Ce championnat d'Europe a tout d'un conte de fées pour Thomas Meunier. Titularisé une première fois lors du match face à l'Irlande, le Luxo a enchaîné trois succès de rang et autant de prestations individuelles concluantes. L'Equipe l'a même élu dans son onze-type du premier tour de l'Euro. Mais il en faut bien plus pour lui faire perdre la tête. A la sortie du match face à la Hongrie, nous retrouvons un Thomas Meunier heureux mais toujours très lucide.

" En défense, on a connu quelques difficultés au niveau des automatismes, ce qui explique pourquoi la Hongrie a été dangereuse par moments. Ça m'a un peu surpris, vu qu'on joue tous dans des grands clubs. Et il y avait aussi un peu de nonchalance dans notre jeu. A un moment donné du match, tout le monde voulait mettre le nez à la fenêtre mais si on joue comme ça face à une équipe comme l'Espagne, ça risque d'être beaucoup plus compliqué.

On doit donc régler certaines choses si on veut être prêt à jouer le top européen. Face aux Gallois, la donne sera déjà différente. C'est une équipe compacte qui dispose aussi de joueurs-clefs. L'avantage, c'est que cette fois, on va avoir du temps pour préparer cette rencontre et réfléchir tactiquement. "

Thomas Meunier s'est également confié à propos de...

... la difficulté à bousculer une équipe qui joue regroupée :

MEUNIER : On peut varier notre jeu et faire en sorte de jouer beaucoup plus vite, ça c'est certain. Mais le problème c'est qu'on n'a pas su instaurer ça dans l'équipe car les adversaires ne faisaient pas toujours le poids en qualification. On s'amusait un peu trop sur le terrain. Quand Hazard avait la balle, il en dribblait 5, c'était facile pour lui, et donc tu gardes un peu ce réflexe-là, comme quand il joue face à Sunderland ou à Aston Villa. Mais désormais, on joue contre des équipes d'un autre calibre...

... le manque d'un joueur type Roy Keane :

MEUNIER : C'est un peu la même chose qu'à Bruges où Michel Preud'homme nous a souvent reprochés d'être une équipe trop brave. Ici, on forme vraiment une équipe de copains et même si certains ont plus de caractère que d'autres, il manque un chien, un Roy Keane qui pourrait déclencher une bagarre, quelqu'un qui ne lâche rien sur le terrain. Radja ou Marouane, ce sont des joueurs qui sont agressifs au ballon car ils ont envie de remporter le duel mais pour moi, le top, ça reste Roy Keane. Même John O'Shea, au duel avec lui, c'était près du corps, coup de genou, il n'hésitait pas et d'après moi on manque un peu de vice. C'est pas très positif dans l'esprit mais une équipe a besoin de joueurs comme ça. On pourrait être plus vilain, le jeu léché c'est pour Barcelone. Ce que j'aime moi c'est la variété, c'est un mélange de joueurs techniques et d'autres plus athlétiques. Il faut aussi être capable de varier dans l'agressivité, grâce à une composante de joueurs calmes et d'autres capables d'exciter les autres.

... la différence entre Marc Wilmots et Michel Preud'homme :

MEUNIER : (il soupire) C'est très difficile de différencier le travail en club et celui en équipe nationale. Si Preud'homme veut faire quatre séances d'analyse par jour, il peut le faire, c'est pas un problème. Ici tu dois faire avec le temps à disposition, sauf que t'as pas le temps. Je crois que le coach veut surtout nous donner beaucoup de responsabilités. Quand tu joues à Tottenham, à Chelsea ou à Barcelone, tactiquement, en général, t'as pas besoin de beaucoup de consignes, tu sais ce que tu as à faire, il faut juste savoir le mettre en pratique sur le terrain, créer des automatismes avec des joueurs avec lesquels tu n'as pas l'habitude de jouer. Mais je ne crois pas que c'est la tactique le problème, c'est être concerné à 100 % collectivement qui importe.

Par Thomas Bricmont et Peter T'Kint

Retrouvez l'intégralité de l'interview de Thomas Meunier dans votre Sport/Foot Magazine

Ce championnat d'Europe a tout d'un conte de fées pour Thomas Meunier. Titularisé une première fois lors du match face à l'Irlande, le Luxo a enchaîné trois succès de rang et autant de prestations individuelles concluantes. L'Equipe l'a même élu dans son onze-type du premier tour de l'Euro. Mais il en faut bien plus pour lui faire perdre la tête. A la sortie du match face à la Hongrie, nous retrouvons un Thomas Meunier heureux mais toujours très lucide. " En défense, on a connu quelques difficultés au niveau des automatismes, ce qui explique pourquoi la Hongrie a été dangereuse par moments. Ça m'a un peu surpris, vu qu'on joue tous dans des grands clubs. Et il y avait aussi un peu de nonchalance dans notre jeu. A un moment donné du match, tout le monde voulait mettre le nez à la fenêtre mais si on joue comme ça face à une équipe comme l'Espagne, ça risque d'être beaucoup plus compliqué. On doit donc régler certaines choses si on veut être prêt à jouer le top européen. Face aux Gallois, la donne sera déjà différente. C'est une équipe compacte qui dispose aussi de joueurs-clefs. L'avantage, c'est que cette fois, on va avoir du temps pour préparer cette rencontre et réfléchir tactiquement. "Thomas Meunier s'est également confié à propos de...... la difficulté à bousculer une équipe qui joue regroupée : MEUNIER : On peut varier notre jeu et faire en sorte de jouer beaucoup plus vite, ça c'est certain. Mais le problème c'est qu'on n'a pas su instaurer ça dans l'équipe car les adversaires ne faisaient pas toujours le poids en qualification. On s'amusait un peu trop sur le terrain. Quand Hazard avait la balle, il en dribblait 5, c'était facile pour lui, et donc tu gardes un peu ce réflexe-là, comme quand il joue face à Sunderland ou à Aston Villa. Mais désormais, on joue contre des équipes d'un autre calibre... ... le manque d'un joueur type Roy Keane : MEUNIER : C'est un peu la même chose qu'à Bruges où Michel Preud'homme nous a souvent reprochés d'être une équipe trop brave. Ici, on forme vraiment une équipe de copains et même si certains ont plus de caractère que d'autres, il manque un chien, un Roy Keane qui pourrait déclencher une bagarre, quelqu'un qui ne lâche rien sur le terrain. Radja ou Marouane, ce sont des joueurs qui sont agressifs au ballon car ils ont envie de remporter le duel mais pour moi, le top, ça reste Roy Keane. Même John O'Shea, au duel avec lui, c'était près du corps, coup de genou, il n'hésitait pas et d'après moi on manque un peu de vice. C'est pas très positif dans l'esprit mais une équipe a besoin de joueurs comme ça. On pourrait être plus vilain, le jeu léché c'est pour Barcelone. Ce que j'aime moi c'est la variété, c'est un mélange de joueurs techniques et d'autres plus athlétiques. Il faut aussi être capable de varier dans l'agressivité, grâce à une composante de joueurs calmes et d'autres capables d'exciter les autres. ... la différence entre Marc Wilmots et Michel Preud'homme :MEUNIER : (il soupire) C'est très difficile de différencier le travail en club et celui en équipe nationale. Si Preud'homme veut faire quatre séances d'analyse par jour, il peut le faire, c'est pas un problème. Ici tu dois faire avec le temps à disposition, sauf que t'as pas le temps. Je crois que le coach veut surtout nous donner beaucoup de responsabilités. Quand tu joues à Tottenham, à Chelsea ou à Barcelone, tactiquement, en général, t'as pas besoin de beaucoup de consignes, tu sais ce que tu as à faire, il faut juste savoir le mettre en pratique sur le terrain, créer des automatismes avec des joueurs avec lesquels tu n'as pas l'habitude de jouer. Mais je ne crois pas que c'est la tactique le problème, c'est être concerné à 100 % collectivement qui importe. Par Thomas Bricmont et Peter T'KintRetrouvez l'intégralité de l'interview de Thomas Meunier dans votre Sport/Foot Magazine