Marcelo Bielsa n'a pas gagné grand-chose au poste d'entraîneur en dehors de l'Argentine. Sous sa direction, l'Athletic Bilbao a trébuché deux fois en finale de la coupe d'Espagne et d'Europe, mais sa tactique et ses méthodes d'entraînement suscitent d'admiration générale. Emilio Ferrera en est fou, Guardiola, Pochettino et Simeone s'inspirent de lui. Il remet le couvert en Angleterre, à Leeds.

La saison dernière, quand la direction du club a compris qu'elle ne remonterait pas en Premier League, elle a mis le cap sur Buenos Aires. Elle voulait voir si Bielsa en savait suffisamment sur la D2 anglaise. L'Argentin avait bien fait ses devoirs.

Il connaissait toutes les variantes employées par chaque club adverse et avait même calculé les chances de victoire contre chacun. Pour obtenir un permis de travail, il a dû comparaître devant une commission. Bielsa s'en est tiré en maître.

Sa recette : le labeur. Bielsa a demandé combien de temps un supporter devait travailler, en moyenne, pour pouvoir acheter un billet. Trois heures? Pendant la préparation, Bielsea a obligé son noyau à nettoyer pendant trois heures les environs du complexe d'entraînement, pour faire prendre conscience aux joueurs des sacrifices consentis par les supporters.

Les séances commençaient à 9h et pouvaient durer jusqu'à 19 ou 20h, avec des temps de repos. Il a séparé les jeunes du noyau A pour pouvoir faire travailler dur les professionnels. Il a appliqué son schéma tactique habituel, avec trois défenseurs et un pressing élevé. Ceux qui n'avaient pas le niveau ont été invités à s'en aller.

Reste à voir si Leeds tiendra. Il y a déjà quelques blessures. Mais Leeds est à nouveau en tête, il n'a pas raté son départ et marque même à la chaîne.

Par Peter T'Kint