"L'Inter est au centre de mes préoccupations 24 heures sur 24, sans interruption, avec un objectif: donner à ce club des structures qui le placent parmi les plus grands, à sa place historique. Il n'y a pas de formule magique. La victoire se trouve au bout d'un long chemin, pavé d'une bonne dose de passion, de travail, de sacrifices et de sens du détail. J'ai toujours travaillé comme ça et quand je quitterai l'Inter, je suis sûr d'une chose: le club sera meilleur à tous points de vue que celui que j'ai trouvé à mon arrivée. Ça a été le cas partout où j'ai travaillé. Je crois en la devise des All Blacks, la fameuse équipe néo-zélandaise de rugby. Quand on arrive quelque part, on trouve un maillot. Il doit être plus beau quand on part que quand on l'a reçu."
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"L'Inter est au centre de mes préoccupations 24 heures sur 24, sans interruption, avec un objectif: donner à ce club des structures qui le placent parmi les plus grands, à sa place historique. Il n'y a pas de formule magique. La victoire se trouve au bout d'un long chemin, pavé d'une bonne dose de passion, de travail, de sacrifices et de sens du détail. J'ai toujours travaillé comme ça et quand je quitterai l'Inter, je suis sûr d'une chose: le club sera meilleur à tous points de vue que celui que j'ai trouvé à mon arrivée. Ça a été le cas partout où j'ai travaillé. Je crois en la devise des All Blacks, la fameuse équipe néo-zélandaise de rugby. Quand on arrive quelque part, on trouve un maillot. Il doit être plus beau quand on part que quand on l'a reçu." Antonio Conte, qui a entraîné avec succès la Juventus et Chelsea, s'exprime avec enthousiasme tout en nous faisant visiter l'Appiano Gentile, le complexe d'entraînement de l'Inter depuis des lustres. Il est situé à quarante kilomètres au nord-ouest de Milan, avec une vue imprenable sur les sommets enneigés des Alpes. Les propriétaires chinois de l'Inter l'ont complètement rénové il y a quelques années. L'entraîneur s'assure que tout est en ordre, mais l'éclat de ses yeux le trahit: oui, il y a encore moyen de faire mieux. Conte est ainsi fait. On pourrait lui coller l'étiquette d'éternel insatisfait. Il ne relâche jamais ses efforts, il ne se contente jamais de ce qu'il a atteint. Le monde de Conte doit constamment progresser, s'améliorer. Il fait ainsi sa tournée, des terrains d'entraînement aux salles communes, des dortoirs aux salles à manger, il passe du jardinier aux staffs médical et technique, des collaborateurs aux joueurs, sans oublier les responsables de la communication ni le personnel d'entretien. "Ils sont tous importants, sans la moindre exception", insiste-il. "Pour qu'un club soit compétitif et stable, il faut que chacun donne le meilleur de lui-même jour après jour, à son poste, rehausse sans cesse son niveau pour que l'ensemble en profite et devienne plus solide. C'est la somme de tous ces pas en avant qui fait la différence entre des endroits de travail où règne l'ambition, où on a soif de succès, et ceux qui plafonnent, qui se satisfont de ce qu'ils ont et acceptent la défaite. Ce n'est pas notre cas." Antonio Conte: "Beaucoup de gens parlent de la victoire comme si elle était à portée de main. Je préfère parler de la mentalité de gagnant, qui précède la victoire, qui aide à l'obtenir. On peut parfois soulever un trophée parce que les autres ont échoué ou que tous les ingrédients étaient réunis, mais mon objectif est que l'Inter atteigne un niveau élevé et s'y maintienne. C'est une autre paire de manches. Ça requiert un langage clair, cohérent. On n'atteint pas cet objectif en effectuant un seul bon transfert ni grâce aux capacités de l'entraîneur. Quand on reste sur sa faim pendant dix ans, comme c'est le cas de l'Inter, ce n'est pas par hasard." Conte ne veut pas se contenter d'un cri de guerre, il veut tout un haka: il veut entraîner tout le monde dans son combat. Il est prêt à en prendre la tête, mais uniquement si tous les autres le suivent, avec la même mentalité, la même ardeur, la même attention pour le moindre détail. "Je suis comme un marteau. Je ne cesse d'enfoncer le clou", répète-t-il. Son rêve? Un club peuplé de marteaux. "Nous avons déjà accompli beaucoup de choses, mais il reste énormément de travail. J'ai relevé ce défi afin de ramener l'Inter parmi l'élite absolue. J'entame chaque journée avec cette pensée." Quand déciderez-vous que vous êtes satisfait, que vous avez atteint votre objectif? ANTONIO CONTE: Quand l'adversaire ne rencontrera plus onze joueurs, mais affrontera une culture spéciale, un ensemble de valeurs partagées, unies par la même passion et un objectif commun. Les titres et les coupes suivent automatiquement. Sans cette culture, on n'obtient jamais de succès, du moins pas de manière systématique. Notre objectif commun doit être d'opérer les bons choix afin de rendre le chemin plus simple, pas pour le compliquer. À votre arrivée, les Interisti ont dit que vous étiez l'héritier d'Helenio Herrera, Giovanni Trapattoni et José Mourinho. Un leader capable d'écrire une page d'histoire. CONTE: La comparaison ne tient pas. Je ne demande qu'à obtenir les mêmes résultats, mais nous ne pouvons pas comparer les époques. L'Inter d'Herrera et celui de Mourinho étaient déjà bien établis à leur arrivée. Les équipes alignaient des joueurs qui avaient déjà accumulé les victoires. Des personnalités habituées à prester sous la pression, à prendre leur responsabilités, à poser les bons choix aux moments décisifs. On ne force pas un rôle de meneur par des mots, mais par des actes. Attention: mon Inter comporte aussi de bons éléments, mais nous avons entamé notre parcours avec un certain retard. Vous avez terminé votre première année en deuxième position tout en disputant la finale de l'Europa League. Il est donc logique que les supporters espèrent que l'Inter atteigne le sommet cette saison? CONTE: Les supporters ont le droit de rêver, mais ils doivent comprendre que c'était une saison anormale, durant laquelle nous avons réalisé quelque chose de fantastique grâce à l'échec des autres. Si nous avons terminé à un point du premier, c'est parce que la Juventus a levé le pied, une fois assurée du titre. Je suis surtout fier que nous ayons devancé Naples, qui était l'outsider pour le titre. Ce que je retiens de la Juventus, c'est le match qu'elle a joué contre nous avant le confinement. Elle a affiché sa faim de succès. Nous travaillons dur pour ne pas avoir moins d'appétit que la Juve à ce moment-là. C'est pour ça que l'Inter vous a enrôlé. Aucun club de Serie A n'a d'entraîneur qui possède un palmarès comparable. Ni qui gagne autant. CONTE: Ce que je gagne est la conséquence de ce que j'ai atteint durant ma carrière. Personne ne vous fait de cadeau en football. Je sais que les attentes sont élevées quand j'arrive dans un club. Je fais avec. Mais Klopp a travaillé quatre ans à Liverpool avant de gagner un prix. Il a eu besoin de temps aussi, d'investissements et d'adaptations, saison après saison, pour faire des Reds un des meilleurs clubs au monde. Un club domine la Botte depuis des années. Au fil du temps, un gouffre considérable s'est crée entre lui et le reste. Ses poursuivants sont déjà contents d'être deuxièmes, les meilleurs du reste. Et ils ne cherchent plus les détails qui leur permettraient de progresser. Vous le faites? CONTE: Un match se gagne en semaine. À condition que toutes les pièces s'emboîtent durant la semaine. À mon arrivée, je ne connaissais personne. Il m'a fallu du temps pour tout découvrir, pour que tout le monde s'habitue à moi. Maintenant, je connais tout et tout le monde. Beaucoup de choses ont changé en l'espace d'un an. Le club et tous ses collaborateurs m'aident et me supportent. Nous progressons ensemble. Vous vous exprimez en manager plutôt qu'en entraîneur. CONTE: J'essaie d'avoir la vision la plus large possible, car je sais que quand quelque chose ne fonctionne pas, ça peut avoir un impact rapide sur ce qu'il se passe sur le terrain. Venez, allons boire un café. C'est celui que j'ai conseillé au club. Goûtez cet arôme... Vous voulez dire que vous intervenez même dans le choix du café? CONTE: Oui, mais ça en vaut la peine. On mesure la qualité d'un café à la manière dont il absorbe le sucre. L'Inter de cette saison est-elle aussi bonne, meilleure ou nettement meilleure que celle de l'an dernier? CONTE: Nous sommes mieux armés en quantité, mais le fonctionnement des joueurs est perfectible. Ils peuvent ou doivent progresser? CONTE: Ils doivent pouvoir réfléchir ensemble à une idée, à l'exécution d'un projet, à un fonctionnement optimal dans un système de jeu qui permet d'être compétitif au niveau national et international. Quelles sont les principales qualités d'un bon footballeur, selon vous? CONTE: Le footballeur moderne doit être rapide, solide, endurant, résistant. Il va de soi qu'il doit posséder une bonne technique s'il joue pour un club comme l'Inter. Êtes-vous satisfait du dernier mercato? CONTE: Ne savez-vous pas qu'un entraîneur n'est jamais satisfait? Chaque coach a un compartiment qui pourrait être mieux occupé. L'été dernier, la direction a défini ce qui était possible ou pas. Elle ne pouvait dépenser que ce qu'elle gagnait. Mon travail consiste à travailler avec ce dont je dispose et à améliorer le noyau. À la fin de la saison passée, vous avez parfois été tranchant à l'égard de la direction. Vous a-t-elle offert des réponses pour vous apaiser? CONTE: Je réfléchis toujours avec mon employeur. Le club est prioritaire, il passe avant tout individu. C'est pour ça que je veux améliorer les structures. Je trouve logique que chacun, moi y compris, travaille en fonction des intérêts du club. Je dois veiller à ce que mon successeur puisse profiter du travail que nous accomplissons. L'Inter a du mal à franchir les derniers obstacles qui le séparent du top. Pourquoi? CONTE: Notre image a déjà changé. Nos adversaires se préparent autrement que la saison passée. Ils ont le couteau entre les dents. Nous devons encore apprendre à mieux profiter des bons moments durant un match, à éviter la moindre distraction. En trois mots: nous devons grandir. On se demande parfois pourquoi des joueurs dont on attend beaucoup ne réussissent pas. Comme Christian Eriksen, transféré de Tottenham il y a un an dans l'optique de devenir un meneur. Pourquoi ne réussit-il pas? CONTE: J'opère tous mes choix dans l'unique intérêt de l'Inter, jamais dans l'intérêt d'un individu. Arturo Vidal, avec lequel vous avez déjà travaillé avec succès, peut aussi faire mieux. CONTE: Vidal est un grand joueur, qui sait toujours ce qu'il doit faire sur le terrain. Pour y parvenir, il aurait besoin de deux pleines semaines d'entraînement, mais nous disputons trop de matches à une cadence élevée. Mais ça viendra, je n'en doute pas. Vous avez osé lancer un jeune inconnu, Alessandro Bastoni, en défense. Depuis, il est devenu international. CONTE: Un entraîneur doit avoir une vision, déceler le potentiel d'un joueur. J'ai immédiatement découvert celui de Bastoni. Que souhaitez-vous, sur le plan personnel? CONTE: Le respect, c'est tout. J'accepte les critiques, mais je ne peux pas supporter qu'on doute de mon engagement pour l'Inter. Le jour où je rendrai mon maillot, il sera plus beau que quand je l'ai reçu.