Une semaine après le clinquant succès 5-1 au Camp Nou contre Valladolid, la déroute de Barcelone à Levante a rouvert les plaies de ses défaites à Liverpool (le 7 mai) et à l'AS Rome (avril 2018). Les Catalans n'auraient-ils rien retenu de ces leçons ?

Samedi, le bien esseulé Lionel Messi a ouvert le score sur penalty (38e)... Puis le déluge s'est abattu: les Valenciens ont enfilé trois buts en six minutes (61, 63 et 68e) à un onze barcelonais incapable de faire corps sous la pression, une faiblesse régulière ces derniers temps.

Le Barça a beau être une des formations les plus redoutables d'Europe quand il joue en confiance, il devient hésitant et fragile quand il est acculé.

Comme lorsqu'il avait gaspillé une avance de trois buts en demi-finale de Ligue des champions en mai à Liverpool (3-0, 0-4), ou en quart de finale de la même compétition à l'AS Roma (4-1, 0-3), en avril 2018.

"On souffre"

Et c'est d'autant plus vrai hors du Camp Nou, où son bilan n'a rien de glorieux depuis l'arrivée d'Ernesto Valverde sur le banc, en mai 2017 (25 victoires en 44 matches en Liga, et 5 sur 13 en Ligue des champions).

Lors de ses 11 premiers matches de Liga cette saison, le Barça a déjà abandonné 10 points en chemin, avec notamment trois défaites à l'extérieur à Bilbao (1-0), Grenade (2-0) et donc Levante, samedi (3-1). Une première depuis 2002-2003.

"On a quelques difficultés à l'extérieur... A domicile, on tient bien nos matches, mais à l'extérieur, les équipes nous jouent à fond, donc oui, on souffre", constatait tristement le technicien du Barça au soir de la défaite à Levante, samedi.

"Prendre trois buts en sept minutes, ça nous a fait très mal. On n'a pas su se relever après ça", relevait Valverde.

Encore une mauvaise manie qui a refait surface à Levante: depuis le début de la saison dernière, les Blaugranas, souvent critiqués pour le manque de leadership de leurs cadres (Messi, Piqué, Suarez...), ont déjà encaissé deux buts en moins de 15 minutes à... onze reprises.

"Je suis plus inquiet de ce qui s'est passé avant l'égalisation que de ce qui s'est passé ensuite", ajoutait Valverde, en référence à la léthargie de son équipe en première période.

"On a su répondre"

Alors que son calendrier tend à se corser, avec le clasico reprogrammé le 18 décembre, et les affiches contre Dortmund (le 27 novembre) et à l'Inter Milan (le 10 décembre), une victoire est nécessaire contre la formation la plus faible du groupe F de C1 mardi au Camp Nou, pour transformer le naufrage de Levante en simple faux-pas.

Pour autant, le camp catalan, qui serait tout proche d'une qualification pour les huitièmes en cas de victoire, ne s'affole pas. "On a perdu un match, c'est tout", tempère Valverde. "On doit l'analyser, voir ce qui n'a pas fonctionné. Les critiques sont toujours très fortes quand on perd. On a su répondre à chaque fois, et ça ne va pas changer".

"Un manque de concentration", pointait déjà Antoine Griezmann samedi. "Mais on doit faire en sorte que cela ne se reproduise plus".

"On doit trouver une réponse", appelait encore Valverde. Car dès mardi, le Slavia Prague, qui avait tenu la dragée haute aux Barcelonais à l'aller malgré la défaite (2-1), voudra se saisir de l'opportunité de remuer le couteau dans les plaies de ce colosse aux pieds d'argile.