Dimanche soir, les Parisiens faisaient grise mine après la défaite (3-1) concédée sur le terrain d'une équipe de Nice en état de grâce cette saison (77 points et 2 petites défaites au compteur). Bien que dominés dans la possession, les hommes de Lucien Favre ont infligé une défaite assez logique à Paris, qui n'a jamais trouvé la solution pour venir à bout des Aiglons.

Et pour cause. Avec ce revers, Paris voit Monaco (vainqueur 3-1 de Toulouse samedi) prendre 3 points d'avance et filer vers le titre, avec un match en moins (contre Saint-Étienne) et une différence de buts largement en sa faveur. Pour que Paris soit champion, il faudrait que les hommes de Jardim concèdent au moins deux défaites et un nul sur les 4 derniers matchs (et que le PSG les remporte tous). Au vu de la forme impressionnante des Monégasques, ce scénario semble vraiment improbable.

"C'est vrai qu'aujourd'hui on perd trois points très importants, nous avons de moins bonnes chances pour le titre, mais nous n'avons perdu qu'une opportunité, et nous allons pousser, assurait l'entraîneur parisien Unai Emery dimanche soir. Mais c'est vrai que c'est dur pour nous".

La frustration des Parisiens, à l'image de Motta et Di Maria, expulsés pour de vilains gestes, était bien la preuve que les joueurs ont senti que le titre leur avait échappé, à Nice.

Les Coupes nationales ne consoleront pas Paris

Après une victoire sensationnelle au match aller des 8e de finale de la Ligue des Champions contre Barcelone (4-0), les Parisiens se sont inclinés 6-1 sur le terrain des Catalans au retour, dans ce qui restera probablement une des "remontada" les plus marquantes de l'histoire du football. Un des deux objectifs principaux (avec la Ligue 1) part complètement en fumée au cours de cette soirée improbable, et oblige le club de la capitale à se poser les bonnes questions.

L'humiliation sur la scène continentale n'avait pas pour autant calmé les ardeurs parisiennes en Ligue 1. Depuis, le PSG s'est imposé à 6 reprises en autant de matchs, avant la défaite concédée à l'Allianz Riviera dimanche. Sur le plan comptable en championnat, Paris (80 points en 35 matchs) ne fait pas moins bien que les saisons précédentes. En 2013, ils décrochent le titre avec 83 points, en 2014, 89, en 2015, 83 et l'année dernière, 96. La différence, c'est que la concurrence est bien plus féroce cette saison. Monaco réalise pour l'instant une année totalement folle. L'équipe est en passe d'être championne avec une attaque qui va probablement atteindre les 100 buts. Elle est qualifiée pour la demi-finale (contre la Juventus) de la Ligue des Champions, a atteint la finale de la Coupe de la Ligue et la demi de la Coupe de France (en ayant, en plus, mis au repos toutes ses stars pour le match à Paris, en alignant ses jeunes pousses). Sans oublier, évidemment, l'OGC Nice, déjà auteur d'une belle saison (4e) l'année passée, qui ne pointe qu'à 3 unités de Paris, avec 77 points.

Paris n'a jamais réussi à battre Nice et Monaco en championnat cette saison et le paie certainement maintenant. Sur les 12 points en jeu, les coéquipiers de Thomas Meunier n'en ont pris que 2, et à domicile.

Paris a réalisé un double 'quadruplé' impressionnant en 2015 et 2016, en s'adjugeant le titre de champion, le Trophée des Champions (Supercoupe), la Coupe de France et la Coupe de la Ligue. Cette année, les hommes d'Emery ont déjà remporté la Coupe de la Ligue face à Monaco (4-1) et doivent disputer la finale de la Coupe de France contre Angers, fin mai. Si on peut supposer qu'elle gagnera vraisembablement cette dernière, ne remporter "que" le 'triplé' Coupes nationales-Trophée des Champions cette année ne va guère consoler le champion de France en titre.

Emery va-t-il rester à Paris l'année prochaine ?, Reuters
Emery va-t-il rester à Paris l'année prochaine ? © Reuters

Des recrutements insuffisants

Après le départ du directeur sportif Olivier Létang, acté mi-avril pour une société d'agents sportifs, celui de Kluivert (directeur du football), arrivé en été, pourrait suivre aussi. L'élimination à Barcelone et le recrutement jugé insuffisant en sont probablement les causes. Bien que les recrues Draxler et Meunier soient vraiment de bonnes pioches, elles ne compensent pas vraiment les déceptions, comme Jesé, Ben Arfa, Krychowiak, Guedes ou Lo Celso. Zlatan Ibrahimovic et David Luiz n'ont jamais été vraiment remplacés non plus.

Emery sera-t-il conservé ?

L'ancien coach du FC Séville a été recruté par les dirigeants parisiens dans le but de passer un cap, après l'ère Laurent Blanc (dont le club s'est séparé en juin 2016), qui avait pourtant réalisé 3 superbes saisons à la tête du club parisien. Le bilan de l'Espagnol cette année reste très mitigé, et on retiendra les 4 défaites en début d'exercice (Toulouse, Guingamp, Montpellier et Monaco) qui écartent la thèse de l'accident. Va-t-il rester l'année prochaine ? Et quid aussi de Nasser El-Khelaïfi ?

Concernant l'avenir, il y a plusieurs certitudes. Cavani (auteur d'une superbe saison individuelle) et Thiago Silva viennent de prolonger, Di Maria assure qu'il veut remporter la Ligue des Champions avec Paris, Verratti se voit encore avec la vareuse parisienne l'année prochaine...

Mais des incertitudes aussi: Motta et Maxwell arrivent en fin de contrat, Aurier aurait envie de partir, Matuidi n'a pas prolongé, Lucas n'a pas connu une année facile... Quant au poste de gardien, ni Areola ni Trapp n'auront mis tout le monde d'accord.

Dans l'ensemble, Paris est effectivement passé à côté de sa saison, bien que le bilan comptable (points, buts marqués et encaissés) en Ligue 1 soit plus que correct (25 victoires en 35 matchs, tout de même). La rude concurrence de cette année et le manque de points pris face à celle-ci auront fortement pénalisé l'équipe parisienne dans sa lutte pour le quintuplé. L'élimination en 8e de Coupe d'Europe, surtout au vu de la manière, augurait, déjà début mars, qu'une grande partie de la saison serait un échec. La perte du titre au profit de Monaco, elle, le confirmerait.

Maxime Defays, avec AFP.

Dimanche soir, les Parisiens faisaient grise mine après la défaite (3-1) concédée sur le terrain d'une équipe de Nice en état de grâce cette saison (77 points et 2 petites défaites au compteur). Bien que dominés dans la possession, les hommes de Lucien Favre ont infligé une défaite assez logique à Paris, qui n'a jamais trouvé la solution pour venir à bout des Aiglons.Et pour cause. Avec ce revers, Paris voit Monaco (vainqueur 3-1 de Toulouse samedi) prendre 3 points d'avance et filer vers le titre, avec un match en moins (contre Saint-Étienne) et une différence de buts largement en sa faveur. Pour que Paris soit champion, il faudrait que les hommes de Jardim concèdent au moins deux défaites et un nul sur les 4 derniers matchs (et que le PSG les remporte tous). Au vu de la forme impressionnante des Monégasques, ce scénario semble vraiment improbable. "C'est vrai qu'aujourd'hui on perd trois points très importants, nous avons de moins bonnes chances pour le titre, mais nous n'avons perdu qu'une opportunité, et nous allons pousser, assurait l'entraîneur parisien Unai Emery dimanche soir. Mais c'est vrai que c'est dur pour nous".La frustration des Parisiens, à l'image de Motta et Di Maria, expulsés pour de vilains gestes, était bien la preuve que les joueurs ont senti que le titre leur avait échappé, à Nice.Après une victoire sensationnelle au match aller des 8e de finale de la Ligue des Champions contre Barcelone (4-0), les Parisiens se sont inclinés 6-1 sur le terrain des Catalans au retour, dans ce qui restera probablement une des "remontada" les plus marquantes de l'histoire du football. Un des deux objectifs principaux (avec la Ligue 1) part complètement en fumée au cours de cette soirée improbable, et oblige le club de la capitale à se poser les bonnes questions.L'humiliation sur la scène continentale n'avait pas pour autant calmé les ardeurs parisiennes en Ligue 1. Depuis, le PSG s'est imposé à 6 reprises en autant de matchs, avant la défaite concédée à l'Allianz Riviera dimanche. Sur le plan comptable en championnat, Paris (80 points en 35 matchs) ne fait pas moins bien que les saisons précédentes. En 2013, ils décrochent le titre avec 83 points, en 2014, 89, en 2015, 83 et l'année dernière, 96. La différence, c'est que la concurrence est bien plus féroce cette saison. Monaco réalise pour l'instant une année totalement folle. L'équipe est en passe d'être championne avec une attaque qui va probablement atteindre les 100 buts. Elle est qualifiée pour la demi-finale (contre la Juventus) de la Ligue des Champions, a atteint la finale de la Coupe de la Ligue et la demi de la Coupe de France (en ayant, en plus, mis au repos toutes ses stars pour le match à Paris, en alignant ses jeunes pousses). Sans oublier, évidemment, l'OGC Nice, déjà auteur d'une belle saison (4e) l'année passée, qui ne pointe qu'à 3 unités de Paris, avec 77 points.Paris n'a jamais réussi à battre Nice et Monaco en championnat cette saison et le paie certainement maintenant. Sur les 12 points en jeu, les coéquipiers de Thomas Meunier n'en ont pris que 2, et à domicile. Paris a réalisé un double 'quadruplé' impressionnant en 2015 et 2016, en s'adjugeant le titre de champion, le Trophée des Champions (Supercoupe), la Coupe de France et la Coupe de la Ligue. Cette année, les hommes d'Emery ont déjà remporté la Coupe de la Ligue face à Monaco (4-1) et doivent disputer la finale de la Coupe de France contre Angers, fin mai. Si on peut supposer qu'elle gagnera vraisembablement cette dernière, ne remporter "que" le 'triplé' Coupes nationales-Trophée des Champions cette année ne va guère consoler le champion de France en titre.Après le départ du directeur sportif Olivier Létang, acté mi-avril pour une société d'agents sportifs, celui de Kluivert (directeur du football), arrivé en été, pourrait suivre aussi. L'élimination à Barcelone et le recrutement jugé insuffisant en sont probablement les causes. Bien que les recrues Draxler et Meunier soient vraiment de bonnes pioches, elles ne compensent pas vraiment les déceptions, comme Jesé, Ben Arfa, Krychowiak, Guedes ou Lo Celso. Zlatan Ibrahimovic et David Luiz n'ont jamais été vraiment remplacés non plus.L'ancien coach du FC Séville a été recruté par les dirigeants parisiens dans le but de passer un cap, après l'ère Laurent Blanc (dont le club s'est séparé en juin 2016), qui avait pourtant réalisé 3 superbes saisons à la tête du club parisien. Le bilan de l'Espagnol cette année reste très mitigé, et on retiendra les 4 défaites en début d'exercice (Toulouse, Guingamp, Montpellier et Monaco) qui écartent la thèse de l'accident. Va-t-il rester l'année prochaine ? Et quid aussi de Nasser El-Khelaïfi ?Concernant l'avenir, il y a plusieurs certitudes. Cavani (auteur d'une superbe saison individuelle) et Thiago Silva viennent de prolonger, Di Maria assure qu'il veut remporter la Ligue des Champions avec Paris, Verratti se voit encore avec la vareuse parisienne l'année prochaine...Mais des incertitudes aussi: Motta et Maxwell arrivent en fin de contrat, Aurier aurait envie de partir, Matuidi n'a pas prolongé, Lucas n'a pas connu une année facile... Quant au poste de gardien, ni Areola ni Trapp n'auront mis tout le monde d'accord. Dans l'ensemble, Paris est effectivement passé à côté de sa saison, bien que le bilan comptable (points, buts marqués et encaissés) en Ligue 1 soit plus que correct (25 victoires en 35 matchs, tout de même). La rude concurrence de cette année et le manque de points pris face à celle-ci auront fortement pénalisé l'équipe parisienne dans sa lutte pour le quintuplé. L'élimination en 8e de Coupe d'Europe, surtout au vu de la manière, augurait, déjà début mars, qu'une grande partie de la saison serait un échec. La perte du titre au profit de Monaco, elle, le confirmerait.Maxime Defays, avec AFP.