"Il a donné 1.320 passes en Premier League mais pas encore d'assist." Phil McNulty, chef foot à la BBC, a critiqué Thiago Alcantara, de Liverpool, sur Twitter. Il lui reproche de ne pas être impliqué dans suffisamment de buts. C'est pourtant un des joueurs les plus créatifs de cette équipe et on ne peut pas dire qu'il soit un des principaux cas problématiques des Reds. On savait que l'Espagnol n'allait pas à Anfield pour accumuler les buts et les assists. La saison passée, avec un Bayern ultra dominant, il passait pour un des meilleurs médians du monde mais il avait marqué seulement trois goals et donné deux passes D.
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"Il a donné 1.320 passes en Premier League mais pas encore d'assist." Phil McNulty, chef foot à la BBC, a critiqué Thiago Alcantara, de Liverpool, sur Twitter. Il lui reproche de ne pas être impliqué dans suffisamment de buts. C'est pourtant un des joueurs les plus créatifs de cette équipe et on ne peut pas dire qu'il soit un des principaux cas problématiques des Reds. On savait que l'Espagnol n'allait pas à Anfield pour accumuler les buts et les assists. La saison passée, avec un Bayern ultra dominant, il passait pour un des meilleurs médians du monde mais il avait marqué seulement trois goals et donné deux passes D.Simplement, ce n'est pas ce qu'on demande en priorité à ce genre de footballeur. Mais l'idée qu'on se fait d'eux reste tronquée. En prélude du dernier clasico, Jan Mulder avait par exemple fustigé toutes les passes latérales de son compatriote Frenkie De Jong. Leur mission première ne doit pas consister à être présents tout devant mais plutôt à initier les phases offensives, à donner des ballons intéressants aux joueurs décisifs.Cette saison, le Bayern encaisse 1,29 but par match, de loin son plus mauvais score depuis une dizaine d'années. Cette régression ne peut pas être attribuée uniquement au départ de l'Espagnol mais il manque un contrôleur dans l'équipe. En plus de sa faculté à distribuer verticalement et en diagonale, Alcantara était un des plus forts en Bundesliga pour arracher des ballons, grâce à son excellent jeu de position.Par essence, les distributeurs sont des blocs de granit. Ils sont rarement impressionnants physiquement mais ils sont solides sur leurs jambes et ils ont un bon apport offensif grâce à leur bon positionnement et leur façon d'utiliser leur corps. En Italie, un tel joueur est surnommé regista, un régisseur. Maurizio Sarri adore ça. A Naples, il a fait passer des paliers à Jorginho en l'alignant dans ce rôle, puis il l'a emmené à Chelsea où il a de nouveau confié les clés de l'équipe à cet Italo-Brésilien.Dans son club précédent, Empoli (que Sarri a fait monter en Serie A en 2014), le meneur de jeu avancé, Mirko Valdifiori, est parti à Naples. Le club promu a alors loué l'Argentin Leandro Paredes pour le remplacer. Et il a brillé dans ce rôle. De retour à Rome, il y est devenu titulaire avec Luciano Spalletti et il était chargé de donner des ballons exploitables à Rajda Nainggolan, à Mohamed Salah, à Edin Dzeko. Spalletti avait alors lâché : "Miralem Pjanic est parti mais Paredes est exactement le profil dont on a besoin dans ce rôle. Il contrôle le jeu."Après une seule saison, Spalletti a quitté la capitale pour l'Inter. "Je savais que j'allais moins jouer avec Eusebio Di Francesco, donc je devais partir", a déclaré le joueur. Après une saison impressionnante et un titre de vice-champion d'Italie, il semblait prêt pour une équipe du top européen mais il a choisi le Zenit Saint-Pétersbourg, l'ancien club de Spalletti. Pas un hasard. "L'entraîneur, Roberto Mancini, a joué un grand rôle dans mon choix."Au terme de deux années en Russie, il a enfin obtenu un transfert dans une grande puissance, le Paris Saint-Germain. Un club qui avait besoin de renouveler les cadres dans son entrejeu. Thomas Tuchel misait alors sur Idrissa Gueye et Marco Verratti, un joueur au profil similaire. Paredes devait, dans un premier temps, être son back-up.Mais en raison des blessures de son coéquipier italien et surtout de ses propres prestations, il est devenu de plus en plus important pour Paris. Son compatriote Mauricio Pochettino l'apprécie tout autant que Tuchel. Pour le match retour crucial contre le Bayern, il a eu la confiance du coach et Verrati n'a pas décollé du banc. Contre les Allemands, Paredes a sorti des stats impressionnantes.Malgré la pression infernale mise par les gars du Bayern, il n'a jamais été mis en difficulté. Ce soir, face à Manchester City, ses qualités pourraient à nouveau éclater au grand jour. Pour soulager le trio Mbappé - Neymar - Di Maria. Et pour bien les servir en caviars.Par Sebastiaan Van Praet