Nathan De Medina le reconnaît sans détour. Il s'est lui-même rendu indésirable à Mouscron à partir de février 2018. Conséquence de cette erreur de jeunesse due essentiellement à des envies d'ailleurs, il ne joue que 310 minutes en un an et demi, sous Frank Defays puis Bernd Storck. Un coup fatal à sa carrière? Presque. Sa dernière année de contrat chez les Hurlus lui donne une chance ultime de se relancer lors de l'exercice 2019-2020. Il la saisit malgré le Covid et gagne un contrat de trois ans à l'Arminia Bielefeld, le promu qui se bat pour le maintien en Bundesliga. S'il est loin des 100% de temps de jeu, l'Anderlechtois de 23 ans compte néanmoins cinq titularisations en treize journées, en 2020. Dont une contre le Bayern Munich.
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Nathan De Medina le reconnaît sans détour. Il s'est lui-même rendu indésirable à Mouscron à partir de février 2018. Conséquence de cette erreur de jeunesse due essentiellement à des envies d'ailleurs, il ne joue que 310 minutes en un an et demi, sous Frank Defays puis Bernd Storck. Un coup fatal à sa carrière? Presque. Sa dernière année de contrat chez les Hurlus lui donne une chance ultime de se relancer lors de l'exercice 2019-2020. Il la saisit malgré le Covid et gagne un contrat de trois ans à l'Arminia Bielefeld, le promu qui se bat pour le maintien en Bundesliga. S'il est loin des 100% de temps de jeu, l'Anderlechtois de 23 ans compte néanmoins cinq titularisations en treize journées, en 2020. Dont une contre le Bayern Munich. Nathan, comment juges-tu ton entame de saison avec l'Arminia? NATHAN DE MEDINA: Compliquée. J'ai fait une bonne préparation, ce qui me permet de commencer face à Francfort en ouverture du championnat, mi-septembre. Mais je me blesse après quinze minutes. Quand je reviens, je n'ai que deux entraînements dans les jambes au moment d'affronter le Bayern mi-octobre. Je suis titulaire et je ne fais pas une mauvaise partie. Ensuite, je sors à la pause contre Wolfsburg, car je me refais mal. Et la trêve internationale arrive. Elle m'a fait du bien pour guérir mon genou. Tu as été surpris de directement être dans le onze de base? DE MEDINA: Non. Depuis que j'ai débarqué, surtout en présaison, j'ai prouvé ce que je valais et que je pouvais aider le groupe tout au long de l'année. À partir de là, tu peux attendre quelque chose en retour du coach. Le match contre le Bayern est-il le plus important de ta carrière? DE MEDINA: Clairement, oui. Quel Bavarois t'a le plus impressionné? DE MEDINA: Thomas Müller. C'est un professeur. Il met de l'ordre dans son équipe. Il communique. Il encourage. Il fait ce qu'il veut sur le terrain et le fait bien. Cette confiance qui règne au Bayern, c'est grâce à ce genre de personnes. Tu imaginais disputer ce genre de rencontres étant plus jeune? DE MEDINA: Oui. J'ai douté dans certaines situations. Mais j'avais des ambitions. J'ai cru en elles, en moi et en Dieu. Mouscron, puis la Bundesliga, l'écart est grand. Ce transfert était un peu inattendu, non? DE MEDINA: Non. Je sortais d'une grosse demi-saison. Et j'avais un coach allemand, Bernd Hollerbach. II faut savoir que les Allemands ne viennent pas chercher des joueurs étrangers facilement. Mais si un staff allemand est à la tête d'une équipe, ils s'y intéressent davantage. C'était le cas à Mouscron. En plus, Bernd Hollerbach est assez respecté là-bas pour la carrière de footballeur qu'il a faite ( onze ans en Bundesliga dont neuf à Hambourg, ndlr). À Bielefeld, ils se sont dit que si lui croyait en moi, ils pouvaient le faire également. Pourtant, six mois se passent entre ta signature en juillet et ton dernier match en janvier 2020. DE MEDINA: Mais Bielefeld m'observait depuis le début du championnat! Et j'ai été très bon jusqu'à ma blessure. Hollerbach a-t-il joué un rôle dans ton renouveau? DE MEDINA: Il a juste mis un bon joueur sur la pelouse. Il ne m'alignait pas pour me faire plaisir. J'ai mérité sa confiance. Bien sûr que je lui dis merci aujourd'hui, comme au staff et au préparateur physique, qui étaient beaucoup derrière moi. Ils m'ont aidé, mais c'est moi qui ai provoqué ce retour. Un retour après une période très délicate. Qu'est-ce qui a cloché avec Defays et Storck, de février 2018 à mai 2019? DE MEDINA: Sous Defays, je ne voulais pas rester à Mouscron. Je ne m'entraînais plus à fond. Je n'étais pas à 100% non plus mentalement. J'avais une proposition du New York Red Bulls et je me voyais déjà là-bas. Quand Storck a été nommé, il ne cherchait pas à collaborer avec quelqu'un qui n'avait pas envie de travailler son football. C'est normal. Je n'ai pas à lui en vouloir. Quand il modifiait son onze, il faisait même passer des juniors devant moi. Il souhaitait juste me montrer que sans envie, je ne jouerais pas. C'est une erreur de jeunesse. Quand tu es dans un club qui te paye, tu te donnes à fond. Finalement tout s'est arrangé. Tu regrettes ton attitude durant cette période? DE MEDINA: Non, car c'est dans ce genre de situations que tu apprends le plus. Je ne me le suis pas dit sur le moment même. Mais avec le recul, tu constates que c'est le cas. Tu as appris quoi? DE MEDINA: Qu'il faut arrêter d'écouter les agents qui te disent que tu vas jouer au Barça ou au Real. Si quoi que ce soit doit m'arriver, ce sera uniquement grâce à moi, pas grâce aux gens qui me jurent de me trouver un grand club. J'ai compris que cette dernière année de contrat était mon ultime opportunité. J'ai changé de numéro de téléphone, j'ai arrêté de parler à n'importe qui. J'ai bossé pour montrer mon niveau à Hollerbach, qui a estimé qu'il avait besoin de moi. C'est pour ça que j'ai fait une bonne première partie de saison 2019-2020. Ensuite je suis tombé sur un agent allemand qui travaillait avec Sami Allagui. Quelqu'un de très sérieux. Quand on est sérieux, on rencontre des gens sérieux. Quand on ne l'est pas, on ne fréquente que des guignols qui racontent n'importe quoi. Toute cette période t'a rendu service? DE MEDINA: Grave. J'ai énormément évolué. Ce sont des erreurs que je ne referai plus. Heureusement qu'il me restait un an de contrat. Sinon, je serais peut-être dans le foot amateur aujourd'hui. Cette dernière année de contrat. Une blessure fin janvier 2020. Le coronavirus et donc, plus aucun match officiel. Tout était réuni pour ne pas s'en sortir. DE MEDINA: C'était une situation très difficile. Tu peux dire que c'est de la chance, tu peux dire ce que tu veux. Je dis que Dieu a été là pour moi à un moment capital de ma carrière. J'allais de mes 22 à mes 23 ans. Je pense que ce qui se passe à cet âge dirige la suite de ton parcours. Ce n'est pas à 18 ou 19 ans, où tu essayes de trouver ta place dans un noyau. Ce qui t'arrive aujourd'hui, c'est un miracle? DE MEDINA: Non. Mais je sais d'où je viens. Pas sûr que si j'avais été à Bielefeld directement après Anderlecht, j'allais réaliser ce qui m'arrivait, car j'aurais toujours été dans les bonnes conditions. Justement, Anderlecht. Tu as fait toutes tes classes là-bas. Tu as joué une demi-finale de Youth League, mais tu ne comptes que deux apparitions en équipe première. Pourquoi? DE MEDINA: René Weiler, devenu coach en juin 2016, ne voulait pas de moi. Je désirais poursuivre là-bas mais c'était impossible vu sa décision. Tu as évolué là-bas avec Dodi Lukebakio. Vous êtes du même âge, êtes partis de là en même temps et avez un parcours quasi similaire, parsemé de quelques galères. Le voilà sous le maillot des Diables rouges. Ça te donne des idées? DE MEDINA: Je suis très content pour lui avec sa sélection. Il le mérite. Bien sûr, l'équipe nationale, ça fait partie d'une carrière. Je pense qu'à mon âge, il faut commencer à rentrer dans un effectif. Mais je ne songe pas à demain. Je m'entraîne. Je bosse. Puis on verra. Je ne pense pas à choisir un pays ( il pourrait également opter pour le Congo, ndlr) car ce n'est pas le moment. Quand tu observes ta carrière, tu te dis quoi aujourd'hui? DE MEDINA: Que j'ai beaucoup appris. Si je peux penser faire un beau parcours, c'est parce que j'ai vécu des phases difficiles. Si un autre joue à ta place, si le coach ne veut pas de toi, c'est comme ça. Continue de te donner à fond. Tu as un club, ne joue pas avec ta chance. L'ascenseur peut rapidement descendre.