Didier Deschamps le précisait en conférence de presse avant le dernier rassemblement des Bleus à Clairefontaine : "Quand on est un fils de, forcément, cela revient en boucle. Tout le monde se rappelle la carrière de son papa. Maintenant le plus important, c'est sa vie, sa carrière. Être fils de n'est pas un critère de sélection. Si Marcus est là, c'est que je considère qu'il le mérite."
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Didier Deschamps le précisait en conférence de presse avant le dernier rassemblement des Bleus à Clairefontaine : "Quand on est un fils de, forcément, cela revient en boucle. Tout le monde se rappelle la carrière de son papa. Maintenant le plus important, c'est sa vie, sa carrière. Être fils de n'est pas un critère de sélection. Si Marcus est là, c'est que je considère qu'il le mérite." En effet, le petit nouveau en sélection est en grande forme en Allemagne et mérite sa place dans la liste du sélectionneur des Bleus. Difficile cependant de ne pas parler de son père, Lilian Thuram, qui est le détenteur du record de sélections en équipe de France (142) et le héros de la demi-finale de la Coupe du monde 1998, durant laquelle il avait inscrit ses deux seuls buts en sélection contre la Croatie (victoire 2-1). Le buteur semble cependant gérer cette pression et ne tirer que du positif de cet héritage. Le champion du monde 1998 joue un rôle important dans la carrière de son fils, dont il est devenu conseiller et agent. Il a toujours cherché pour son héritier des clubs où il pourrait s'épanouir et surtout avoir du temps de jeu, refusant ainsi les offres de clubs plus prestigieux qui ne lui promettaient pas une place de titulaire. C'est pour cela que Marcus a débuté à Sochaux et Guingamp avant de s'envoler pour le Borussia Mönchengladbach. Son père l'a poussé à aller découvrir la Bundesliga en 2019, alors que l'Olympique de Marseille lui offrait un contrat plus lucratif. L'ancien de la Juventus pensait que l'Allemagne serait un meilleur tremplin vers le top niveau européen, et il avait vu juste. Lors du dernier rassemblement international de l'année, le jeune attaquant a disputé ses premières rencontres sous le maillot de l'équipe de France. Les prestations de l'avant de 23 ans n'ont laissé personne indifférent. Il a été l'un des seuls motifs de satisfaction lors de la défaite des champions du monde face à la Finlande, et a fait forte impression lors de sa titularisation contre la Suède. Il a délivré une passe décisive à Olivier Giroud et a été à la base de l'action qui a amené le but de Benjamin Pavard (victoire 4-2). Son entrée au jeu face aux champions d'Europe portugais quelque jours plus tard a également fait souffrir la défense de la Seleção. Il est certes moins rapide que Kylian Mbappé ou Kingsley Coman, mais il apporte de la puissance physique et un bon jeu de tête à l'avant-garde tricolore. Le sélectionneur des Bleus semblait conquis en conférence de presse : "Ce n'est jamais évident quand on vient pour la première fois. Lui est imperméable. Il n'y a pas de côté émotionnel, il aime ça. Plus le haut niveau est haut, plus il aime. Il a eu du temps de jeu. Il a fait voir ce qu'il est capable de faire avec le ballon, dans sa capacité à percuter. Sur un des buts, il fait un enchaînement de dribbles, que lui peut faire et peut-être pas les autres. C'est bien de faire ce qu'il a fait avec le groupe pour un premier rassemblement. Il y a beaucoup de concurrence, il faut toujours en tirer profit. Et Marcus a fait de bonnes choses avec nous."Le 27 octobre dernier, le numéro 10 de Mönchengladbach s'est montré décisif sur la scène européenne en claquant un doublé face au Real Madrid. Des buts qui auraient pu offrir la victoire aux Allemands si les Madrilènes n'étaient pas revenus au score dans les arrêts de jeu (score final 2-2). Selon Bild, l'attaquant de 23 ans aurait tapé dans l'oeil dans l'ancien coéquipier de son père en sélection, Zinédine Zidane, qui le verrait comme un potentiel successeur à Karim Benzema. Le quotidien allemand avance que d'autres grosses écuries européennes, telles que le FC Barcelone, la Juventus, Manchester City et le Milan AC seraient également intéressés par la pépite tricolore. Un scène cocasse s'est produite il y a quelques semaines, alors que Thuram voulait entrer dans le Stade de San Siro pour aller y affronter l'Inter en Champions League. Un steward lui a tout simplement refusé l'accès lui demandant de prouver son identité. C'est alors que le joueur a recherché son propre nom sur Google et montré sa photo. La scène amusante a été publiée sur les réseaux sociaux du club allemand. Le buteur de 23 ans soutient également la cause Black Lives Matter et fut le premier footballeur à poser son genou à terre après avoir marqué un but en championnat pour rendre hommage à Georges Floyd. Il a confié plus tard à l'AFP : "Il faut se battre et je suis très fier de ce que mon père fait pour faire évoluer les choses." Lilian Thuram est en effet le créateur d'une fondation à son nom dont le but principal est de lutter contre le racisme. Son petit frère, Khéphren Thuram, aujourd'hui âgé de 19 ans, est passé par les écoles de jeunes du FC Barcelone et de Monaco et est aujourd'hui titulaire à l'OGC Nice sous les ordres de Patrick Vieira, un autre joueur présent lors du sacre de 1998. Il a déjà disputé sept rencontres pour les Aiglons cette saison et pourrait, comme son frère, bientôt s'imposer au plus haut niveau. Reste à voir si Thuram et les siens pourront se défaire des Ukrainiens ce soir, et ainsi devenir les favoris à la qualification dans un groupe composé du Real Madrid de Thibaut Courtois et Eden Hazard, et de l'Inter de Romelu Lukaku. Leandro Thibaut (st.)