On ne peut pas dire que ça avait commencé très fort. Une cérémonie bâclée en un peu moins de 30 minutes, un hymne "We are one" chanté par un trio haut en couleurs composé du king du mauvais goût, Pitbull, de la joliment refaite Jennifer Lopez, et de la chanteuse locale, Claudia Leitte, apparemment pas très à l'aise en play-back. Le plat principal fut plus digeste mais nous laissa tout de même cet arrière-goût du "pti k'on s'potche" (le petit qu'on écrase). En cause, l'arbitre, Yuichi Nishimura, qui avait choisi de ne pas se fâcher avec le peuple brésilien en accordant généreusement un pénalty à l'attaquant Fred ou en annulant une tête de Perisic suite à une faute d'Olic sur Julio César. Rien de bien surprenant non plus pour un pays hôte, rappelez-vous de l'Angleterre en 66, l'Allemagne en 74 ou l'Argentine en 78. Organiser un Coupe du Monde, ça se paye mais ça a aussi ses avantages. En conférence de presse, le coach croate, légitiment déçu, Niko Kovac, n'avalait pas ce mauvais scénario: "Si on continue dans cette voie, ce sera un cirque. Autant leur donner la Coupe du monde et rentrer à la maison."

Heureusement, la suite allait être bien meilleure et par moments savoureuse. Deux affiches pour cette première journée des poules et deux chocs esthétiques: Espagne-Pays-Bas, d'abord, soldé par une claque presque historique (1-5), une manita infligée aux invincibles. Si les Champions du Monde en titre et double champion d'Europe avaient également été défaits pour leur premier match en Afrique du Sud (0-1 face à la Suisse), cette fois les maux semblent plus profonds. Symbole du malaise espagnol: Iker Casillas. Béatifié quatre ans plus tôt, San Iker apparaît en fin de parcours. A l'image d'autres cadres du règne ibérique qui ont semblé manquer de punch et d'idées. En face, le duo Robin et Robben a crevé l'écran, bien aidé par le brillant pied gauche de Daley Blind. Records chiffrés aussi: la tête lobée du flying dutchman, Robin van Persie, a généré plus de 183.000 tweets en une minute. L'envolée folle de Robben sur le cinquième but a, elle, atteint 37km/h, devenant la course la plus rapide de l'histoire, un record jusque-là détenu par Théo Walcott (35,7 km/h). Sergio Ramos, au galop à quelque 30 km/h, avait des allures de cheval de trait derrière la pointe de vitesse du Hollandais. Le pire allait cependant encore être à venir pour les tenants du titre. Face à l'autre Roja, le bateau ibérique a définitivement coulé sous deux coups de canon chiliens. Élimination dès le second match et une dernière rencontre face à l'Australie pour du beurre. Moche.

L'autre affiche a magnifié l'art, l'habileté, l'inventivité, la justesse et la grâce d'Andrea Pirlo qui a encore rajouté quelques lignes à sa légende. 108 offrandes du maître à jouer de la Squadra et des équipiers qui se mettent au diapason avec 93,2 pourcents de passes réussies face aux Anglais, très grande distinction donc pour une Italie que beaucoup prédisaient à la peine. Légende toujours: Didier Drogba dont l'entrée au jeu à la 62e, alors que sa Côte d' Ivoire était menée face au Japon, a fait basculer le match en trois minutes. Non pas par ses buts ou ses assists mais par sa présence, celle décisive des grands joueurs. Rayon stars, et malgré les absences de plusieurs gros poissons (Ribéry, Falcao, etc) ou des blessures confirmées ou nouvelles de Suarez, Buffon ou Eto'o, les nombreuses étoiles brillent sur le sol brésilien: Neymar, James Rodriguez, Alexis Sanchez, Giovani Dos Santos, Robben, Van Persie, Benzema, Balotelli, Messi etc..., tous ont réussi leur entrée en matière.

Dans leurs pas, on notera les brillantes performances des moins attendus Valon Behrami (Suisse) ou Joel Campbell (Costa-Rica). Et puis y a ceux qui resteront dans les mémoires, non pas tant pour leur but mais bien pour ce qui a suivi. Comment ne pas sourire en voyant la chorégraphie de Pablo Armero fêtant son but avec le reste de la sélection colombienne. Des images qui rappellent les célébrations mythiques de Roger Milla en 90 zoukant avec le poteau de corner ou de Bebeto en 94 rendant hommage à son nouveau-né. 34 buts lors des 10 premiers matches, un total qu'on n'avait plus atteint depuis 1958, une goaline technology hésitante mais qui fonctionne, pour sa première utilisation de l'histoire, la suite est attendue avec impatience.

Thomas Bricmont

On ne peut pas dire que ça avait commencé très fort. Une cérémonie bâclée en un peu moins de 30 minutes, un hymne "We are one" chanté par un trio haut en couleurs composé du king du mauvais goût, Pitbull, de la joliment refaite Jennifer Lopez, et de la chanteuse locale, Claudia Leitte, apparemment pas très à l'aise en play-back. Le plat principal fut plus digeste mais nous laissa tout de même cet arrière-goût du "pti k'on s'potche" (le petit qu'on écrase). En cause, l'arbitre, Yuichi Nishimura, qui avait choisi de ne pas se fâcher avec le peuple brésilien en accordant généreusement un pénalty à l'attaquant Fred ou en annulant une tête de Perisic suite à une faute d'Olic sur Julio César. Rien de bien surprenant non plus pour un pays hôte, rappelez-vous de l'Angleterre en 66, l'Allemagne en 74 ou l'Argentine en 78. Organiser un Coupe du Monde, ça se paye mais ça a aussi ses avantages. En conférence de presse, le coach croate, légitiment déçu, Niko Kovac, n'avalait pas ce mauvais scénario: "Si on continue dans cette voie, ce sera un cirque. Autant leur donner la Coupe du monde et rentrer à la maison." Heureusement, la suite allait être bien meilleure et par moments savoureuse. Deux affiches pour cette première journée des poules et deux chocs esthétiques: Espagne-Pays-Bas, d'abord, soldé par une claque presque historique (1-5), une manita infligée aux invincibles. Si les Champions du Monde en titre et double champion d'Europe avaient également été défaits pour leur premier match en Afrique du Sud (0-1 face à la Suisse), cette fois les maux semblent plus profonds. Symbole du malaise espagnol: Iker Casillas. Béatifié quatre ans plus tôt, San Iker apparaît en fin de parcours. A l'image d'autres cadres du règne ibérique qui ont semblé manquer de punch et d'idées. En face, le duo Robin et Robben a crevé l'écran, bien aidé par le brillant pied gauche de Daley Blind. Records chiffrés aussi: la tête lobée du flying dutchman, Robin van Persie, a généré plus de 183.000 tweets en une minute. L'envolée folle de Robben sur le cinquième but a, elle, atteint 37km/h, devenant la course la plus rapide de l'histoire, un record jusque-là détenu par Théo Walcott (35,7 km/h). Sergio Ramos, au galop à quelque 30 km/h, avait des allures de cheval de trait derrière la pointe de vitesse du Hollandais. Le pire allait cependant encore être à venir pour les tenants du titre. Face à l'autre Roja, le bateau ibérique a définitivement coulé sous deux coups de canon chiliens. Élimination dès le second match et une dernière rencontre face à l'Australie pour du beurre. Moche. L'autre affiche a magnifié l'art, l'habileté, l'inventivité, la justesse et la grâce d'Andrea Pirlo qui a encore rajouté quelques lignes à sa légende. 108 offrandes du maître à jouer de la Squadra et des équipiers qui se mettent au diapason avec 93,2 pourcents de passes réussies face aux Anglais, très grande distinction donc pour une Italie que beaucoup prédisaient à la peine. Légende toujours: Didier Drogba dont l'entrée au jeu à la 62e, alors que sa Côte d' Ivoire était menée face au Japon, a fait basculer le match en trois minutes. Non pas par ses buts ou ses assists mais par sa présence, celle décisive des grands joueurs. Rayon stars, et malgré les absences de plusieurs gros poissons (Ribéry, Falcao, etc) ou des blessures confirmées ou nouvelles de Suarez, Buffon ou Eto'o, les nombreuses étoiles brillent sur le sol brésilien: Neymar, James Rodriguez, Alexis Sanchez, Giovani Dos Santos, Robben, Van Persie, Benzema, Balotelli, Messi etc..., tous ont réussi leur entrée en matière. Dans leurs pas, on notera les brillantes performances des moins attendus Valon Behrami (Suisse) ou Joel Campbell (Costa-Rica). Et puis y a ceux qui resteront dans les mémoires, non pas tant pour leur but mais bien pour ce qui a suivi. Comment ne pas sourire en voyant la chorégraphie de Pablo Armero fêtant son but avec le reste de la sélection colombienne. Des images qui rappellent les célébrations mythiques de Roger Milla en 90 zoukant avec le poteau de corner ou de Bebeto en 94 rendant hommage à son nouveau-né. 34 buts lors des 10 premiers matches, un total qu'on n'avait plus atteint depuis 1958, une goaline technology hésitante mais qui fonctionne, pour sa première utilisation de l'histoire, la suite est attendue avec impatience. Thomas Bricmont