Sur la route d'un incroyable triplé européen, les exploits de Keylor Navas ont pesé lourd dans la balance madrilène. Quand Sergio Ramos, roi de la surface la saison dernière, finissait par perdre un duel, les gants du Costaricien se posaient entre le ballon et les filets pour permettre au Real de rester dans la course à la Champions League. Finalement, Keylor a encore soulevé le trophée. Pour la troisième fois en quatre ans, pour l'homme qui avait débarqué après un Mondial 2014 époustouflant pour prendre la succession d' Iker Casillas.
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Sur la route d'un incroyable triplé européen, les exploits de Keylor Navas ont pesé lourd dans la balance madrilène. Quand Sergio Ramos, roi de la surface la saison dernière, finissait par perdre un duel, les gants du Costaricien se posaient entre le ballon et les filets pour permettre au Real de rester dans la course à la Champions League. Finalement, Keylor a encore soulevé le trophée. Pour la troisième fois en quatre ans, pour l'homme qui avait débarqué après un Mondial 2014 époustouflant pour prendre la succession d' Iker Casillas. Pourtant, Keylor Navas n'a jamais fait l'unanimité au sein de la Casa Blanca. Un an après son arrivée, le club faisait déjà le forcing pour s'offrir les services de David De Gea. L'entreprise a finalement échoué dans les dernières secondes du mercato et, douze mois plus tard, Keylor a touché sa première Coupe aux grandes oreilles. Le gardien s'était offert un peu de répit, grâce à quelques parades et quelques mots de Zinédine Zidane, qui maîtrise à la perfection le langage diplomatique en vigueur dans les couloirs du Bernabéu : " Keylor est mon gardien. " Zidane est parti, et le dossier du dernier rempart est remonté dans la pile des priorités du mercato madrilène. Les noms de toujours sont ressortis. Car même quand un transfert n'est pas dans l'air, Madrid conserve sa short-list d'élus potentiels, avec lesquels des contacts informels sont maintenus épisodiquement. Pour enfiler les gants, le Real avait noté les noms de De Gea, mais aussi de Gianluigi Donnarumma, Alisson Becker, Kepa et Thibaut Courtois. Confrontés au prix exorbitant des trois premiers cités, les dirigeants madrilènes ont tenté une approche pour Kepa. Le gardien de l'Athletic a fini par prolonger son contrat, en même temps que Courtois faisait traîner les négociations pour l'extension de son bail londonien. Avec un terme prévu à l'été 2019, le prix du gardien belge était parti pour descendre en flèche sans un nouvel accord avec les Blues. Madrid a dès lors laissé son regard se poser sur Stamford Bridge. Désormais habitué à nager au milieu des requins du grand océan du football mondial, Thibaut connaît les codes mieux que personne. En février dernier, il tire sur les ficelles madrilènes à l'occasion d'une interview accordée à Sport/Foot Magazine. " Mon coeur est à Madrid ", raconte alors celui qui y a laissé ses deux enfants, qui vivent dans la capitale espagnole avec leur mère. " Si le Real est vraiment intéressé, ma situation personnelle pourrait influer. " Les dialogues quotidiens avec sa fille sur FaceTime ou les allers-retours fréquents en avion entre Londres et Madrid au moindre jour libre accordé par Chelsea ne cachent pas l'importance de la ville dans la vie de Courtois, qui avait eu un véritable coup de coeur pour les rues et le rythme madrilènes lors de son prêt à l'Atlético. " Il me manque deux choses : la Cup et la Champions ", précisait encore le plus gros palmarès du football belge au bout de l'hiver anglais. Trois mois plus tard, le géant des Blues rendait sa dix-neuvième clean-sheet de la saison pour remporter la prestigieuse FA Cup au nez et à la barbe du Manchester de José Mourinho. Reste donc la C1. Une compétition à laquelle Chelsea, seulement cinquième de Premier League, ne participera pas lors de la prochaine édition. Les portes de Madrid s'ouvrent de plus en plus. Le prix, fixé sous les 40 millions d'euros, représente une opportunité unique sur un marché qui joue sans cesse à la surenchère. Il ne placera même pas Courtois sur le podium des gardiens les plus chers de l'histoire du jeu, au sommet duquel Alisson Becker vient de détrôner Gianluigi Buffon. Le Real, qui n'a jamais fait sauter la banque pour un gardien, a donc entamé l'été avec le nom de Courtois dans le viseur. La suite, Thibaut l'a écrite. Parce qu'il connaît les règles du jeu. Il sait que, tous les quatre ans, Florentino Perez est prêt à tomber amoureux, sur des terrains autour desquels le monde entier s'est donné rendez-vous. En 2010, le président du Real avait jeté son dévolu sur Mesut Özil et Sami Khedira, révélations de la pétillante Allemagne de Joachim Löw. Quatre ans plus tard, ce sont Keylor Navas et James Rodriguez qui avaient rejoint la Casa Blanca dans la foulée d'un Mondial réussi. Convaincu que les hommes qui brillent dans un rendez-vous de la dimension de la Coupe du monde sauront, mieux que les autres, gérer la pression quotidienne du Real, Florentino regarde la compétition avec un oeil attentif. Meilleur gardien du tournoi, Thibaut Courtois a complété son examen d'entrée madrilène avec brio. Le voilà désormais plus proche que jamais de ce qui compte vraiment à ses yeux : ses enfants, et la Ligue des Champions.