On l'attendait depuis un moment déjà, la nouvelle est finalement tombée le 14 mai dernier peu après 17 h. Via un communiqué, le PSG annonçait le nom de son futur entraîneur : Thomas Tuchel. Après Carlo Ancelotti, Laurent Blanc et Unai Emery, l'Allemand devenait le quatrième coach nommé par la direction qatarie depuis son arrivée aux commandes du club de la capitale française, en 2011. Si son nom était avancé avec insistance depuis un bon moment, la concrétisation de cette nomination pouvait néanmoins surprendre. Contrairement à ses prédécesseurs, Tuchel n'a pas un gros palmarès à faire valoir : son C.V. ne mentionne qu'une Coupe d'Allemagne, remportée en 2017 avec le Borussia Dortmund.

J'adore ça, l'organisation. Je suis Allemand " Thomas Tuchel

Mais en embauchant l'Allemand, le club parisien s'offre bien plus qu'un passé triomphant : le natif de Krumbach est avant tout un tacticien, un intellectuel féru de discipline qui s'immisce dans toutes les décisions, sportives ou non.

Control freak

Ce dernier point, les dirigeants parisiens en ont déjà bien pris la mesure. À peine l'encre apposée au bas de son contrat sèche, le technicien allemand s'est mis au travail et a commencé par s'improviser...architecte. Le Camp des Loges, le centre d'entraînement historique du club francilien a subi un lifting : l'espace médical et la zone de préparation physique ont été agrandis, les douches ont été refaites et, à l'étage, l'espace prévu pour les bureaux a été complètement repensé. Un nouveau bâtiment devrait même bientôt sortir de terre, prévu pour accueillir les proches des joueurs. Le coach teuton ne laisse rien au hasard : " J'adore ça l'organisation. Je suis Allemand ", a-t-il soufflé au quotidien Le Parisien.

Autre point essentiel dans la méthode TT : l'hygiène de vie. À Paris, il se murmure qu'il aurait déjà fait le tour des restaurants et des établissements branchés dans lesquels ses joueurs auraient leurs habitudes. Une façon de se mettre le personnel dans la poche et d'être prévenu en cas d'écart de l'une de ses ouailles durant la semaine. Une sorte de Big Brother façon Guy Roux, à l'époque grand copain des employés de péages de l'autoroute reliant Auxerre à la capitale.

Végétarien convaincu, Tuchel porte, tout comme pour le repos, une attention particulière à la diététique. Exit les pâtes après les matches, les sodas, les sucreries et autres fast-foods. Thomas Meunier et ses potes vont apprendre à aimer les légumes. Si la méthode peut en irriter certains, elle a fait des merveilles avec Ilkay Gündogan à Dortmund. D'ailleurs, Dani Alves, blessé depuis un moment, a déjà reçu un régime spécifique à suivre. Reste à voir comment des vedettes comme Neymar accepteront ces nouveaux préceptes.

Thomas 'Clash' Tuchel

Car si le Brésilien affiche parfois des allures de diva, Tuchel est son opposé. Le président parisien Nasser al-Khelaïfi n'en a pas fait mystère : s'il a jeté son dévolu sur l'ex-coach du Borussia Dortmund, c'est en partie parce qu'il présente " une forte personnalité ", " un gros caractère ". Son intransigeance peut parfois virer à l'entêtement et le passé a prouvé qu'il n'hésitait pas à s'opposer à ses dirigeants. Malgré des résultats probants, Dortmund n'a pas souhaité poursuivre sa collaboration avec lui à l'issue de sa seconde saison dans la Ruhr.

Et pour cause, Tuchel, inflexible, désirait être le seul décideur sportif. Il a plusieurs fois fait des reproches à ses dirigeants en terme de transferts et il s'est fritté avec Michael Zorc, le directeur sportif du club de Bundesliga. Pire, lors de son expérience précédente à Mayence, il n'adressait même plus la parole à Harald Strutz, le président de l'époque, lors des derniers temps de son séjour en Rhénanie.

En France, il devra en aller autrement : fair-play financier oblige, le PSG ne pourra délier les cordons de la bourse qu'à condition de vendre et ne sera donc pas en mesure de céder aux caprices de l'Allemand. De plus, sa relation avec le directeur sportif Antero Henrique est déjà mise en cause. Tuchel n'était pas le premier choix du Portugais et même si à l'heure actuelle, ce dernier joue l'union sacrée, il s'est senti mis de côté par la décision prise par al-Khelaïfi et ça l'a agacé. Un temps d'adaptation est sans doute nécessaire entre les deux hommes.

Légende vivante

Si l'arrivée du nouvel entraîneur a fait couler beaucoup d'encre dans la presse, le moins que l'on puisse écrire est qu'elle n'a pas rendu les supporters parisiens extatiques. Lors des premiers pas de Tuchel au Camp des Loges, seule une poignée de fidèles faisait le pied de grue devant l'entrée du centre d'entraînement.

Il en est par contre une autre qui a suscité l'engouement. Officialisée début juillet, la signature de Gianluigi Buffon, pour une saison plus une autre en option, a déclenché l'enthousiasme des fans du PSG. Le pari est pourtant osé : à 40 ans bien sonnés, le portier transalpin ne présente évidemment pas des garanties d'avenir. La Juventus, où il a pourtant acquis un statut de dieu vivant, ne lui a d'ailleurs pas offert de prolongation de contrat, préférant miser sur le Polonais Wojciech Szczesny pour défendre ses filets.

Gianluigi Buffon, la star du mercato parisien., belgaimage
Gianluigi Buffon, la star du mercato parisien. © belgaimage

Il faut dire qu'il y a un an encore le débarquement de l'Italien en terres françaises relevait de la science-fiction. À l'époque, la situation était limpide : Gigi disputerait le Mondial russe puis prendrait sa retraite. Mais sa situation sportive l'a fait changer d'avis : le camouflet subi par l'Italie, conjugué à la terrible élimination de la Juve par le Real Madrid en Champions League, ont pesé lourd dans la balance. Pas question pour le recordman de sélections avec la Squadra Azzurra de prendre congé après de telles déconvenues. Gigi s'est trouvé un objectif commun avec le PSG : décrocher enfin la C1 qui se refuse à lui depuis tant d'années et ce malgré trois finales disputées (2003, 2015 et 2017).

Chaque été, Paris mise sur une grande star. Cette fois, c'est Buffon.

Côté parisien, on poursuit la politique habituelle depuis l'arrivée des Qataris : attirer au moins une grande star chaque saison ( Zlatan Ibrahimovic et Thiago Silva en 2012, Edinson Cavani en 2013, David Luiz en 2014, Angel Di Maria en 2015, Julian Draxler en 2016, Neymar et Kylian Mbappé en 2017). En s'offrant Buffon, le PSG fait une double bonne affaire : non seulement il ne dépense pas un euro en transfert mais en plus il attire une légende de plus au sein de son équipe de Galactiques. Car s'il y a bien un joueur sur la planète foot unanimement reconnu, c'est bien le gardien italien : le champion du monde italien est respecté de tous et peut compter ses détracteurs sur les doigts de ses mains habiles.

Toujours en forme ?

Alors que certains de ses coéquipiers comme Mbappé n'étaient même pas encore né lorsqu'il a fait ses grands débuts en Serie A en novembre 1995, Buffon vient pourtant solutionner un problème récurrent du PSG ère Qatar Sports Investments : le poste de gardien. Que ce soit l'Italien Salvatore Sirigu, l'Allemand Kevin Trapp ou le récent champion du monde français Alphonse Areola, personne n'a jamais réellement convaincu sur la durée entre les perches parisiennes.

Et Buffon ne débarque pas les mains vides : son statut, son expérience, sa rage de vaincre, sa faculté à rassurer une défense et à impressionner ses adversaires l'ont suivi dans ses bagages. Véritable leader fédérateur, il dispose d'une telle aura qu'il ne peut que s'imposer comme le patron du vestiaire parisien. Malgré le poids des années, ses performances demeurent de haut vol : en 34 rencontres disputées durant l'exercice 2017-2018, celui qui compte plus de 1000 matches pro à son compteur n'a encaissé que 28 goals et a signé 18 clean-sheets.

Néanmoins, son arrivée n'est évidemment pas sans incidence : quelles seront les conséquences pour les gardiens actuels, Trapp et Areola ? Du côté de l'Allemand, les choses paraissent claires : il a déclaré être ravi par l'arrivée de Tuchel et il estime que " s'entraîner avec Buffon sera très intéressant ". La situation semble moins évidente du côté d'Areola. Titulaire la saison dernière, le troisième gardien des Bleus en Russie a laissé entrevoir de belles choses sans toutefois convaincre à 100 %.

Pur produit du club, il se tait dans toutes les langues depuis l'arrivée de Buffon. En fin de contrat en juin 2019, il s'imagine certainement mal jouer les doublures de luxe et son agent, Mino Raiola, l'incite à prendre la poudre d'escampette. Tuchel, lui, lui a assuré qu'il n'y aurait pas de passe-droit : le meilleur jouera. Mais se sent-il de taille à concurrencer Gigi ? Un départ de l'enfant de la maison n'est en tout cas pas souhaitable pour Paris, car quoi qu'il advienne cette saison, Buffon n'est pas éternel.

Les réserves de Lama

Si la plupart des observateurs saluent l'arrivée de ce grand champion en Ligue 1, tous ne sont pas du même avis. Interrogé par France Football, l'ancien keeper de l'équipe de France et du Parc des Princes, Bernard Lama sort la sulfateuse : " Il n'est pas adapté à l'équipe du Paris-SG telle qu'elle évolue depuis plusieurs saisons. (...) Son jeu au pied est moyen. (...) À la base, Buffon n'est pas un gardien tonique. À quarante ans passés, ça ne va pas s'arranger. J'ai constaté qu'il avait pas mal décliné sur le plan athlétique depuis quelques temps. Ça ne me rassure pas. (...) Pour l'heure, il bénéficie du crédit lié à sa personnalité et à sa carrière. Moi aussi, je lui accorde ce crédit. Mais je crains que, dès qu'il encaissera un but litigieux, on lui lance au visage son âge. "

Lors de sa présentation, le principal intéressé tenait évidemment un tout autre discours : " J'ai toujours gagné ma place sur le terrain. Quarante ans, pour un gardien, c'est comme 34 ans pour un joueur de champ. Mentalement et physiquement, je suis en grande forme. "

Ne reste plus qu'à le prouver.

Quel visage pour le PSG 2017-18 ?

Toufiqui, Bernede, Rimane, Dagba ou encore Nsoki (liste non exhaustive), le supporter non averti avait de quoi être étonné au vu des compositions présentées par Thomas Tuchel durant l'International Champions Cup à Klagenfurt et Singapour. Les résultats s'en sont d'ailleurs ressentis puisque les Parisiens ont été sèchement battus par le Bayern Munich (3-1) et par Arsenal (5-1) avant de se reprendre face à l'Atlético Madrid (3-2). Et le technicien allemand de plaider pour un report du début des compétitions les années de Coupe du Monde.

TT n'a en effet pas été gâté car lorsque son équipe reprendra le chemin de la Ligue 1 le 12 août face à Caen, il n'aura récupéré ses dernier internationaux ( Thomas Meunier, Alphonse Areola, Presnel Kimpembe et Kylian Mbappé) que six jours plus tôt tandis que les Angel Di Maria, Thiago Silva, Marquinhos et autre Neymar n'étaient revenus que dans le courant de la semaine précédente et qu' Edinson Cavani se soigne toujours suite à une blessure encourue en Russie. Peu d'enseignements à tirer, donc, même s'il semble évident que le 4-3-3, cher à Unai Emery la saison dernière, a fait son temps et devrait être remplacé par un 4-2-3-1 voire un 3-4-2-1, puisqu'on sait le néo-Parisien adepte de la flexibilité tactique.

Si le PSG est paré dans les buts, le secteur défensif n'est clairement pas assez étoffé : suite au départ de Berchiche (Athletic Bilbao) et à la blessure de Dani Alves, Meunier et Layvin Kurzawa, qu'on dit également susceptible de s'en aller, sont les seules possibilités sur les flancs. Dans l'axe, Tuchel dispose d'un trio de très haut niveau avec Silva, Marquinhos et Kimpembe mais derrière c'est le désert : Lassana Diarra a même été contraint d'évoluer à cette position. Du renfort doit encore arriver (Jérôme Boateng ?) mais à quel prix ? Car le dossier PSG figure toujours à l'agenda de l'Instance de contrôle financier des clubs (ICFC) et les Parisiens ne peuvent se permettre des folies.

L'entrejeu gagnerait également à être renforcé : Thiago Motta a pris sa retraite et la cas Adrien Rabiot, en fin de contrat dans un an, n'est toujours pas réglé. Le nom de N'Golo Kanté est fréquemment cité, pour le plus grand bonheur de Mbappé qui l'a chaudement recommandé à son président, mais Chelsea ne compte pas le lâcher pour rien. Finalement, seul le secteur offensif rassure. Tuchel s'est entretenu avec Neymar et le Brésilien aurait été séduit par le discours de l'Allemand, tout comme Mbappé qui n'envisage pas un départ. Quant à Cavani, lié avec insistance au Real Madrid, le Teuton s'est montré clair : il n'est pas question de le laisser partir.

On l'attendait depuis un moment déjà, la nouvelle est finalement tombée le 14 mai dernier peu après 17 h. Via un communiqué, le PSG annonçait le nom de son futur entraîneur : Thomas Tuchel. Après Carlo Ancelotti, Laurent Blanc et Unai Emery, l'Allemand devenait le quatrième coach nommé par la direction qatarie depuis son arrivée aux commandes du club de la capitale française, en 2011. Si son nom était avancé avec insistance depuis un bon moment, la concrétisation de cette nomination pouvait néanmoins surprendre. Contrairement à ses prédécesseurs, Tuchel n'a pas un gros palmarès à faire valoir : son C.V. ne mentionne qu'une Coupe d'Allemagne, remportée en 2017 avec le Borussia Dortmund. Mais en embauchant l'Allemand, le club parisien s'offre bien plus qu'un passé triomphant : le natif de Krumbach est avant tout un tacticien, un intellectuel féru de discipline qui s'immisce dans toutes les décisions, sportives ou non. Ce dernier point, les dirigeants parisiens en ont déjà bien pris la mesure. À peine l'encre apposée au bas de son contrat sèche, le technicien allemand s'est mis au travail et a commencé par s'improviser...architecte. Le Camp des Loges, le centre d'entraînement historique du club francilien a subi un lifting : l'espace médical et la zone de préparation physique ont été agrandis, les douches ont été refaites et, à l'étage, l'espace prévu pour les bureaux a été complètement repensé. Un nouveau bâtiment devrait même bientôt sortir de terre, prévu pour accueillir les proches des joueurs. Le coach teuton ne laisse rien au hasard : " J'adore ça l'organisation. Je suis Allemand ", a-t-il soufflé au quotidien Le Parisien. Autre point essentiel dans la méthode TT : l'hygiène de vie. À Paris, il se murmure qu'il aurait déjà fait le tour des restaurants et des établissements branchés dans lesquels ses joueurs auraient leurs habitudes. Une façon de se mettre le personnel dans la poche et d'être prévenu en cas d'écart de l'une de ses ouailles durant la semaine. Une sorte de Big Brother façon Guy Roux, à l'époque grand copain des employés de péages de l'autoroute reliant Auxerre à la capitale. Végétarien convaincu, Tuchel porte, tout comme pour le repos, une attention particulière à la diététique. Exit les pâtes après les matches, les sodas, les sucreries et autres fast-foods. Thomas Meunier et ses potes vont apprendre à aimer les légumes. Si la méthode peut en irriter certains, elle a fait des merveilles avec Ilkay Gündogan à Dortmund. D'ailleurs, Dani Alves, blessé depuis un moment, a déjà reçu un régime spécifique à suivre. Reste à voir comment des vedettes comme Neymar accepteront ces nouveaux préceptes. Car si le Brésilien affiche parfois des allures de diva, Tuchel est son opposé. Le président parisien Nasser al-Khelaïfi n'en a pas fait mystère : s'il a jeté son dévolu sur l'ex-coach du Borussia Dortmund, c'est en partie parce qu'il présente " une forte personnalité ", " un gros caractère ". Son intransigeance peut parfois virer à l'entêtement et le passé a prouvé qu'il n'hésitait pas à s'opposer à ses dirigeants. Malgré des résultats probants, Dortmund n'a pas souhaité poursuivre sa collaboration avec lui à l'issue de sa seconde saison dans la Ruhr. Et pour cause, Tuchel, inflexible, désirait être le seul décideur sportif. Il a plusieurs fois fait des reproches à ses dirigeants en terme de transferts et il s'est fritté avec Michael Zorc, le directeur sportif du club de Bundesliga. Pire, lors de son expérience précédente à Mayence, il n'adressait même plus la parole à Harald Strutz, le président de l'époque, lors des derniers temps de son séjour en Rhénanie. En France, il devra en aller autrement : fair-play financier oblige, le PSG ne pourra délier les cordons de la bourse qu'à condition de vendre et ne sera donc pas en mesure de céder aux caprices de l'Allemand. De plus, sa relation avec le directeur sportif Antero Henrique est déjà mise en cause. Tuchel n'était pas le premier choix du Portugais et même si à l'heure actuelle, ce dernier joue l'union sacrée, il s'est senti mis de côté par la décision prise par al-Khelaïfi et ça l'a agacé. Un temps d'adaptation est sans doute nécessaire entre les deux hommes. Si l'arrivée du nouvel entraîneur a fait couler beaucoup d'encre dans la presse, le moins que l'on puisse écrire est qu'elle n'a pas rendu les supporters parisiens extatiques. Lors des premiers pas de Tuchel au Camp des Loges, seule une poignée de fidèles faisait le pied de grue devant l'entrée du centre d'entraînement. Il en est par contre une autre qui a suscité l'engouement. Officialisée début juillet, la signature de Gianluigi Buffon, pour une saison plus une autre en option, a déclenché l'enthousiasme des fans du PSG. Le pari est pourtant osé : à 40 ans bien sonnés, le portier transalpin ne présente évidemment pas des garanties d'avenir. La Juventus, où il a pourtant acquis un statut de dieu vivant, ne lui a d'ailleurs pas offert de prolongation de contrat, préférant miser sur le Polonais Wojciech Szczesny pour défendre ses filets. Il faut dire qu'il y a un an encore le débarquement de l'Italien en terres françaises relevait de la science-fiction. À l'époque, la situation était limpide : Gigi disputerait le Mondial russe puis prendrait sa retraite. Mais sa situation sportive l'a fait changer d'avis : le camouflet subi par l'Italie, conjugué à la terrible élimination de la Juve par le Real Madrid en Champions League, ont pesé lourd dans la balance. Pas question pour le recordman de sélections avec la Squadra Azzurra de prendre congé après de telles déconvenues. Gigi s'est trouvé un objectif commun avec le PSG : décrocher enfin la C1 qui se refuse à lui depuis tant d'années et ce malgré trois finales disputées (2003, 2015 et 2017). Côté parisien, on poursuit la politique habituelle depuis l'arrivée des Qataris : attirer au moins une grande star chaque saison ( Zlatan Ibrahimovic et Thiago Silva en 2012, Edinson Cavani en 2013, David Luiz en 2014, Angel Di Maria en 2015, Julian Draxler en 2016, Neymar et Kylian Mbappé en 2017). En s'offrant Buffon, le PSG fait une double bonne affaire : non seulement il ne dépense pas un euro en transfert mais en plus il attire une légende de plus au sein de son équipe de Galactiques. Car s'il y a bien un joueur sur la planète foot unanimement reconnu, c'est bien le gardien italien : le champion du monde italien est respecté de tous et peut compter ses détracteurs sur les doigts de ses mains habiles. Alors que certains de ses coéquipiers comme Mbappé n'étaient même pas encore né lorsqu'il a fait ses grands débuts en Serie A en novembre 1995, Buffon vient pourtant solutionner un problème récurrent du PSG ère Qatar Sports Investments : le poste de gardien. Que ce soit l'Italien Salvatore Sirigu, l'Allemand Kevin Trapp ou le récent champion du monde français Alphonse Areola, personne n'a jamais réellement convaincu sur la durée entre les perches parisiennes. Et Buffon ne débarque pas les mains vides : son statut, son expérience, sa rage de vaincre, sa faculté à rassurer une défense et à impressionner ses adversaires l'ont suivi dans ses bagages. Véritable leader fédérateur, il dispose d'une telle aura qu'il ne peut que s'imposer comme le patron du vestiaire parisien. Malgré le poids des années, ses performances demeurent de haut vol : en 34 rencontres disputées durant l'exercice 2017-2018, celui qui compte plus de 1000 matches pro à son compteur n'a encaissé que 28 goals et a signé 18 clean-sheets. Néanmoins, son arrivée n'est évidemment pas sans incidence : quelles seront les conséquences pour les gardiens actuels, Trapp et Areola ? Du côté de l'Allemand, les choses paraissent claires : il a déclaré être ravi par l'arrivée de Tuchel et il estime que " s'entraîner avec Buffon sera très intéressant ". La situation semble moins évidente du côté d'Areola. Titulaire la saison dernière, le troisième gardien des Bleus en Russie a laissé entrevoir de belles choses sans toutefois convaincre à 100 %. Pur produit du club, il se tait dans toutes les langues depuis l'arrivée de Buffon. En fin de contrat en juin 2019, il s'imagine certainement mal jouer les doublures de luxe et son agent, Mino Raiola, l'incite à prendre la poudre d'escampette. Tuchel, lui, lui a assuré qu'il n'y aurait pas de passe-droit : le meilleur jouera. Mais se sent-il de taille à concurrencer Gigi ? Un départ de l'enfant de la maison n'est en tout cas pas souhaitable pour Paris, car quoi qu'il advienne cette saison, Buffon n'est pas éternel. Si la plupart des observateurs saluent l'arrivée de ce grand champion en Ligue 1, tous ne sont pas du même avis. Interrogé par France Football, l'ancien keeper de l'équipe de France et du Parc des Princes, Bernard Lama sort la sulfateuse : " Il n'est pas adapté à l'équipe du Paris-SG telle qu'elle évolue depuis plusieurs saisons. (...) Son jeu au pied est moyen. (...) À la base, Buffon n'est pas un gardien tonique. À quarante ans passés, ça ne va pas s'arranger. J'ai constaté qu'il avait pas mal décliné sur le plan athlétique depuis quelques temps. Ça ne me rassure pas. (...) Pour l'heure, il bénéficie du crédit lié à sa personnalité et à sa carrière. Moi aussi, je lui accorde ce crédit. Mais je crains que, dès qu'il encaissera un but litigieux, on lui lance au visage son âge. " Lors de sa présentation, le principal intéressé tenait évidemment un tout autre discours : " J'ai toujours gagné ma place sur le terrain. Quarante ans, pour un gardien, c'est comme 34 ans pour un joueur de champ. Mentalement et physiquement, je suis en grande forme. " Ne reste plus qu'à le prouver.