Le traumatisme était profond. Si difficile à vivre qu'il avait même amené Lionel Messi à envisager de ranger le maillot albiceleste au vestiaire dans la foulée d'une deuxième défaite aux tirs au but de rang en finale de la Copa América, à chaque fois face au Chili d'Arturo Vidal. Au pays des numéros 10, on reprochait à la Pulga d'être incapable de se hisser à la hauteur de Dieu. Diego Maradona avait mis, presque seul, l'Argentine sur le toit du monde en 1986. Vingt-cinq ans plus tard, quelques mois après la mort du D10S, Messi a enfin couronné sa carrière en sélection en récupérant une Copa América qui échappait à son pays depuis 1993. Pour Messi, c'est la fin d'un débat qui a trop duré. Qui pourrait surtout être réglé depuis 2014, si Gonzalo Higuain avait pris le dessus sur Manuel Neuer dans un Mondial où Leo avait multiplié les miracles pour envoyer une Argentine quelconque en finale.

L'accolade entre les deux anciens du Barça Neymar et Messi au terme de la finale de la Copa América fut l'une des images fortes du tournoi., iStock
L'accolade entre les deux anciens du Barça Neymar et Messi au terme de la finale de la Copa América fut l'une des images fortes du tournoi. © iStock

Pendant que la majeure partie du monde du ballon rond se concentrait sur le sacre européen de l'Italie, la Pulga, en fin de contrat avec le Barça et pas encore tombé dans les bras du PSG, vole sur la compétition de l'autre côté de l'Atlantique. Quatre buts et cinq passes décisives en sept matches disputés, un quart de finale maîtrisé sans trembler contre l'Équateur, puis une qualification épique aux tirs au but contre la Colombie lors de laquelle il marque le premier tir au but, mais laisse l'étoffe du héros au gardien Emiliano Martinez. En finale, dans l'affiche face au Brésil de son ami Neymar Junior, Leo voit Angel Di Maria inscrire l'unique but de la rencontre, mais soulève enfin ce trophée qui le réconcilie avec sa patrie. L'émotion est épaisse comme un brouillard de fin d'automne, et le poids qui quitte les épaules du meilleur joueur au monde semble même l'empêcher de retrouver depuis le kick indispensable aux performances de haut vol qu'il avait pris l'habitude de livrer chaque semaine.

Le roi du jeu semble avoir conquis ses derniers territoires inexplorés. L'exploit, cerise sur le copieux gâteau du début 2021 (28 buts et 9 passes décisives en 29 matches avec le Barça), valait-il un Ballon d'or ? Qu'importe, finalement. L'essentiel est ailleurs. Dans les yeux de Leo, et dans le coeur des Argentins.

Messi a désormais droit à sa place sur les murs argentins aux côtés de Diego Maradona., iStock
Messi a désormais droit à sa place sur les murs argentins aux côtés de Diego Maradona. © iStock
Le traumatisme était profond. Si difficile à vivre qu'il avait même amené Lionel Messi à envisager de ranger le maillot albiceleste au vestiaire dans la foulée d'une deuxième défaite aux tirs au but de rang en finale de la Copa América, à chaque fois face au Chili d'Arturo Vidal. Au pays des numéros 10, on reprochait à la Pulga d'être incapable de se hisser à la hauteur de Dieu. Diego Maradona avait mis, presque seul, l'Argentine sur le toit du monde en 1986. Vingt-cinq ans plus tard, quelques mois après la mort du D10S, Messi a enfin couronné sa carrière en sélection en récupérant une Copa América qui échappait à son pays depuis 1993. Pour Messi, c'est la fin d'un débat qui a trop duré. Qui pourrait surtout être réglé depuis 2014, si Gonzalo Higuain avait pris le dessus sur Manuel Neuer dans un Mondial où Leo avait multiplié les miracles pour envoyer une Argentine quelconque en finale.Pendant que la majeure partie du monde du ballon rond se concentrait sur le sacre européen de l'Italie, la Pulga, en fin de contrat avec le Barça et pas encore tombé dans les bras du PSG, vole sur la compétition de l'autre côté de l'Atlantique. Quatre buts et cinq passes décisives en sept matches disputés, un quart de finale maîtrisé sans trembler contre l'Équateur, puis une qualification épique aux tirs au but contre la Colombie lors de laquelle il marque le premier tir au but, mais laisse l'étoffe du héros au gardien Emiliano Martinez. En finale, dans l'affiche face au Brésil de son ami Neymar Junior, Leo voit Angel Di Maria inscrire l'unique but de la rencontre, mais soulève enfin ce trophée qui le réconcilie avec sa patrie. L'émotion est épaisse comme un brouillard de fin d'automne, et le poids qui quitte les épaules du meilleur joueur au monde semble même l'empêcher de retrouver depuis le kick indispensable aux performances de haut vol qu'il avait pris l'habitude de livrer chaque semaine. Le roi du jeu semble avoir conquis ses derniers territoires inexplorés. L'exploit, cerise sur le copieux gâteau du début 2021 (28 buts et 9 passes décisives en 29 matches avec le Barça), valait-il un Ballon d'or ? Qu'importe, finalement. L'essentiel est ailleurs. Dans les yeux de Leo, et dans le coeur des Argentins.