Voilà maintenant plus de dix ans que le Paris Saint-Germain a été racheté par la société Qatar Sports Investments, dirigée par Nasser al-Khelaïfi. Depuis, le club parisien s'est imposé comme la nouvelle étoile montante du football européen. Mais cet été, il a surtout ressemblé à un trou noir. Sa très forte attractivité sur le marché des transferts lui a permis d'attirer certains des joueurs les plus convoités du moment, aux dépens des autres super-clubs. En effet, l'ambition dévorante du PSG a laissé peu de places à ses concurrents, incapables de rivaliser, qui ont souvent été contraints d'abandonner leurs premiers choix pour se tourner vers des pistes moins prisées.
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Voilà maintenant plus de dix ans que le Paris Saint-Germain a été racheté par la société Qatar Sports Investments, dirigée par Nasser al-Khelaïfi. Depuis, le club parisien s'est imposé comme la nouvelle étoile montante du football européen. Mais cet été, il a surtout ressemblé à un trou noir. Sa très forte attractivité sur le marché des transferts lui a permis d'attirer certains des joueurs les plus convoités du moment, aux dépens des autres super-clubs. En effet, l'ambition dévorante du PSG a laissé peu de places à ses concurrents, incapables de rivaliser, qui ont souvent été contraints d'abandonner leurs premiers choix pour se tourner vers des pistes moins prisées. Alors que l'économie footballistique est durement touchée par la crise sanitaire depuis plus d'un an, le PSG semble sur une autre planète. Aujourd'hui, de nombreux clubs, y compris les plus puissants, mettent en place des politiques de restriction financière pour faire face à la crise économique. Deux géants tels que Manchester City et le Real Madrid n'ont pas (encore) dépensé lors du mercato, tandis que le club de la capitale française a conclu le deuxième plus gros transfert de l'été (soixante millions d'euros pour Achraf Hakimi). Et pendant que le FC Barcelone cherche à réduire les salaires de ses joueurs, le PSG a offert un contrat en or à Sergio Ramos, malgré ses 35 ans. Des contrastes tellement saisissants qu'ils nous feraient bien croire à l'existence de réalités parallèles. Sans compter, le PSG se donne les moyens de ses ambitions, et surtout de réaliser son rêve: remporter la Ligue des Champions. Avant d'entamer la nouvelle saison, le nonuple champion de France a parfaitement identifié ses besoins pour les combler grâce aux transferts. Verdict: le noyau parisien manquait de qualité sur les flancs (latéraux) et dans l'entrejeu, tandis qu'un troisième défenseur central était également espéré. En un peu plus d'un mois, le directeur sportif Leonardo a apporté une solution pertinente à chaque point de l'équation, sans se perdre en chemin. S'il avait tendance à empiler les attaquants ces dernières années, le PSG n'a pas (encore) renforcé son secteur offensif cet été, pour la première fois depuis 2014. L'autre changement notable concerne les indemnités consenties par le club. L'époque où les dirigeants parisiens réalisaient des transferts lunaires comme ceux de Lucas Moura, David Luiz ou plus récemment Leandro Paredes, recrutés contre des sommes bien supérieures à leur valeur marchande, paraît révolue. L'arrivée d' Achraf Hakimi peut en témoigner. Le latéral droit a débarqué de l'Inter Milan le 6 juillet, contre un chèque de soixante millions d'euros (hors bonus). Selon Transfermarkt, il s'agissait du juste prix pour le Marocain. Même s'il a profité de la situation financière délicate des Nerazzurri pour négocier le montant du transfert, le PSG a doublé la concurrence des autres clubs sans se résoudre à payer une somme folle. Sur le plan sportif, il s'est attaché les services de l'un des meilleurs joueurs du monde à un poste dont il a souvent sous-estimé l'importance par le passé. Cette fois, QSI s'est offert une solution à long terme (jusqu'en 2026) qui semble à la hauteur de ses ambitions. Mais Hakimi n'est pas le seul à avoir débarqué à Paris cet été. Le club à la tunique rouge et bleu a réussi trois grands coups sur le marché des joueurs libres, ce à quoi il ne nous avait pas habitués. Georginio Wijnaldum est le premier à avoir rejoint les rangs parisiens (le 1er juillet). L'intérêt du club pour le Néerlandais n'est pas surprenant. Toujours en quête de sa première étoile, le Paris Saint-Germain a mis la main sur un joueur qui a brillé sur la scène européenne, puisqu'il a remporté la Ligue des Champions en 2020 avec les Reds. Le natif de Rotterdam apportera son vécu au groupe et son profil colle parfaitement aux besoins de l'équipe. Sur le terrain, son volume de courses et ses qualités techniques permettront de redynamiser l'entrejeu parisien, en manque de créativité la saison dernière. Après lui est venu Gianluigi Donnarumma, vainqueur de l'EURO avec l'Italie. Le portier de 22 ans, élu meilleur joueur du tournoi, a le vent en poupe. Formé à Milan, il a choisi le PSG pour poursuivre sa carrière et devrait s'y inscrire dans la durée. Entre-temps, un extraterrestre a lui aussi atterri dans la capitale française. Son nom est Sergio Ramos. Une Coupe du monde, deux championnats d'Europe, quatre Ligues des Champions, cinq Ligas: l'Espagnol a tout gagné durant sa carrière. Sans y regarder de plus près, on pourrait le confondre avec ces corps célestes dont les champs magnétiques attirent tous les trophées. Ce qui est sûr, c'est que le défenseur a brillé au Real Madrid, où il est devenu l'un des meilleurs joueurs du XXIe siècle. À Paris, il vient apporter son expérience des grandes compétitions européennes - en particulier en Champions League, une compétition qu'il connaît par coeur - mais aussi son leadership. Le nouveau patron du Paris Saint-Germain 2021-2022, c'est peut-être lui. Après huit semaines d'activité, le mercato Rouge et Bleu affiche un bilan largement positif. En plus d'avoir attiré de nouveaux joyaux, le PSG a conservé ses meilleurs joueurs: Neymar et Ángel Di María ont prolongé leur contrat avant l'été. Mais les vice-champions de France doivent désormais s'activer dans le sens des départs. Jusqu'à présent, seul Mitchel Bakker a quitté un noyau qui ne compte pas moins de 38 joueurs. S'il ne veut pas provoquer de collisions, le club doit dégraisser, tout en veillant à ne pas laisser filer l'une de ses plus belles étoiles. KylianMbappé est un OVNI. En août 2017, à 19 ans, il est devenu le deuxième joueur le plus cher de l'histoire en rejoignant le Paris Saint-Germain, contre 145 millions d'euros (hors bonus). Né à Bondy, mais formé à Monaco, il a préféré tourner le dos au Real Madrid pour retrouver sa ville natale. Depuis son retour en Île-de-France, l'attaquant est devenu le troisième meilleur buteur de l'histoire du club - derrière son ancien coéquipier Edinson Cavani et Zlatan Ibrahimovic - avec 132 réalisations en 171 matchs. Mais au-delà de ses performances individuelles, l'ancien Monégasque a remporté de nombreux titres avec le PSG: trois championnats, trois Coupes de France, deux Coupes de la Ligue et trois Trophées des Champions. Et s'il n'a pas soulevé la coupe aux grandes oreilles, il a été l'un des artisans majeurs du beau parcours de son équipe la saison dernière, avec huit buts marqués en dix rencontres, dont un triplé face au FC Barcelone et un doublé contre le Bayern Munich. Pour réaliser son rêve, le PSG aura besoin de lui en 2021-2022. Mais l'avenir de Kylian Mbappé pose question, puisque le joueur arrivera en fin de contrat en juin prochain. Le Paris Saint-Germain fait face à un dilemme: prolonger son numéro 7 rapidement ou s'en séparer avant le 31 août pour obtenir une indemnité de transfert. Si la possibilité de le voir partir libre l'été prochain existe aussi, elle ne peut être envisagée. Laisser filer le deuxième plus gros transfert de l'histoire, encore considéré comme l'un des joueurs les plus chers de la planète, pour pas un sou serait un fiasco pour les dirigeants. Mais vendre Mbappé en août ne constitue pas une option satisfaisante non plus. Sur le plan financier d'abord, les Parisiens ne pourraient que limiter la casse. Compte tenu du contexte économique actuel, aucun club ne pourra payer une somme équivalente à son prix d'achat, d'autant que, sachant le PSG dos au mur, les équipes intéressées en profiteront pour négocier le montant à la baisse. Sportivement, ensuite, les Rouge et Bleu perdraient d'un seul coup leur meilleur joueur (trophée UNFP 2019 et 2021) et leur meilleur buteur. Dans ces conditions, une seule option semble satisfaisante: la prolongation. Mais à quel prix? Aujourd'hui, Kylian Mbappé perçoit un peu plus de 25 millions d'euros bruts par an. S'il devait parapher un nouveau contrat dans la capitale française, celui-ci serait probablement assorti d'une revalorisation salariale. Le PSG pourra-t-il se permettre cette nouvelle folie? Sans doute. Au risque d'éveiller les exigences financières d'autres cadres comme Marco Verratti ou Presnel Kimpembe? Possible. À moins d'un mois de la clôture du mercato, Paris est pris dans un champ d'astéroïdes. Depuis le 2 janvier dernier, le capitaine du vaisseau s'appelle Mauricio Pochettino. Arrivé libre après la fin de son aventure à Tottenham, il a retrouvé les couleurs qu'il a portées en tant que joueur entre 2001 et 2003. Un défi de taille pour un entraîneur qui n'avait jamais pris les commandes d'un club d'une telle envergure. Mais en sept mois, il a appris à connaître l'univers parisien, où se mêlent les stars, les talents, mais aussi les egos. Comme Unai Emery ou Thomas Tuchel avant lui, l'Argentin doit adapter ses idées à ses joueurs. Sa mission: trouver la constellation idéale pour faire briller ses étoiles. Et celle-ci pourrait prendre la forme d'un 3-4-3. Devant Donnarumma ou Keylor Navas, qui se disputeront la place de numéro 1, une charnière composée de Marquinhos, Ramos et Kimpembe se profile. Mais reste à savoir qui occupera l'axe. Le Brésilien pourrait y trouver son compte, dans un rôle similaire à celui de Dayot Upamecano à Leipzig, dans la ligne de trois lorsque Paris n'a pas le ballon et un cran plus haut en possession. Mais cette position pourrait également convenir à l'Espagnol. À 35 ans, l'ancien Madrilène n'est plus aussi rapide que par le passé et pourrait avoir du mal à couvrir les espaces laissés par les latéraux. Les couloirs sont d'ailleurs promis à Hakimi et Juan Bernat, dont les qualités offensives seront maximisées et les lacunes défensives compensées. Dans le coeur du jeu, le double pivot Verratti-Wijnaldum est prometteur, même si sa complémentarité reste incertaine. Enfin, sur le front de l'attaque, le trio Neymar-Mbappé-Di Maria a de quoi faire trembler toutes les défenses d'Europe, d'autant que le système devrait lui procurer une certaine liberté. Malgré tout, plusieurs incertitudes entourent l'installation de ce nouveau schéma. La première d'entre elles concerne l'état physique de certains joueurs. Sergio Ramos, absent du Trophée des Champions ce dimanche, sort d'un exercice 2020-2021 largement contrarié par les blessures (32 matches manqués). De son côté, Juan Bernat, victime d'une rupture du ligament croisé antérieur du genou gauche, a vécu une saison blanche (trois matchs joués) et n'a pas encore retrouvé les terrains. Seront-ils capables de tenir le rôle qui leur est promis dans la nouvelle animation parisienne? Pas si sûr. À ce premier doute s'ajoutent les leçons du passé. Longtemps, Thomas Tuchel avait cherché à mettre en place une défense à trois à Paris, mais les performances décevantes de l'équipe dans ce système l'avaient convaincu de changer de fusil d'épaule. Qu'en sera-t-il avec Mauricio Pochettino? Après les secousses de la saison dernière, le Paris Saint-Germain s'apprête à débuter un nouveau voyage. Les Rouge et Bleu chercheront d'abord à rétablir leur hégémonie sur la scène nationale, eux qui n'ont remporté que la Coupe de France en 2020-2021. Surtout, ils auront à coeur de retrouver leur titre de champion, dont ils ont été déchus par le LOSC lors de l'exercice précédent, terminant deuxièmes avec un point de retard sur les Dogues. Sur papier, les hommes de Pochettino sont à des années-lumières de leurs concurrents français. Mais ils rêvent d'atteindre une destination plus lointaine: la Ligue des Champions. Pour arriver jusqu'à sa première étoile, l'équipage s'est considérablement renforcé cet été, et il pourrait encore s'étoffer dans les semaines à venir puisque d'autres noms gravitent autour de la capitale française ( Paul Pogba, Théo Hernandez, Joaquín Correa). Dix ans après le début de l'ère QSI, les ambitions du club parisien paraissent sans limites. La galaxie PSG est bien décidée à continuer son expansion.