"Il fallait montrer au monde entier la marque du football belge ". Deux jours avant d'affronter l'Angleterre pour le match de la 3e place, Roberto Martinez s'était exprimé longuement dans nos colonnes. Un discours teinté d'une pointe de regret d'être passé si près d'une gloriole éternelle mais surtout marqué par la satisfaction du devoir plus qu'accompli. Nos Diables avaient enfin fait honneur à leur statut élogieux de génération dorée en laissant une empreinte indélébile sur la plus grande compétition sportive au monde.
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"Il fallait montrer au monde entier la marque du football belge ". Deux jours avant d'affronter l'Angleterre pour le match de la 3e place, Roberto Martinez s'était exprimé longuement dans nos colonnes. Un discours teinté d'une pointe de regret d'être passé si près d'une gloriole éternelle mais surtout marqué par la satisfaction du devoir plus qu'accompli. Nos Diables avaient enfin fait honneur à leur statut élogieux de génération dorée en laissant une empreinte indélébile sur la plus grande compétition sportive au monde. Depuis maintenant plusieurs années, nos internationaux occupent des places envieuses au coeur des plus grands cercles européens. C'était déjà le cas, il y a deux ans, lors de l'EURO, ça l'est encore davantage aujourd'hui. La campagne de Russie allait les rendre encore un peu plus bankables. Élu deuxième meilleur joueur de cette Coupe du monde, derrière Luka Modric, Eden Hazard devait être LE transfert de l'été. Après six ans années à Chelsea, on pensait la page londonienne définitivement fermée. Quelques jours avant de débuter la Coupe du monde, le numéro 10 des Diables avait reconnu dans L'Équipe que " si je reste ( à Cheslea, ndlr), c'est pour que l'équipe soit meilleure que la saison que nous venons de vivre. Je n'ai pas envie de rester pour que l'on soit moins bons. Le Real Madrid peut m'intéresser, tout le monde le sait. " L'appel du pied était encore plus évident en fin de tournoi : " Après six merveilleuses années à Chelsea, il est peut être temps pour moi de découvrir quelque chose de différent. Je peux décider de mon départ ou non, mais c'est Chelsea qui aura le dernier mot, s'ils décident de me garder ou de me laisser partir. Vous savez quelle est ma destination favorite... " Le Real Madrid venait de perdre sa star Cristiano Ronaldo. Il lui fallait un successeur digne de ce nom. Hazard devait être celui-là. Du moins, c'est ce que de nombreux observateurs ont longtemps pensé. Car le flirt avec le Real ne date pas d'hier. Durant la saison 2016-2017, les contacts sont déjà entrepris par la direction merengue avec la star de Chelsea, une réunion a notamment lieu à Bruxelles mais une blessure à la cheville droite qui l'écartera près de deux mois durant l'été mettra fin à tout transfert. Douze mois plus tard, son plus grand soutien, Zinédine Zidane démissionne de son poste d'entraîneur après avoir remporté trois Ligues des Champions d'affilée. La presse espagnole avance que le cas Hazard serait au centre du conflit entre Florentino Pérez et le coach français, ce dernier souhaitant ardemment la venue du Belge alors que le président du Real privilégierait Gareth Bale, double buteur en finale de la Champions, ou l'éclosion du jeune talent espagnol, Marco Asensio. Malgré le départ de Zidane, de rares entrevues ont lieu entre les conseillers de la famille Hazard et la direction madrilène. Le flirt est timide car Chelsea n'est pas enclin à libérer son joueur-phare surtout après avoir connu une saison catastrophique. Pep Guardiola, aussi, a coché le nom Hazard mais venir renforcer un concurrent sur le sol anglais est encore moins envisageable. La direction des Blues demande à son homologue madrilène de ne pas faire d'offre pour son joyau belge alors que les deux clubs négocient le cas Thibaut Courtois. Marina Granovskaia, bras droit de Roman Abramovitch, tente de faire monter les enchères pour son gardien à qui il ne reste pourtant plus qu'un an de contrat. Début août, nos deux héros de la Coupe du monde sont attendus le même jour au centre d'entraînement de Chelsea à Cobham. Thibaut Courtois ne s'y présente pas, Hazard oui. Deux jours plus tard, Madrid et Chelsea tombent d'accord concernant Courtois alors qu'Hazard a un entretien avec Maurizio Sarri. Eden Hazard n'est pas de ceux qui vont au clash et se laisse séduire par les idées du nouveau coach italien, qui succède à son compatriote, Antonio Conte, dont les méthodes et le style de jeu avaient fini par faire naître pas mal de tensions avec les cadres, Hazard en tête. Est-ce que le Real a vraiment tout fait pour attirer le capitaine des Diables ? Ou a-t-il accepté la demande de Chelsea de ne pas faire d'offre alors que les négociations avec Courtois battaient leur plein ? Les suiveurs du club madrilène ont longtemps avancé deux noms pour succéder à Cristiano Ronaldo : Neymar et Kylian Mbappé, deux Ballons d'Or en puissance, mais tous deux intransférables. Hazard, lui, n'est pas commercialement aussi performant que la star du Brésil (malgré sa Coupe du monde décevante) ou que le tout jeune Champion du Monde français, dont l'empreinte sur le foot international devrait durer de nombreuses années. L'intéressé en est parfaitement conscient. " Je crois que médiatiquement, je suis moins bon qu'eux, si j'étais Brésilien, ce serait sans doute différent. " Thibaut Courtois est par contre le grand gagnant de l'été. Le géant de Bilzen rêvait de rejoindre le plus grand club du monde et se rapprocher de ses enfants, restés chez son ex-compagne à Madrid. Depuis mars dernier, le gardien des Diables avait d'ailleurs informé la direction des Blues qu'il ne prolongerait pas. Eden Hazard sera contractuellement dans la même situation dans douze mois (et donc en position de force) s'il venait à ne pas accepter les prolongations de contrat que Chelsea s'apprête à lui soumettre. À la question " N'êtes-vous pas trop envieux de voir vos équipiers évoluer dans les meilleurs clubs européens ? ", AxelWitsel nous avait répondu durant la dernière Coupe du monde, qu'il n'excluait pas un retour dans un grand club européen. Cette réflexion avait mûri depuis un petit temps, son épouse commençant à trouver le temps de plus en plus long en Chine. À la sortie du match amical face au Costa Rica du 11 juin dernier, l'agent Paul Stefani (qui s'est occupé notamment des intérêts de Steven Defour ou Igor De Camargo) avait croisé le milieu défensif des Diables dans les couloirs du Stade Roi Baudouin. Ce dernier lui avait confié son désir de revenir en Europe. La belle Coupe du monde réalisée par l'enfant de Sclessin allait accélérer les choses. Le nouvel entraîneur du Borussia Dortmund, Lucien Favre, en avait fait rapidement sa priorité. Lucien D'Onofrio est, lui, resté dans l'ombre comme lors de chaque transfert de son protégé (le statut de directeur sportif et vice-président de l'Antwerp l'interdisant d'apparaître officiellement) mais n'a pas manqué de participer aux négociations en compagnie de Stefani et du directeur sportif des Jaune et Noir, Michael Zorc. Le 30 juillet, Witsel signait un contrat de quatre ans avec le club allemand et se rapprochait par la même occasion de Liège où l'international a lourdement investi, notamment dans l'immobilier. Son grand ami dans le foot, Nacer Chadli a lui aussi profité de sa belle Coupe du monde pour s'extirper de West Bromwich Albion, relégué la saison dernière en Championship. Si Besikstas et Galatasaray se sont intéressés à l'international belge, tout comme le Zenit Saint-Pétersbourg, c'est finalement l'AS Monaco qui a remporté la timbale en échange de 12 millions et un contrat de trois ans. L'ex-agent de Robert Pires, Walid Bouzid, proche également de Thierry Henry, a joué les entremetteurs et est parvenu à dénouer la situation dans les dernières heures du mercato. Relégué dans un rôle de supersub durant le Mondial, Michy Batshuayi tente une nouvelle aventure, cette fois en Liga, après avoir connu les championnats belge, français, anglais et allemand. Le joueur et l'entourage de Batsman ont préféré prendre les devants durant ce mercato et rejoindre Valence en prêt, avant de connaître les réelles intentions de Sarri et de Chelsea. L'ancien chef scout de la Juventus, Pablo Longoria, nommé en février dernier directeur sportif de Valence, suivait l'attaquant belge depuis ses débuts en Belgique. Malgré une sérieuse concurrence aux avant-postes avec l'arrivée de Kevin Gameiro (ex-Atlético Madrid) et la présence de Rodrigo (pisté par le Real Madrid), le discours du coach Marcelino, les ambitions du club et la présence en Ligue des Champions ont convaincu Michy de tenter l'aventure chez le 4e du dernier championnat d'Espagne alors que l'Atlético Madrid, le FC Séville et Everton ont aussi montré de l'intérêt cet été. En prêt toujours, Leander Dendoncker arrive à Wolverhampton après avoir, pendant plus d'une saison, flirté avec des clubs de Premier League. Ce prêt déguisé - pour contourner le fair-play financier - suivi d'une option d'achat obligatoire estimée à 13 millions d'euros met fin à une saga qui a vu de nombreux agents s'inviter dans un dossier devenu au fil du temps de plus en plus compliqué. Fait plutôt rare, Tottenham a décidé d'entamer cette nouvelle saison avec le même effectif qui a clôturé la campagne précédente. Autrement dit, ni rentrées ni départs ne sont venus animer le mercato des Spurs. Et pourtant, on a longtemps cru que Toby Alderweireld allait quitter Londres pour Manchester. José Mourinho l'avait placé tout en haut de sa short list. Mais les dirigeants des Spurs voulaient en échange, l'attaquant de United, Anthony Martial plus une somme d'argent. Autrement dit, un montage quasi impensable pour les dirigeants mancuniens. La saison prochaine, Alderweireld aura tout le loisir de signer là où il le désire puisqu'une clause à seulement 25 millions d'euros est prévue dans son contrat. Mousa Dembélé était également en partance. À 31 ans, le milieu de terrain anversois n'était pas opposé à une aventure en Chine, alors que l'Inter était également sur la balle. Une offre de 22 millions d'euros a même été balayée. Preuve une nouvelle fois qu'il est difficile de quitter les Spurs quand on y est sous contrat. " Daniel Levy ( président de Tottenham, ndlr) est réputé pour détruire les offres avant qu'elles n'arrivent sur la table ", nous raconte un proche du club. Dries Mertens, annoncé un temps à Chelsea voire à Barcelone, est resté à Naples. Le juteux contrat qu'il a signé la saison dernière refroidit les éventuels acquéreurs. Thomas Meunier était lui aussi suivi par plusieurs clubs du top européen (Juventus, Manchester United) mais a décidé de prolonger l'aventure parisienne sous la gouverne du nouveau coach, Thomas Tuchel, qui lui a témoigné toute sa confiance. Plus surprenant, la présence de Dedryck Boyata dans l'effectif du Celtic Glasgow pour cette nouvelle saison alors que ses agents évoquaient des offres concrètes d'Allemagne et d'Italie. Thorgan Hazard, aussi, était annoncé en partance (Dortmund, Valence) mais a finalement débuté sa cinquième saison au Borussia Monchengladbach. À l'image d'un marché qui ne s'est que rarement emballé par rapport aux saisons précédentes, les Diables entament cette nouvelle campagne dans la stabilité.