Pendant presque une décennie, le Mondial-2006 n'a été pour les Allemands qu'un "conte d'été". Merveilleux souvenir d'un mois de fête autour d'une organisation parfaite et d'un tournoi réussi.

Mais en 2015, l'hebdomadaire d'investigation Der Spiegel a jeté un énorme pavé dans la mare, accusant l'Allemagne d'avoir utilisé un fonds secret de 10 millions de Francs suisses (6,7 millions d'euros de l'époque) pour acheter des voix et obtenir l'organisation de ce Mondial, au détriment de l'Afrique du Sud.

Le "Kaiser" Beckenbauer est au coeur de l'affaire en tant que président du comité de candidature puis d'organisation du Mondial-2006. C'est lui qui aurait demandé à l'ancien patron d'Adidas, le défunt Robert Louis-Dreyfus, d'alimenter ce fonds peu avant l'été 2000, période à laquelle s'est faite l'attribution de la Coupe du monde 2006.

En 2016, un rapport d'experts - le cabinet Freshfields - mandaté par la Fédération allemande (DFB) a renforcé le doute en affirmant: "Nous n'avons pas trouvé de preuve d'achat de votes mais nous ne pouvons l'exclure".

Certains délégués de la Fifa, au moment de l'attribution de la Coupe du monde, semblent en effet avoir soudainement et au dernier moment changé leur vote en faveur de l'Allemagne, qui l'avait finalement emporté de justesse 12 voix contre 11 à l'Afrique du Sud.

- Le "Kaiser" poursuivi -

Les justices allemande et suisse se sont saisies de l'affaire et ont lancé leurs propres investigations.

Le "Kaiser" Beckenbauer, la légende du football allemand, est poursuivi depuis 2016 pour gestion déloyale, escroquerie et blanchiment d'argent. Trois autres membres du comité d'organisation étaient poursuivis avant lui dans la même procédure: Theo Zwanziger et Wolfgang Niersbach, tous deux anciens présidents de la Fédération allemande de football (DFB), et Horst-Rudolf Schmidt, ancien secrétaire de la DFB.

Au coeur des investigations, la "cagnotte secrète" de 10 millions de Francs suisses, qui devait servir officiellement à financer une soirée de gala. La justice suisse "soupçonne les prévenus d'avoir su que ce montant ne devait pas servir à financer cette soirée", avait indiqué la justice suisse en lançant son enquête en 2016.

Le rapport du cabinet Freshfields établit que les fonds provenaient bien des comptes de Louis-Dreyfus, et que ces fonds sont arrivés sur le compte d'une société au Qatar, qui "selon des informations de presse est sous l'influence de Mohamed bin Hammam", un ex-membre du comité exécutif de la Fifa banni à vie du football en 2011 pour corruption.

Par ailleurs six autres millions de Francs suisses ont été versés au Qatar, depuis un compte contrôlé par Beckenbauer et l'un de ses conseillers. La somme leur a ensuite été restituée.

Ces virements ont été faits en 2002, soit deux ans après l'attribution du Mondial à l'Allemagne.

Le rapport Freshfields confirmait par ailleurs que la DFB avait remboursé Louis-Dreyfus, via une fausse prestation.

Pendant presque une décennie, le Mondial-2006 n'a été pour les Allemands qu'un "conte d'été". Merveilleux souvenir d'un mois de fête autour d'une organisation parfaite et d'un tournoi réussi.Mais en 2015, l'hebdomadaire d'investigation Der Spiegel a jeté un énorme pavé dans la mare, accusant l'Allemagne d'avoir utilisé un fonds secret de 10 millions de Francs suisses (6,7 millions d'euros de l'époque) pour acheter des voix et obtenir l'organisation de ce Mondial, au détriment de l'Afrique du Sud.Le "Kaiser" Beckenbauer est au coeur de l'affaire en tant que président du comité de candidature puis d'organisation du Mondial-2006. C'est lui qui aurait demandé à l'ancien patron d'Adidas, le défunt Robert Louis-Dreyfus, d'alimenter ce fonds peu avant l'été 2000, période à laquelle s'est faite l'attribution de la Coupe du monde 2006.En 2016, un rapport d'experts - le cabinet Freshfields - mandaté par la Fédération allemande (DFB) a renforcé le doute en affirmant: "Nous n'avons pas trouvé de preuve d'achat de votes mais nous ne pouvons l'exclure".Certains délégués de la Fifa, au moment de l'attribution de la Coupe du monde, semblent en effet avoir soudainement et au dernier moment changé leur vote en faveur de l'Allemagne, qui l'avait finalement emporté de justesse 12 voix contre 11 à l'Afrique du Sud.- Le "Kaiser" poursuivi -Les justices allemande et suisse se sont saisies de l'affaire et ont lancé leurs propres investigations. Le "Kaiser" Beckenbauer, la légende du football allemand, est poursuivi depuis 2016 pour gestion déloyale, escroquerie et blanchiment d'argent. Trois autres membres du comité d'organisation étaient poursuivis avant lui dans la même procédure: Theo Zwanziger et Wolfgang Niersbach, tous deux anciens présidents de la Fédération allemande de football (DFB), et Horst-Rudolf Schmidt, ancien secrétaire de la DFB.Au coeur des investigations, la "cagnotte secrète" de 10 millions de Francs suisses, qui devait servir officiellement à financer une soirée de gala. La justice suisse "soupçonne les prévenus d'avoir su que ce montant ne devait pas servir à financer cette soirée", avait indiqué la justice suisse en lançant son enquête en 2016.Le rapport du cabinet Freshfields établit que les fonds provenaient bien des comptes de Louis-Dreyfus, et que ces fonds sont arrivés sur le compte d'une société au Qatar, qui "selon des informations de presse est sous l'influence de Mohamed bin Hammam", un ex-membre du comité exécutif de la Fifa banni à vie du football en 2011 pour corruption.Par ailleurs six autres millions de Francs suisses ont été versés au Qatar, depuis un compte contrôlé par Beckenbauer et l'un de ses conseillers. La somme leur a ensuite été restituée.Ces virements ont été faits en 2002, soit deux ans après l'attribution du Mondial à l'Allemagne.Le rapport Freshfields confirmait par ailleurs que la DFB avait remboursé Louis-Dreyfus, via une fausse prestation.