ SPÉCIAL À RIO DE JANEIRO ET BELO HORIZONTE