Le tenant du titre au tapis, k-o dès le second round, la deuxième semaine de la Coupe du Monde débutait par une gifle. L'Euro 2012, certes victorieux, la Coupe des Confédérations bien plus encore, étaient annonciateurs du déclin espagnol. Un tiki-taka sans rythme, des cerveaux au ralenti (Xavi, Xabi Alonso) et un dernier rempart (Casillas) en ruine, l'Espagne anéantie dès le premier tour, cela rappelle les parcours expéditifs d'autres tenants du titre : la France en 2002 ou l'Italie en 2010. Symbole du malaise, le renvoi de Cesc Fabregas de l'entraînement de dimanche dernier par Vicente Del Bosque, excédé du manque d'implication du futur joueur de Chelsea. L'image d'Epinal qui a entouré la Seleccion depuis 2008 semble bien loin.

Bien plus sale, la copie rendue par le Cameroun de Samuel Eto'o. Deux matches, deux défaites, dont une lourde face à la Croatie (4-0), mais surtout une absence totale de discipline, le comble étant atteint lors de cette prise de bec surréaliste, en plein match, entre Moukandjo et Assou-Ekotto. Ce dernier assenant à son équipier un (léger) coup de boule mi-front mi-touffe du plus vulgaire effet. Tout aussi sommaire, la prestation de l'Angleterre qui, pour la première fois de son histoire, voit son sort scellé dès la deuxième rencontre. En cause, une défaite face à l'Italie suivie d'un assassinat en règle de l'ennemi public numéro un des pelouses anglaises: Luis Suarez, double buteur, prenant l'ascendant sur une défense anglaise d'une naïveté tellement british.

Dans ce groupe dit "de la mort", c'est celui sur qui personne n'aurait osé miser un penny qui a validé, en premier, son billet pour les huitièmes. Le Costa Rica de Bryan Ruiz, auteur d'une tête victorieuse face à la Squadra Azzurra, est la belle surprise de ce Mondial. Beauté toujours : Vanessa Huppenkothen enflamme le petit écran. Sorte de Vincent Langendries mexicaine, la journaliste suscite un engouement médiatique sans précédent. Et ça marche aussi pour les non-hispanophones. Moins surprenant mais d'un rendement redoutable, le duo Robin-Robben qui a mis sur orbite les Pays-Bas autre qualifié pour les huitièmes après deux sorties offensives.

Forme toujours, les Bleus de Didier Deschamps ont empilé les buts (8) face au Honduras et la Suisse. Trois d'entre-deux sont à mettre au crédit d'un excellent Karim Benzema, passeur à deux reprises également, qui malgré ce joli bas de laine, a comme un petit goût de trop peu. Deux buts annulés, un autre entraînant l'auto-but du gardien et un péno loupé auraient pu l'amener bien plus haut encore. On reste très loin toutefois de la constance et de la rentabilité historiques de Miroslav Klose, dépucelé pour la première fois en Coupe du Monde, le premier juin 2002 et, buteur pour la quinzième fois douze ans plus tard en égalisant face au Ghana. Un total qui l'amène au sommet de la pyramide des meilleurs buteurs de l'histoire de la Coupe du Monde aux côtés de Ronaldo, le vrai.

L'autre n'a toujours pas buté mais a maintenu son pays en vie grâce à un centre magnifique conclu par Varela à la 95 minute du duel face aux USA (2-2). Sauvé pour quelques secondes d'une élimination précoce, le Portugal doit désormais gagner et empiler les buts, jeudi, face au Ghana, tout en espérant une victoire dans le duel entre Allemands et Américains. Tim Cahill, l'attaquant australien, est, lui, déjà dans l'avion du retour mais restera dans les mémoires pour sa volée vanbastenesque face aux Pays-Bas. Mario Balotelli a préféré se distinguer sur la toile. Un tweet efficace ("Si nous battons le Costa Rica, je veux un bisou, sur la joue bien entendu, de la Reine d'Angleterre") mais sans effet.

Maître de la provoc, Diego Maradona s'en est pris au président de la Fédé argentine, lui adressant un doigt d'honneur dans un show tv. Pour le reste, tout baigne, soleil, buts à la pelle, et fête dans les gradins. De quoi doubler le salaire des membres du comité exécutif de la FIFA (de 100.000 à 200.000 dollars payés en liquide sur un compte en Suisse pour éviter toute imposition) en pleine Coupe du Monde sur fond de crise sociale. Classe.

Par Thomas Bricmont

Le tenant du titre au tapis, k-o dès le second round, la deuxième semaine de la Coupe du Monde débutait par une gifle. L'Euro 2012, certes victorieux, la Coupe des Confédérations bien plus encore, étaient annonciateurs du déclin espagnol. Un tiki-taka sans rythme, des cerveaux au ralenti (Xavi, Xabi Alonso) et un dernier rempart (Casillas) en ruine, l'Espagne anéantie dès le premier tour, cela rappelle les parcours expéditifs d'autres tenants du titre : la France en 2002 ou l'Italie en 2010. Symbole du malaise, le renvoi de Cesc Fabregas de l'entraînement de dimanche dernier par Vicente Del Bosque, excédé du manque d'implication du futur joueur de Chelsea. L'image d'Epinal qui a entouré la Seleccion depuis 2008 semble bien loin. Bien plus sale, la copie rendue par le Cameroun de Samuel Eto'o. Deux matches, deux défaites, dont une lourde face à la Croatie (4-0), mais surtout une absence totale de discipline, le comble étant atteint lors de cette prise de bec surréaliste, en plein match, entre Moukandjo et Assou-Ekotto. Ce dernier assenant à son équipier un (léger) coup de boule mi-front mi-touffe du plus vulgaire effet. Tout aussi sommaire, la prestation de l'Angleterre qui, pour la première fois de son histoire, voit son sort scellé dès la deuxième rencontre. En cause, une défaite face à l'Italie suivie d'un assassinat en règle de l'ennemi public numéro un des pelouses anglaises: Luis Suarez, double buteur, prenant l'ascendant sur une défense anglaise d'une naïveté tellement british. Dans ce groupe dit "de la mort", c'est celui sur qui personne n'aurait osé miser un penny qui a validé, en premier, son billet pour les huitièmes. Le Costa Rica de Bryan Ruiz, auteur d'une tête victorieuse face à la Squadra Azzurra, est la belle surprise de ce Mondial. Beauté toujours : Vanessa Huppenkothen enflamme le petit écran. Sorte de Vincent Langendries mexicaine, la journaliste suscite un engouement médiatique sans précédent. Et ça marche aussi pour les non-hispanophones. Moins surprenant mais d'un rendement redoutable, le duo Robin-Robben qui a mis sur orbite les Pays-Bas autre qualifié pour les huitièmes après deux sorties offensives. Forme toujours, les Bleus de Didier Deschamps ont empilé les buts (8) face au Honduras et la Suisse. Trois d'entre-deux sont à mettre au crédit d'un excellent Karim Benzema, passeur à deux reprises également, qui malgré ce joli bas de laine, a comme un petit goût de trop peu. Deux buts annulés, un autre entraînant l'auto-but du gardien et un péno loupé auraient pu l'amener bien plus haut encore. On reste très loin toutefois de la constance et de la rentabilité historiques de Miroslav Klose, dépucelé pour la première fois en Coupe du Monde, le premier juin 2002 et, buteur pour la quinzième fois douze ans plus tard en égalisant face au Ghana. Un total qui l'amène au sommet de la pyramide des meilleurs buteurs de l'histoire de la Coupe du Monde aux côtés de Ronaldo, le vrai. L'autre n'a toujours pas buté mais a maintenu son pays en vie grâce à un centre magnifique conclu par Varela à la 95 minute du duel face aux USA (2-2). Sauvé pour quelques secondes d'une élimination précoce, le Portugal doit désormais gagner et empiler les buts, jeudi, face au Ghana, tout en espérant une victoire dans le duel entre Allemands et Américains. Tim Cahill, l'attaquant australien, est, lui, déjà dans l'avion du retour mais restera dans les mémoires pour sa volée vanbastenesque face aux Pays-Bas. Mario Balotelli a préféré se distinguer sur la toile. Un tweet efficace ("Si nous battons le Costa Rica, je veux un bisou, sur la joue bien entendu, de la Reine d'Angleterre") mais sans effet. Maître de la provoc, Diego Maradona s'en est pris au président de la Fédé argentine, lui adressant un doigt d'honneur dans un show tv. Pour le reste, tout baigne, soleil, buts à la pelle, et fête dans les gradins. De quoi doubler le salaire des membres du comité exécutif de la FIFA (de 100.000 à 200.000 dollars payés en liquide sur un compte en Suisse pour éviter toute imposition) en pleine Coupe du Monde sur fond de crise sociale. Classe. Par Thomas Bricmont