Adieux Pirlo, Casillas, Xavi, Eto'o, Drogba, Gerrard, Buffon et autres. Cette troisième semaine de compétition a tiré un trait sur l'histoire de plusieurs légendes en sélection. Celles qui auront marqué la dernière décennie du ballon rond en prenant leur envol au crépuscule du siècle dernier. Elle aura aussi été frappée par les critiques virulentes dirigées vers certaines stars (Wayne Rooney, Mario Balotelli, etc) devenues la cible de l'opinion publique. Sur son compte instagram, l'attaquant de la Squadra a répliqué : "Je suis Mario Balotelli, j'ai 23 ans. Je n'ai pas choisi d'être italien, mais je suis très content parce que je suis né en Italie et que j'y ai toujours vécu... Mais peut-être, comme vous le dites, je ne suis pas un Italien. Les Africains ne s'en prendraient jamais à un de leurs "frères". Jamais. Pour ça, nous les Nègres, comme vous nous appelez, nous sommes des années-lumière en avance". Africa is the future donc.

Ces événements n'auront toutefois pas fait le poids par rapport à l'affaire "Luis Suarez" : 9 matches de suspension en équipe nationale et 4 mois d'arrêt de toute activité liée au football, pour une morsure dans la nuque de Giorgio Chiellini, une sanction lourde mais pour beaucoup justifiée envers ce double récidiviste. Oui enfin pas pour tous. L'enfant terrible du foot uruguayen est représenté, chez lui, tel un martyre. Preuve du soutien éternel, les 4000 personnes réunies autour de la maison du Pistolero pour suivre le duel des huitièmes entre la Céleste et la Colombie. Hors des frontières uruguayennes, les soutiens se sont aussi faits entendre. Sans surprise, Che Maradona s'en est pris violemment à la FIFA : "Pour qui se prend-elle ? Pourquoi ne l'envoient-ils pas directement à Guantanamo ? Qui a-t-il tué ? C'est le football, il y a du contact ! C'est une sanction injuste, une décision incroyable digne de la mafia. C'est criminel !"

Avant de clasher ses prestigieux aînés, Pelé et Beckenbauer, pour qui la longue mise au placard de Suarez était légitime. "Ils sortent tout droit du musée, ils sortent et ils disent des stupidités parce que ce sont des crétins, des abrutis. Ce sont deux personnalités du football qui sortent de la tombe et viennent défendre la FIFA, car s'ils ne le font pas, ils ne touchent pas leurs chèques." Bien plus surprenante et percutante, la défense de Giorgio Chiellini touché apparemment par le syndrome de Stockholm : "Je pense que la solution avancée est excessive. En ce moment mes pensées vont vers Luis et sa famille car ils affronteront une période très difficile."

L'affaire Suarez aura fait passer tous les autres footeux faits divers pour de petites guéguerres. Même quand le Ghana se la joue "Les Bleus à Knysna" avec Kevin-Prince Boateng dans le rôle de Nicolas Anelka, exclu pour avoir insulté son coach ; bien plus grave encore l'exclusion de Sulley Muntari pour violence physique (il aurait frappé le manager et poursuivi avec un tesson de bouteille !) Heureusement, il y eut aussi James Rodriguez, auteur de deux bijoux dans cette Coupe du Monde : le double-crochet ballon piqué devant Eiji Kawashima et le contrôle poitrine dos au but- volée dans la lunette face à l'Uruguay. Mais aussi l'empereur Julio Cesar, sauveur d'un Brésil d'une inquiétante fébrilité et d'une créativité proche du néant, le retour surprise ô combien décisif de Klaas-Jan Huntelaar, buteur toutes les 99,6 minutes en Oranje. Mais surtout la belle histoire costaricaine qui, au bout de la nuit, envoie les Ticos en quarts de finale de la Coupe du Monde pour la première fois de leur histoire. Pura vida !

Sans oublier, bien sûr, la qualif' de nos Diables face aux USA. Lukaku a peut-être détruit le rêve américain, mais il a surtout permis à l'extase belge de se poursuivre.

Thomas Bricmont

Adieux Pirlo, Casillas, Xavi, Eto'o, Drogba, Gerrard, Buffon et autres. Cette troisième semaine de compétition a tiré un trait sur l'histoire de plusieurs légendes en sélection. Celles qui auront marqué la dernière décennie du ballon rond en prenant leur envol au crépuscule du siècle dernier. Elle aura aussi été frappée par les critiques virulentes dirigées vers certaines stars (Wayne Rooney, Mario Balotelli, etc) devenues la cible de l'opinion publique. Sur son compte instagram, l'attaquant de la Squadra a répliqué : "Je suis Mario Balotelli, j'ai 23 ans. Je n'ai pas choisi d'être italien, mais je suis très content parce que je suis né en Italie et que j'y ai toujours vécu... Mais peut-être, comme vous le dites, je ne suis pas un Italien. Les Africains ne s'en prendraient jamais à un de leurs "frères". Jamais. Pour ça, nous les Nègres, comme vous nous appelez, nous sommes des années-lumière en avance". Africa is the future donc. Ces événements n'auront toutefois pas fait le poids par rapport à l'affaire "Luis Suarez" : 9 matches de suspension en équipe nationale et 4 mois d'arrêt de toute activité liée au football, pour une morsure dans la nuque de Giorgio Chiellini, une sanction lourde mais pour beaucoup justifiée envers ce double récidiviste. Oui enfin pas pour tous. L'enfant terrible du foot uruguayen est représenté, chez lui, tel un martyre. Preuve du soutien éternel, les 4000 personnes réunies autour de la maison du Pistolero pour suivre le duel des huitièmes entre la Céleste et la Colombie. Hors des frontières uruguayennes, les soutiens se sont aussi faits entendre. Sans surprise, Che Maradona s'en est pris violemment à la FIFA : "Pour qui se prend-elle ? Pourquoi ne l'envoient-ils pas directement à Guantanamo ? Qui a-t-il tué ? C'est le football, il y a du contact ! C'est une sanction injuste, une décision incroyable digne de la mafia. C'est criminel !" Avant de clasher ses prestigieux aînés, Pelé et Beckenbauer, pour qui la longue mise au placard de Suarez était légitime. "Ils sortent tout droit du musée, ils sortent et ils disent des stupidités parce que ce sont des crétins, des abrutis. Ce sont deux personnalités du football qui sortent de la tombe et viennent défendre la FIFA, car s'ils ne le font pas, ils ne touchent pas leurs chèques." Bien plus surprenante et percutante, la défense de Giorgio Chiellini touché apparemment par le syndrome de Stockholm : "Je pense que la solution avancée est excessive. En ce moment mes pensées vont vers Luis et sa famille car ils affronteront une période très difficile." L'affaire Suarez aura fait passer tous les autres footeux faits divers pour de petites guéguerres. Même quand le Ghana se la joue "Les Bleus à Knysna" avec Kevin-Prince Boateng dans le rôle de Nicolas Anelka, exclu pour avoir insulté son coach ; bien plus grave encore l'exclusion de Sulley Muntari pour violence physique (il aurait frappé le manager et poursuivi avec un tesson de bouteille !) Heureusement, il y eut aussi James Rodriguez, auteur de deux bijoux dans cette Coupe du Monde : le double-crochet ballon piqué devant Eiji Kawashima et le contrôle poitrine dos au but- volée dans la lunette face à l'Uruguay. Mais aussi l'empereur Julio Cesar, sauveur d'un Brésil d'une inquiétante fébrilité et d'une créativité proche du néant, le retour surprise ô combien décisif de Klaas-Jan Huntelaar, buteur toutes les 99,6 minutes en Oranje. Mais surtout la belle histoire costaricaine qui, au bout de la nuit, envoie les Ticos en quarts de finale de la Coupe du Monde pour la première fois de leur histoire. Pura vida !Sans oublier, bien sûr, la qualif' de nos Diables face aux USA. Lukaku a peut-être détruit le rêve américain, mais il a surtout permis à l'extase belge de se poursuivre. Thomas Bricmont