Tout le monde n'est pas content, à l'AS Rome, d'être débarrassé de Radja Nainggolan. C'est ce qui ressort de quelques réactions de ses anciens coéquipiers la semaine dernière sur Instagram.
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Tout le monde n'est pas content, à l'AS Rome, d'être débarrassé de Radja Nainggolan. C'est ce qui ressort de quelques réactions de ses anciens coéquipiers la semaine dernière sur Instagram. L'attaquant Edin Dzeko : " Je suis triste, aujourd'hui, à cause de toi, Radja. Tu vas nous manquer. " Le défenseur Kostas Manolas : " Bonne chance, frère. Tu me manqueras beaucoup, sur le terrain comme en dehors. " Le gardien Alisson, du Mondial : " Je souhaite beaucoup de succès à Radja. Un vrai pro, qui a toujours tout donné. Dommage qu'il soit parti. Dommage parce qu'il est un homme fantastique et un grand footballeur. " Le défenseur Juan Jesus : " Succès, tu nous manqueras dans le vestiaire, en voyage et au vert. Nous savons que tu as toujours donné le meilleur de toi-même. Mais à Milan, tu vas devoir t'habiller plus chic. " Une semaine plus tôt, Nainggolan avait indiqué, sur Instagram, où il compte 1,3 million de suiveurs, que son séjour à Rome touchait à sa fin et que ce n'était pas son souhait. " Tous les contes ont une fin et parfois, ce n'est pas celle qu'on aurait souhaitée. " Le directeur sportif argentin Monchi a défendu le choix opéré par l'AS Rome : " Il y a un an, nous nous tracassions à cause du Financial Fair Play. Plus maintenant et j'en suis fier. " À son arrivée il y a un an, Monchi avait assuré : " Il n'est pas écrit : Ici, on vend mais Ici, on gagne. " Six mois plus tard, il a admis que ce n'était pas tout à fait exact. " Parfois, un dirigeant doit protéger son club. " La vérité, c'est que Rome dépense plus qu'elle ne gagne. L'année passée, la masse salariale représentait 80 % de son budget total et un an auparavant, elle culminait à 120 %. Pour ne pas être exclu des compétitions européennes, le club a donc dû vendre des joueurs. C'est aussi pour ça qu'en janvier, l'AS a voulu accepter l'offre de Guangzhou Evergrande, dont l'entraîneur, Fabio Cannavaro, souhaitait enrôler Nainggolan, qui présentait un avantage supplémentaire : grâce à ses racines indonésiennes, il n'était pas considéré comme un étranger en Chine mais jouissait du statut de joueur asiatique. Evergrande était prêt à verser 40 millions d'euros mais il a renoncé en réalisant qu'il serait obligé d'investir la même somme en Chine, en guise de taxe de luxe, ce qui représentait un montant total de 80 millions, sans même compter le salaire du joueur. Ce recul a soulagé Nainggolan. Rome a ensuite tenté de vendre Dzeko à Chelsea mais comme Radja, le Bosnien a déclaré se sentir bien dans la capitale de la Botte. Finalement, c'est le Brésilien Emerson Palmieri qui a rejoint Londres, rapportant vingt millions d'euros. Assez pour reprendre provisoirement pied. Grâce à sa lucrative campagne en Ligue des Champions, l'AS Rome n'était plus obligée de vendre mais quand, fin mai, de nouvelles rumeurs de transfert ont refait surface, Nainggolan a compris que son séjour à Rome touchait à sa fin. Alessandro Beltrami, le manager de Radja depuis qu'il a seize ans, l'homme qui l'a transféré du Germinal Beerschot en Italie, est allé boire un café avec Piero Ausilio, le directeur sportif de l'Inter. Les rumeurs n'ont cessé d'enfler. Les négociations ont commencé alors que dans les couloirs, on reparlait d'Evergrande, à nouveau disposé à payer 40 millions plus un salaire annuel de douze millions. Luciano Spalletti, l'entraîneur de l'Inter, et les supporters n'ont pas dissimulé leur satisfaction. Il Ninja est arrivé à l'hôtel Melia de Milan le 24 juin, pressé de toutes parts par les supporters, enthousiastes. Le lendemain, la foule était telle qu'il a eu du mal à quitter les bureaux de l'Inter, non loin de la cathédrale. Il a fait un selfie le montrant avec les supporters. L'AS Rome a perçu 38 millions pour Radja Nainggolan. Des proches du joueur ont confirmé le montant. Cet investissement prouve que l'Inter voulait vraiment Nainggolan, d'autant que le club milanais se trouve depuis un certain temps sous la surveillance de la commission du Fair-play financier de l'UEFA et s'est engagé à présenter un bilan en équilibre le 30 juin. La qualification de l'Inter pour la phase de poules de la Ligue des Champions et la manne qui va avec ne sont pas étrangères au transfert. Jeudi dernier, Nainggolan a fièrement posé avec son nouveau maillot au numéro 14. Son préféré, le quatre, n'était pas disponible : il a appartenu à l'Argentin Javier Zanetti, qui a porté le maillot bleu et noir de 1995 à 2014. Après ses adieux, l'Inter ne l'a plus attribué. Spalletti est enchanté du transfert : c'est sous sa direction que Nainggolan a vécu sa meilleure saison à Rome il y a deux ans. " Nainggolan a autant de valeur que Pogba ", a raconté Spalletti en février 2017. " Il a juste quelques années de plus. " Cette saison, avec l'Anversois, il vise le titre en Italie et il veut faire bonne figure en Ligue des Champions, une compétition que l'Inter retrouve après sept années d'absence. Spalletti aurait voulu emmener Nainggolan l'année dernière déjà, dès qu'il a quitté Rome pour l'Inter, mais pendant la tournée du club en Amérique, l'Anversois s'était lié au club romain jusqu'en 2021, avec à la clef un salaire annuel de 4,5 millions, ce qui faisait de lui le plus gros salaire du club avec Dzeko. La prolongation de son contrat a mis fin aux spéculations sur un transfert possible à Chelsea ou à Manchester United, qui s'intéressaient tous les deux au médian. " Nainggolan est la turbine qui manquait à notre moteur ", a déclaré Spalletti. " Il va nous apporter de l'explosivité. " L'Inter est le quatrième club italien de notre compatriote, après Piacenza, Cagliari et l'AS Rome. Le médian y a signé un contrat jusqu'en 2022, avec un salaire annuel de quatre millions. Seul l'Argentin Mauro Icardi, qui s'est réjoui sur Instagram de l'arrivée de son nouvel équipier, gagne plus.Par Geert Foutré