La scène pourrait sortir tout droit de Cendrillon, avec des crampons dessinés soigneusement à la place des souliers de verre. Ici aussi, il est question de bal et de prétendants. L'objet de toutes les convoitises n'est pas un prince à marier, mais un trophée aux oreilles aussi grandes que l'estomac de ceux qui rêvent de le croquer. En haut des marches, les prétendants défilent, parés des joyaux les plus brillants. Tous rêvent de taper dans l'oeil de cette Coupe qui, en une étreinte, peut les emmener sur le trône.

Longtemps, les honneurs ont été réservés à un triumvirat peu enclin au partage. Entre 2013 et 2018, seuls le Bayern d' Arjen Robben et Frank Ribéry, le Real Madrid de Cristiano Ronaldo et le Barça de Lionel Messi ont décroché les lauriers du grand bal de fin d'année. Il fallait même remonter à 2008 pour retrouver la trace d'une finale sans la présence de l'un des trois ténors. La marge était telle que la marche était trop haute. Ni l'Atlético musclé de Diego Simeone, ni la Vieille Dame cynique de Massimiliano Allegri n'ont pu s'engouffrer dans la brèche, devant se contenter d'effleurer le rêve du bout des doigts. Pas plus que les milliards écoulés par Manchester City ou le PSG. L'argent ne suffit pas pour s'acheter les faveurs de la Coupe, même si Cendrillon n'aurait eu que peu de chances sans le dopage vestimentaire hors de prix de sa marraine de fée.

D'Espagne en Allemagne, on tente de se persuader que l'apothéose anglaise de juin n'était qu'un accident.

Elle se moque même de cet audacieux Pep Guardiola, qui l'a conquise deux fois il y a près d'une décennie. Que valent ses 198 points accumulés en deux saisons anglaises s'il n'est pas capable d'arriver jusqu'au dernier carré continental ?

Toby Alderweireld et Divock Origi lors de la dernière finale du bal des champions., BELGAIMAGE
Toby Alderweireld et Divock Origi lors de la dernière finale du bal des champions. © BELGAIMAGE

Toujours cité comme favori dans les derniers kilomètres de l'hiver, son Manchester City a vu d'autres Anglais délocaliser le centre de l'Europe de l'autre côté de la Manche. À coups d'énergie, dans un football où les sprints semblent avoir repris le pouvoir sur les passes, le Liverpool hyperactif de Jürgen Klopp et le Tottenham hybride de Mauricio Pochettino se sont disputé les faveurs de la Coupe lors de la dernière danse du bal. Spectateurs maussades, les ténors déchus préparaient déjà leur revanche, pour transformer cette ambiance de fin de cycle en un accident de parcours.

Seul l'avenir pourra affirmer que le règne du triumvirat a pris fin au printemps dernier, quand Anfield et Divock Origi ont terrassé le Barça. D'Espagne en Allemagne, on fait tout pour se persuader du contraire. En Bavière, on a dépensé plus que jamais, brisant même le plafond de verre du transfert le plus cher de l'histoire du club pour un défenseur central. En Castille et en Catalogne, les arrivées d' Eden Hazard et d' Antoine Griezmann ont renversé les habitudes estivales : pour la première fois depuis de nombreuses années, les Anglais n'ont pas trusté les sommets des achats de l'été. Personne n'a dépensé plus d'argent que le Real, le Barça et l'Atlético entre juin et août.

Pendant que l'Espagne se pare des plus beaux tissus, les gros portefeuilles britanniques ont conservé les meilleurs tailleurs. Le tournant de l'histoire anglaise, passée d'un défilé de millionnaires ridiculisés par des clubs de second rang à un duel pour les sommets européens, se situe probablement à l'été 2016, quand Antonio Conte, Pep Guardiola ou José Mourinho sont venus rejoindre Klopp et Pochettino dans une émulation qui a rebattu les cartes du grand bal européen.

Dans l'anonymat de cette foule qui regarde valser les géants, Genk et Bruges restent tapis, à l'affût d'une minute de gloire. Les Belges savent qu'ils ne croqueront pas les grandes oreilles. Leurs rêves se limitent à éviter le ridicule d'une chute en descendant les escaliers. Et pourquoi pas à un croche-pied malicieux pour faire trébucher un géant trop confiant ?

La scène pourrait sortir tout droit de Cendrillon, avec des crampons dessinés soigneusement à la place des souliers de verre. Ici aussi, il est question de bal et de prétendants. L'objet de toutes les convoitises n'est pas un prince à marier, mais un trophée aux oreilles aussi grandes que l'estomac de ceux qui rêvent de le croquer. En haut des marches, les prétendants défilent, parés des joyaux les plus brillants. Tous rêvent de taper dans l'oeil de cette Coupe qui, en une étreinte, peut les emmener sur le trône. Longtemps, les honneurs ont été réservés à un triumvirat peu enclin au partage. Entre 2013 et 2018, seuls le Bayern d' Arjen Robben et Frank Ribéry, le Real Madrid de Cristiano Ronaldo et le Barça de Lionel Messi ont décroché les lauriers du grand bal de fin d'année. Il fallait même remonter à 2008 pour retrouver la trace d'une finale sans la présence de l'un des trois ténors. La marge était telle que la marche était trop haute. Ni l'Atlético musclé de Diego Simeone, ni la Vieille Dame cynique de Massimiliano Allegri n'ont pu s'engouffrer dans la brèche, devant se contenter d'effleurer le rêve du bout des doigts. Pas plus que les milliards écoulés par Manchester City ou le PSG. L'argent ne suffit pas pour s'acheter les faveurs de la Coupe, même si Cendrillon n'aurait eu que peu de chances sans le dopage vestimentaire hors de prix de sa marraine de fée. Elle se moque même de cet audacieux Pep Guardiola, qui l'a conquise deux fois il y a près d'une décennie. Que valent ses 198 points accumulés en deux saisons anglaises s'il n'est pas capable d'arriver jusqu'au dernier carré continental ? Toujours cité comme favori dans les derniers kilomètres de l'hiver, son Manchester City a vu d'autres Anglais délocaliser le centre de l'Europe de l'autre côté de la Manche. À coups d'énergie, dans un football où les sprints semblent avoir repris le pouvoir sur les passes, le Liverpool hyperactif de Jürgen Klopp et le Tottenham hybride de Mauricio Pochettino se sont disputé les faveurs de la Coupe lors de la dernière danse du bal. Spectateurs maussades, les ténors déchus préparaient déjà leur revanche, pour transformer cette ambiance de fin de cycle en un accident de parcours. Seul l'avenir pourra affirmer que le règne du triumvirat a pris fin au printemps dernier, quand Anfield et Divock Origi ont terrassé le Barça. D'Espagne en Allemagne, on fait tout pour se persuader du contraire. En Bavière, on a dépensé plus que jamais, brisant même le plafond de verre du transfert le plus cher de l'histoire du club pour un défenseur central. En Castille et en Catalogne, les arrivées d' Eden Hazard et d' Antoine Griezmann ont renversé les habitudes estivales : pour la première fois depuis de nombreuses années, les Anglais n'ont pas trusté les sommets des achats de l'été. Personne n'a dépensé plus d'argent que le Real, le Barça et l'Atlético entre juin et août. Pendant que l'Espagne se pare des plus beaux tissus, les gros portefeuilles britanniques ont conservé les meilleurs tailleurs. Le tournant de l'histoire anglaise, passée d'un défilé de millionnaires ridiculisés par des clubs de second rang à un duel pour les sommets européens, se situe probablement à l'été 2016, quand Antonio Conte, Pep Guardiola ou José Mourinho sont venus rejoindre Klopp et Pochettino dans une émulation qui a rebattu les cartes du grand bal européen. Dans l'anonymat de cette foule qui regarde valser les géants, Genk et Bruges restent tapis, à l'affût d'une minute de gloire. Les Belges savent qu'ils ne croqueront pas les grandes oreilles. Leurs rêves se limitent à éviter le ridicule d'une chute en descendant les escaliers. Et pourquoi pas à un croche-pied malicieux pour faire trébucher un géant trop confiant ?