YOURI DJORKAEFF : " Quand on a dit que les Belges faisaient partie des favoris, j'étais sûr que ce n'était pas exact. Ils n'ont pas encore assez d'expérience des grandes compétitions, ça se ressent. Ils n'ont qu'une Coupe du Monde dans les jambes et dans la tête, c'est trop peu. Une vraie expérience ne s'acquiert pas en une fois x semaines ensemble mais en x fois x semaines ensemble !
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YOURI DJORKAEFF : " Quand on a dit que les Belges faisaient partie des favoris, j'étais sûr que ce n'était pas exact. Ils n'ont pas encore assez d'expérience des grandes compétitions, ça se ressent. Ils n'ont qu'une Coupe du Monde dans les jambes et dans la tête, c'est trop peu. Une vraie expérience ne s'acquiert pas en une fois x semaines ensemble mais en x fois x semaines ensemble ! J'ai toujours des interrogations sur cette équipe. Je trouve qu'elle est souvent entre deux eaux, comme si elle ne savait pas comment elle doit s'y prendre. Elle navigue entre la volonté d'aller vers l'avant et la peur de trop s'exposer. Après cet EURO, avec un peu de recul, on pourra déjà mieux dire dans quelle catégorie les Belges pourront boxer au cours des prochaines années, lors des prochains tournois. Un groupe s'est formé, il doit maintenant afficher ses vraies qualités et montrer ses ambitions. Pour le moment, ils sont dans la catégorie des Français, des Anglais, éventuellement des Croates. Mais pas encore au niveau des Espagnols et des Allemands. " ROLLAND COURBIS : " Belgique - Italie était plus facile pour les Italiens que pour les Belges. Tout le monde attendait les Belges, personne ne misait sur les Italiens. Ça s'est d'abord joué dans les têtes : les Belges n'étaient qu'à 50% psychologiquement, sans doute un peu tétanisés par leur classement mondial. En face, ils étaient à 101%.Je constate que c'est difficile de trouver une complémentarité avec autant de grands joueurs. Il y a beaucoup de bonnes formules possibles, et c'est paradoxal, mais c'est emmerdant pour un entraîneur d'avoir beaucoup de bonnes formules. Hazard à gauche ou dans l'axe, avec qui à côté de lui, un Romelu Lukaku qui est terrible. Thibaut Courtois, sans commentaire. Et De Bruyne, et Carrasco, pfft... Je ne sais pas si, en Belgique, vous vous rendez bien compte ? Vous avez du lourd. "CLAUDE PUEL : " N'importe quel entraîneur rêve de disposer d'un potentiel pareil. Mais... Est-ce que c'est un avantage énorme, finalement ? Je ne veux pas m'immiscer dans les affaires de Marc Wilmots mais j'ai l'impression qu'il veut trop faire plaisir à tous ses meilleurs joueurs en les mettant ensemble sur la pelouse. Quand vous avez deux gars faits pour jouer au même poste, si vous les alignez tous les deux, il n'y a pas de miracle : un des deux doit évoluer à une place qui n'est pas la sienne.Kevin De Bruyne était sur un flanc contre l'Italie parce que Marouane Fellaini jouait devant les deux récupérateurs, on a vite vu que ça ne lui convenait pas. Il faut mettre De Bruyne dans l'axe et Eden Hazard à gauche, c'est à ces postes qu'ils sont les plus performants. L'excès nuit en tout, l'abondance peut nuire à une équipe de foot. Il y a des matches où Wilmots ne trouve pas le bon équilibre.Si je compare avec les premiers matches du Pays de Galles, le contraste est frappant. Dans cette équipe, il y a deux ou trois stars, et tous les autres joueurs se mettent à leur service. C'est col-lec-tif. Dans l'équipe belge, il y a des soirs où tout le monde veut jouer sa carte, et c'est rarement payant. Contre l'Italie, les Belges ont le plus souvent essayé de faire la différence sur des actions individuelles, mais dès qu'un joueur offensif avait le ballon avec le risque d'en faire un usage intéressant, il avait deux ou trois adversaires sur le dos. Il aurait fallu que les backs donnent un coup de main, essaient de surprendre des Italiens qui surveillaient trop les médians et les attaquants, mais ils n'étaient pas capables de le faire.La Belgique fait partie des équipes avec le plus gros potentiel et j'attendais autre chose de son premier tour. Maintenant, on est peut-être trop exigeant, mais une deuxième place au ranking FIFA, ça doit se justifier, même en phase de poules. On n'a pas l'habitude de pardonner aux grands pays qui n'entrent que lentement dans le tournoi.Jouer haut, vers l'avant, ça demande énormément d'énergie, de la concentration, du mouvement. Et pour y arriver, il faut avoir des joueurs au top à quelques postes clés. Les Belges essaient toujours de le faire. Parfois, ce serait peut-être mieux d'accepter de subir pour frapper sur des contre-attaques comme ils l'ont fait après avoir marqué leur premier but contre l'Irlande. C'est une philosophie de jeu moins sexy mais elle est plus facile à mettre en place et elle peut être plus efficace. "Par Pierre Danvoye à BordeauxRetrouvez l'intégralité de l'article consacré à l'avis de vedettes françaises sur les Diables Rouges dans votre Sport/Foot Magazine