Avec trois buts en cinq titularisations en Serie A, dont un dans le derby de Milan, qui vaut forcément un peu plus cher que les autres, le Belge a globalement réussi ses premiers pas dans le calcio.

"Lukaku est entré dans le monde Inter de la meilleure des façons, avec une grande humilité. C'est un bon géant, un géant avec le sourire", avait résumé Conte après le premier match de la saison, remporté 4-0 contre Lecce, avec un but de Lukaku.

Son deuxième but a été moins joyeux, inscrit à Cagliari sous les cris de singe des supporters locaux, qu'il a foudroyés du regard avant d'écrire le lendemain un appel à l'union à destination des footballeurs.

"Nous sommes en 2019 et au lieu d'avancer, nous reculons. Et je pense qu'en tant que joueurs, nous devons nous unir et prendre position face à ce problème afin de garder ce sport propre et agréable pour tous", a écrit le Belge, confirmant qu'il pouvait être une voix qui porte au moment où le football italien peine à se défaire du racisme.

Interviewé mardi par la Gazzetta dello Sport, Samuel Eto'o, lui aussi passé par l'Inter, a confirmé le diagnostic.

"On a joué ensemble à Everton. Il était déjà grand et costaud même s'il est comme un bébé. Mais il est très intelligent et sur la question du racisme, il a dit des choses importantes", a estimé le Camerounais.

"Certains joueurs pensent être des stars et d'autres se sentent comme des gens normaux. Lui, il est de la deuxième catégorie. Et vous verrez combien de buts il va mettre", a ajouté Eto'o.

Rapport très fort

L'Inter a fait le même pari en investissant autour de 80 millions d'euros pour le transfert de l'ancien joueur de Manchester United, qui pourrait reformer pour la première fois mercredi au Camp Nou la paire qu'il composait sous le maillot des Red Devils avec Alexis Sanchez.

"S'il est bien guidé, c'est un joueur qui peut devenir très important", assure Conte, dont le Belge était la priorité absolue et qui a poussé l'Inter à surmonter la concurrence de la Juventus et à accepter un transfert hors norme pour la Serie A.

A Barcelone, où il n'avait pas été titularisé lors du quart de finale retour la saison dernière, ce qui, selon la Gazzetta, aurait alimenté ses envies d'ailleurs, Lukaku aura un rôle essentiel.

Il devra tenir le ballon pour faire remonter le bloc milanais et éviter l'asphyxie. Mais il aura aussi des espaces, là où il excelle, pour faire parler sa vitesse et sa puissance et marquer, afin de ramener un résultat, un impératif après le décevant match nul 1-1 de la première journée contre le Slavia Prague.

Ensuite, Lukaku poursuivra son acclimatation à la Serie A, facilitée par son excellente maîtrise de l'italien, travaillé avec son frère Jordan, qui joue à la Lazio Rome depuis 2016. Et le prochain rendez-vous sera lui aussi d'immense importance, dimanche à domicile contre la Juventus.

Malgré l'incident de Cagliari, malgré une dispute apparemment vite oubliée avec son équipier Brozovic, malgré les articles sur un supposé surpoids ou, plus fantaisiste encore, sur sa soi-disant lenteur, Lukaku, lui, ne regrette pas d'avoir choisi l'Italie et, surtout, Conte.

"Entre lui et moi, il y a un rapport très fort. Je suis heureux. A 26 ans, j'avais besoin d'un entraîneur comme lui."