Tout ça pour ça... Près de deux ans après la déflagration du 3 août 2017, jour de l'officialisation du "transfert du siècle" qui a poussé le PSG à dépenser 222 millions d'euros pour le débaucher de Barcelone, le passage de "Ney" à Paris ressemble, pour l'instant, à un échec.

Tout avait commencé de manière majestueuse avec un message d'accueil sur la Tour Eiffel, une pluie de buts spectaculaires et des maillots floqués de son N.10 écoulés par centaines de milliers. La Ligue 1 rêve d'une exposition internationale accrue, les diffuseurs et les sponsors se frottent les mains, les adversaires sont émerveillés.

Mais la magie dure à peine six mois. Une blessure au pied droit lui fait rater les 8es de finale de la Ligue des champions, objectif suprême des propriétaires qataris... et cela, deux années de suite ! L'an dernier face au Real Madrid, puis cette saison face à Manchester United. Un désastre à chaque fois.

"Cinquième métatarsien droit", "pseudarthrose", Docteur Lasmar... au-delà de ses gestes techiques délicieux, les supporters parisiens ont surtout découvert l'attente angoissante des communiqués médicaux.

Privilèges

Et ont appris à vivre avec ses caprices. Ses anniversaires fêtés en grande pompe dévoilent un goût prononcé pour le "bling bling", tandis que l'affaire du "penaltygate" avec Edinson Cavani, chouchou du public, nourrit les polémiques sur son individualisme.

Plus gros salaire du club avec 37 millions d'euros annuels, "Ney" dispose même de son propre kiné et d'un préparateur physique personnel.

"Déjà qu'Ibrahimovic se sentait plus grand que le club, mais là avec Neymar c'est encore le niveau au-dessus", constatait désabusé un ancien joueur du club parisien auprès de l'AFP, lassé par le manque d'autorité des dirigeants parisiens à l'encontre du "crack".

L'exemple le plus représentatif ? Son absence prolongée au printemps 2018 au Brésil après son opération, annoncée par son père et agent... trois jours avant le communiqué officiel du club !

De quoi relancer les spéculations sur un éventuel départ au Real Madrid... jusqu'à ce qu'il confirme alors, fin juillet, son souhait de rester à Paris.

Malgré les critiques sur ses simulations lors du Mondial-2018 et un premier exercice plutôt décevant, "Ney" réussit à renverser la vapeur en signant une superbe première partie de saison 2018/19.

Son bilan parle pour lui: 20 buts et 9 passes décisives toutes compétitions confondues en seulement 23 matches, et une première place dans "le groupe de la mort" de la Ligue des champions. Avec en point d'orgue une victoire de prestige 2-1 contre Liverpool. Le public est de nouveau conquis.

L'artisan de son renouveau ? Thomas Tuchel, le nouvel entraîneur parisien, qui en a fait son "joueur-clé" dès sa prise fonction l'été dernier.

Mini-gifle

"Quand tu as cette grande affection envers ton entraîneur, tu donnes ta vie sur le terrain", avait confié Neymar dans un entretien à Canal + fin janvier... juste avant sa rechute fatale au pied droit et le fiasco contre Manchester.

Pour son retour fin avril en finale de la Coupe de France contre Rennes, le cauchemar se prolonge. Le PSG dilapide une avance de deux buts, pour finalement perdre aux tirs au but (2-2 a.p., 6-5 t.a.b.). Lors de la remise des médailles dans la tribune d'honneur du stade de France, "Ney" assène une mini-gifle à un spectateur-chambreur et dégrade encore son image.

"Ce n'est pas possible de faire ça", peste même son entraîneur. Suspendu trois matches ferme pour ce geste d'humeur, il s'envole au Brésil sans que Thomas Tuchel ne soit au courant...

Fatigué de ses frasques, le président du PSG Nasser Al-Khelaïfi sort de son long silence en juin pour ouvrir la porte à un départ du Brésilien, sans le citer, tout en encensant Kylian Mbappé.

Champion du monde à 19 ans, le Français a remporté le titre de meilleur joueur de la saison en son absence. Tout en se montrant présent à la reprise de l'entraînement lundi, contrairement à "Ney", malgré moins de jours de vacances...

L'arrivée de son compatriote Leonardo au poste de directeur sportif ne change rien. Selon lui, le PSG se doit désormais d'être "plus fort" que sa superstar : "Neymar peut quitter le PSG, s'il y a une offre qui convient à tout le monde", affirme-t-il au Parisien.