Les supporters qui voudront assister sur place au Mondial des clubs à Doha, à partir du 11 décembre, s'exposent à un voyage hasardeux. La FIFA vient d'annoncer qu'elle avait vendu des billets à environ 200 supporters en Arabie saoudite et à Bahreïn ainsi qu'à 500 amateurs de football d'Égypte et des Émirats arabes unis. Ces quatre pays sont en conflit avec le Qatar, estimant notamment que celui-ci "se mêle d'affaires intérieures". Les quatre pays ont donc rappelé leurs ambassadeurs et ont interdit à leurs habitants de se rendre au Qatar. Ceux qui s'y aventurent risquent de lourdes sanctions comme le retrait de leur passeport.

Human Rights Watch estime que la FIFA aurait dû signaler ce problème lors de la vente des billets, ce qu'elle n'a pas fait. Adel Koraim, un supporter de Liverpool issu du Caire, a raconté au journal The Independent qu'on est mal vu dans son pays si on se rend au Qatar, depuis l'interdiction prononcée en 2017, mais que beaucoup d'Égyptiens aimeraient assister à ce Mondial des clubs pour y voir à l'oeuvre Mohamed Salah, leur héros national, qui porte le maillot de Liverpool.

Ce blocus pourrait s'avérer problématique pour le Mondial 2022, présenté comme "un tournoi pour tout le Moyen-Orient". Le Mondial d'athlétisme, qui s'est déroulé à Doha il y a un peu plus d'un mois, a été très spectaculaire mais on a aussi remarqué les tribunes vides. Certains attribuent ce problème à la situation politique. Hamid Ismail, un international du Qatar, espère accueillir bientôt des amateurs de football de tout le Moyen-Orient : "Le football est comme l'amour. On ne peut pas dire aux gens qu'ils ne peuvent pas se rendre au Mondial."

Amour ou pas, le Mondial 2022 a beaucoup d'autres problèmes. Le Qatar, qui sera le plus petit pays à accueillir une Coupe du monde, va devoir proposer un lit à plus d'un million de visiteurs étrangers. Officiellement, ce n'est pas un problème. Le Qatar va mettre à profit tous les modes de logements, des campings dans le désert aux bateaux. Mais en coulisses, on est moins confient, surtout pour la phase par poules, durant laquelle des supporters issus de 32 pays se retrouveront à Doha.

Sa situation politique joue encore des tours au Qatar de ce point de vue. Dubai, la capitale des Émirats arabes unis, n'est qu'à une demi-heure de vol et serait donc une base idéale mais suite au boycott, les vols entre les Émirats et le Qatar ont été supprimés...

Enfin, il y a aussi le problème des billets. Lors des éditions précédentes, on a réservé un certain pourcentage de billets moins chers à la population du pays organisateur mais compte tenu de la richesse du Qatari moyen et de sa prédilection pour les places VIP, il va falloir revoir cette stratégie. Bref, il y a encore beaucoup de pain sur la planche.