Barça-Chelsea. Voilà une finale de Ligue des Championnes qui a de la gueule. Aucun de ces deux clubs n'est pourtant un habitué à ce stade de l'épreuve, la seule et unique compétition féminine au niveau continental. Cela faisait même quatorze ans que celle-ci n'avait plus connu de finale sans la présence d'un club allemand ou français. C'était en 2007, quand Arsenal avait raflé la mise, avec une équipe composée d'étudiantes et de travailleuses qui s'entraînaient deux fois par semaine en soirée...
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Barça-Chelsea. Voilà une finale de Ligue des Championnes qui a de la gueule. Aucun de ces deux clubs n'est pourtant un habitué à ce stade de l'épreuve, la seule et unique compétition féminine au niveau continental. Cela faisait même quatorze ans que celle-ci n'avait plus connu de finale sans la présence d'un club allemand ou français. C'était en 2007, quand Arsenal avait raflé la mise, avec une équipe composée d'étudiantes et de travailleuses qui s'entraînaient deux fois par semaine en soirée... Cette fin (provisoire? ) de l'hégémonie franco-allemande s'explique entre autres par le boost de croissance que connaît la discipline aux quatre coins de l'Europe. En 2021, l'énorme potentiel du foot féminin ne fait plus débat. La preuve avec la naissance de sections féminines dans des clubs tels que le Real Madrid (2020), Manchester United (2018), la Juventus (2017) ou encore le Borussia Dortmund, qui se lancera dans l'aventure la saison prochaine. Même Mino Raiola, pas forcément un chantre de l'égalité hommes-femmes, a enrôlé une joueuse dans son écurie: l'attaquante italienne de la Juve Barbara Bonansea. Une autre preuve réside dans le contrat de droits télé récemment signé en Angleterre, où le championnat de D1 est passé 100% pro lors de la saison 2018-2019. Un deal à plus de huit millions d'euros annuels conclu sur trois saisons avec la BBC et Sky Sports. Du jamais vu! Parmi les bénéficiaires, Chelsea, finaliste de la Champions League. Ces dernières années, les Blues ont frappé fort en recrutant le duo d'attaquantes Sam Kerr et Pernille Harder, joueuse UEFA de la saison 2019-2020, battant ainsi des records en matière de transferts entrants. On reste toutefois loin des standards masculins, avec des montants tournant autour des 350.000 euros... Barcelone, qui vient de décrocher son deuxième billet pour la finale de la CL en trois saisons face au PSG, constitue un autre symbole de cette internationalisation. "Le Barça a eu une politique économique intelligente", explique François Miguel Boudet, qui couvre le foot féminin pour le média Furia Liga. "Le club a signé un contrat d'exclusivité pour sa section féminine avec une marque d'outillage. Et aujourd'hui, c'est la seule aile du club à être bénéficiaire. C'est un presque une anomalie vu la situation actuelle du club !" "Plusieurs candidats à la présidence du club, dont Joan Laporta, récemment élu, avaient dans leur projet la création d'une Masia 100% féminine", complète sa consoeur Tracy Rodrigo, suiveuse du géant catalan, elle aussi pour Furia Liga. En plus de ses ressources financières, l'équipe féminine a su parfaitement coller à l'identité du club. Et ce grâce à son coach Lluis Cortés. "Il a complètement remodelé le jeu: c'est très offensif, en une touche de balle, avec du caractère. Vraiment le Barça tel qu'on se l'imagine", confirme Boudet. Pour cela, Cortés s'appuie à la fois sur des transferts prestigieux mais ciblés (les ailières Caroline Graham Hansen et Lieke Martens, passée par... le Standard il y a dix ans, la milieu Kheira Hamraoui), mais aussi sur des équipes de jeunes pétries de talent et des éléments recrutés en post-formation. "Un peu la recette qui a permis aux hommes de briller", précise Rodrigo. "Le Barça possède un vivier qui va exploser, qui peut lui permettre de dominer le foot européen pour dix ans", prophétise même François Miguel. Ce serait le foot espagnol dans son ensemble qui serait sur la voie d'une domination continentale, avec une équipe nationale en progrès, un championnat qui passera pro dès la saison 2021-2022, et une concurrence qui se renforce, malgré le règne sans partage des Blaugranas sur la Liga féminine cette année. Ainsi, le Real a pris tout son temps, mais a finalement franchi le pas. "On peut faire confiance à Florentino Pérez: s'il s'est jeté à l'eau après avoir refusé de le faire pendant des années, c'est parce qu'il sait qu'il peut y gagner quelque chose", indique Rodrigo. "L'envie, c'est aussi de mettre fin à l'hégémonie du Barça. Et un Clásico féminin, pour l'image, c'est bien aussi. Il y a un peu d'opportunisme derrière, il ne faut pas s'en cacher..." Plus médiatisé, plus financé, plus structuré, le foot féminin met donc chaque année un peu plus de respect sur son nom. Et veut tout bombarder...