Les garde-côtes espèrent toujours retrouver Emiliano Sala vivant

23/01/19 à 15:13 - Mise à jour à 15:13

Source: Afp

Les garde-côtes se démènent pour retrouver l'avion transportant le footballeur argentin Emiliano Sala, disparu lundi soir au-dessus de la Manche, n'abandonnant pas l'espoir de retrouver "vivants" l'attaquant et le pilote même si leurs chances de survie sont jugées "très minces".

Les garde-côtes espèrent toujours retrouver Emiliano Sala vivant

Emiliano Sala © AFP

La police de Guernesey a annoncé mercredi vers 07H30 GMT avoir repris ses recherches qui se concentrent "sur une zone précise où, selon nous, nous avons la plus haute probabilité de trouver quelque chose", a tweeté la police. Elle précise se baser "sur l'étude des marées et de la météo depuis la disparition de l'avion" transportant l'attaquant de Nantes à Cardiff, où il s'était engagé samedi dernier.

Trois avions et un hélicoptère sont mis à contribution. Les enquêteurs envisagent plusieurs scénarios mais conduisent leurs recherches en privilégiant l'hypothèse que Sala et le pilote ont survécu et se sont réfugiés sur un canot de sauvetage, qui était dans l'appareil.

"Etant donné la température de l'eau et les conditions météorologiques, la nuit dernière ayant été très agitée, leurs chances de survie sont très minces", a dit mercredi à l'AFP le capitaine du port et chef des garde-côtes de Guernesey, David Barker. Mais "nous ne négligeons rien. Nous sommes déterminés à trouver ces deux hommes vivants", a-t-il assuré.

Mardi, les enquêteurs avaient trouvé des débris flottant dans l'eau, sans toutefois pouvoir dire s'ils venaient de l'avion disparu.

- "Aucun espoir de sauvetage" -

Tandis que pour John Fitzgerald, chef des opérations de recherche de Channel Airline Airsearch, Il n'y plus d'espoir de retrouver en vie Emiliano Sala et le pilote de l'avion.

"Même la personne la plus en forme ne survivrait que quelques heures en mer", a déclaré M. Fitzgerald. "Malheureusement, je ne pense pas qu'il y ait un espoir. En cette période de l'année, les conditions sont terribles si vous êtes dans l'eau."

- "J'ai peur!" -

Dans un message vocal envoyé à des proches via la messagerie WhatsApp, Emiliano Sala s'inquiétait de l'état de l'avion. Ses paroles, révélées mardi soir par le quotidien sportif argentin Olé, apparaissent rétrospectivement glaçantes, mais sont prononcées sur un ton calme, et ponctuées de bâillements.

"Je suis dans l'avion, on dirait qu'il va tomber en morceaux, et je pars pour Cardiff", dit l'attaquant de 28 ans. "Si dans une heure et demie vous n'avez plus de nouvelles de moi, je ne sais pas si on va envoyer des gens pour me rechercher, parce qu'on ne va pas me trouver, sachez-le. Oh là là, qu'est-ce que j'ai peur !", ajoute-t-il, sur un fond sonore évoquant celui d'un aéronef.

Cardiff, qui avait recruté le joueur de Nantes pour un montant estimé par la presse à 17 millions d'euros, a précisé que Sala avait organisé lui-même son voyage. "Nous avions parlé au joueur et lui avions demandé s'il voulait que nous prenions des dispositions pour son vol qui, pour être honnête, aurait été un vol commercial", a déclaré au site Wales Online Mehmet Dalman, président de la formation galloise évoluant dans la prestigieuse Premier League anglaise. "Il a refusé et a pris ses propres dispositions", a ajouté M. Dalman.

Le monomoteur Piper PA-46 Malibu emprunté par le joueur, effectuant le trajet Nantes-Cardiff, a disparu des radars lundi vers 20H20 GMT, à une vingtaine de km au nord de l'île anglo-normande de Guernesey. Le contrôle aérien de l'île voisine de Jersey avait précisé lundi soir que l'avion et ses deux occupants, qui volaient dans un premier temps à 5.000 pieds, avaient demandé à descendre et évoluaient à 2.300 pieds avant d'échapper aux radars.

- "Penser au pire" -

"Les heures passent et je ne sais rien, cela me fait penser au pire": a déclaré, désespéré, le père du joueur, Horacio, mardi soir.

A Nantes, club que Sala venait de quitter pour s'engager avec Cardiff, des centaines de personnes ont déposé des fleurs en hommage à leur meilleur buteur, auteur de 12 buts en championnat en une demi-saison.

"Où que tu sois, on pense à toi #PrayForSala", a publié mercredi le FC Nantes sur son compte Twitter, où le blason du club a été remplacé par une photo de l'attaquant.

A Cardiff, l'émotion était également immense. Le directeur du club, Ken Cho, s'est dit "choqué". Un supporter, Josh Thomas, s'est lui lamenté en marge d'un autre rassemblement de fans: "Il était non seulement notre transfert record mais aussi celui qui allait retourner la situation et marquer les buts nous permettant de nous maintenir" en Premier League.

Le 16e de finale de Coupe de France des Nantais contre l'Entente SSG (3e division), prévu mercredi, a été reporté à dimanche.

Clubs et joueurs continuent à multiplier les messages de soutien.

"Je prie pour Emiliano et sa famille", a ainsi réagi son ancien entraîneur à Nantes, Claudio Ranieri.

Arrivé jeune en France et formé à Bordeaux, puis prêté à différents clubs (Orléans, Niort, Caen), Sala avait fini par signer à Nantes en 2015 pour un million d'euros, où il était parvenu à faire oublier ses allures un peu gauches et sa technique rudimentaire grâce à un réalisme précieux.

Après avoir vu s'évanouir la possibilité d'un transfert en Turquie à Galatasaray cet été, il avait finalement obtenu un bon de sortie au mercato d'hiver, au grand dam de l'entraîneur Vahid Halilhodzic, avec lequel il avait tissé une relation forte.

Lundi, il était revenu à Nantes prendre ses dernières affaires avant de rejoindre Cardiff définitivement. Il avait publié une photo de lui entouré de ses ex-coéquipiers, souriant comme toujours.