Le PSG veut être respecté. Et il prévient le Real Madrid contre toute tentative de débauchage hostile de son entraîneur Carlo Ancelotti. Mais l'interview donnée lundi par Nasser al-Khelaïfi à BeIN Sport, la chaîne dont il est également propriétaire, ne met pas fin au feuilleton du départ de l'Italien qui a connu dimanche un épisode décisif.

Le club merengue, qui a tenu lundi un comité directeur, attendait en effet un signal fort de 'Carletto', son premier choix pour remplacer Mourinho annoncé du côté de Chelsea. L'Italien, double vainqueur de la Ligue des Champions comme entraîneur avec l'AC Milan, le lui a envoyé dimanche en annonçant sa "volonté de quitter le club". Selon l'entourage d'Ancelotti, l'entraîneur parisien, en poste depuis fin 2011, a perdu ce qui lui restait de confiance en ses dirigeants dimanche lorsque son président Nasser al-Khelaïfi et le directeur sportif Leonardo ont démenti avoir contacté sous son mandat d'autres techniciens comme Mourinho.

Reprochant à sa direction un manque de compétence globale, Ancelotti, sous contrat jusqu'en 2014, souhaite donc partir pour rejoindre ce Real qui le courtise depuis mars, mais redoute un blocage motivé par des raisons plus politiques que sportives.

"Il y a des solutions juridiques pour que tout se passe bien" Soucieux de l'image de QSI, le propriétaire qatari du PSG, Nasser al-Khelaïfi a répliqué point par point à ces soupçons dans une interview diffusée lundi matin sur BeIn Sport. Et il a vigoureusement mis en garde le Real contre une tentative de débauchage hostile de Carlo Ancelotti, affirmant que cela créerait "un problème juridique", en raison du contrat existant.

En fait, il ne s'agit pas là de nier la volonté de départ de l'entraîneur, mais au contraire d'inviter à des négociations formelles et respectueuses du nouveau statut de grand d'Europe auquel prétend le PSG. "Pour chaque personne souhaitant interrompre son contrat, il y a des solutions juridiques et des négociations afin que tout se passe bien", a-t-il ainsi ajouté.

Nasser Al-Khelaïfi a par ailleurs contesté toute responsabilité dans la rupture éventuelle de ce contrat, niant que les tensions de l'automne soient à l'origine de la volonté de départ de Carlo Ancelotti. "On lui a demandé des explications par rapport au niveau général de l'équipe. C'était notre droit. Il ne peut pas se servir de ça pour partir du club. Au contraire, c'étaient plutôt des pressions positives", a-t-il dit.

Quelles compensations ? Moyennant quoi il se réserve le droit de demander des compensations. Libérer son technicien contre le paiement de 7,5 millions d'euros correspondant à sa dernière année de salaire, serait déjà le minimum. Mais il pourrait également en profiter pour tenter de faire son marché dans les effectifs du Real.

Dans ses discussions, le PSG pourrait ainsi se lancer dans une opération de la dernière chance avec Mourinho, qui n'a toujours pas officiellement rejoint Chelsea. Une surenchère démesurée pourrait retourner le Portugais et permettre 0 Paris de s'afficher comme un club capable de jouer dans la même cour que le Real.

Dans son rapport de force avec les Madrilènes, le PSG peut enfin et surtout essayer de profiter de la situation pour débaucher Cristiano Ronaldo, l'un des emblèmes de la maison blanche. A condition de convaincre aussi un joueur visiblement réticent malgré l'offre de 18 millions d'euros par an qui lui a été faite, selon des sources au PSG.

A Madrid, où un contrat de deux ans attend Ancelotti selon la presse espagnole, trois éléments peuvent toutefois freiner son arrivée. D'abord, le Real ne veut pas payer de clause. Ensuite, l'élection présidentielle cet été au Real sur fond de défiance des socios à l'égard d'Ancelotti. Enfin, le pouvoir de nuisance de Mourinho, entré en conflit avec son vestiaire.

Si le Portugais, sous contrat jusqu'en 2016, veut mettre des bâtons dans les roues de Florentino Perez et si un candidat crédible se déclare contre le président, cela pourrait parasiter l'arrivée du "Pacificateur" 'Carletto' au Real.

Qui pour remplacer Ancelotti ?

Cela peut aussi paradoxalement arranger le PSG, qui cherche frénétiquement un nouveau technicien. Son choix semble s'être porté sur Fabio Capello ou Rafael Benitez, approché par Leonardo.

Le premier, sélectionneur de la Russie et choix N.1, serait intéressé selon certaines sources et le PSG lui aurait demandé de se renseigner sur les conditions de sa libération par sa fédération. Il possède une maison à Paris et sa venue pourrait inciter Zlatan Ibrahimovic et Thiago Silva, qu'il a dirigés à la Juventus et Milan, à rester à Paris.

Licencié par Chelsea où il vient de remporter la C3 huit ans après avoir gagné la C1 avec Liverpool, Benitez est libre et son statut d'intérimaire peut plaire aux Qataris qui s'apprêtent à changer d'entraîneur pour la 3e fois en deux ans. Mais les deux entretiennent des relations compliquées avec Leonardo et leur arrivée rognerait les prérogatives du directeur sportif brésilien, critiqué et contesté en interne. Mais cela lui éviterait de se retrouver en première ligne, ce que QSI peut chercher à lui imposer s'il ne trouve personne... et si Leo n'est pas condamné trop lourdement après avoir bousculé un arbitre le 5 mai.