Contrôler les infiltrations

Dès la récupération du ballon, les Azzurri cherchent un jeu très direct. Bonucci et De Rossi (ou Thiago Motta) représentent des rampes de lancement idéales pour Pellè dont le "profil Target man" permet de trouver très haut et très vite un point d'ancrage idéal. À partir de cette situation, des joueurs comme Giaccherini, Candreva, Bernardeschi, Florenzi ou encore Insigne (qui tous évoluent aussi bien sur les côtés qu'à l'intérieur), Eder, Immobile, El Shaarawy (en qualité de second attaquant) sont amenés à attaquer la profondeur via des courses incisives dans le dos de notre défense. Rappelons-nous du but encaissé lors du récent Belgique-Italie (3-1) : quatre passes (dont l'assist de Florenzi) leur avaient permis de nous désarçonner sans aucune réaction de nos Diables tant la fulgurance de la phase fût d'une efficacité redoutable.

Pellè recevant le long ballon de Chiellini remisa pour Candreva. Un contrôle et une superbe diagonale plus loin, Florenzi se présenta lancé contre le seul Verthongen, ne sachant pas s'il devait presser ou temporiser l'action. L'excellent centre du flanc droit italien trouva Pellè au sol dont la reprise en un temps ne put être que repoussée par Mignolet dans les pieds de Candreva, se chargeant de nous crucifier.

Cette action démontre le potentiel italien, savoir être dangereux et efficace en plaçant très peu de joueurs devant le ballon (Candreva étant à l'origine et à la fin de l'action). Cette action démontre à merveille à quel point il est utile de ne pas partir dans des mises sous pression anarchiques de l'adversaire (Chiellini pouvant adresser un long ballon car Carrasco/Nainggolan/Lukaku étaient en retard au départ), cela n'aura pour conséquence que d'étirer notre équipe alors qu'elle devra constamment être la plus courte possible.

En quatre passes, l'Italie avait totalement déstructuré le bloc belge en novembre dernier., sportfoot
En quatre passes, l'Italie avait totalement déstructuré le bloc belge en novembre dernier. © sportfoot

Comment presser ce 3-5-2 ?

Voilà cinq ans qu'ils forment la base défensive de la Juve : Bonucci et ses faux airs de libero, Chiellini toujours présent dans l'impact et Barzagli maitre dans les duels aériens. Ce trio conditionnera probablement le module de la Squadra. Des défenseurs à "l'italienne", sauf que c'est au travers de ce trio qu'ils se subliment l'un l'autre tant leur fonctionnement est abouti.

Nos Diables devront être capables d'organiser à certains moments-clés un pressing tout terrain. En effet, en phase de construction, l'Italie s'appuie sur ses défenseurs centraux qui s'étalent sur toute la largeur, complétés par un contrôleur (probablement Motta ou De Rossi) devant eux. La position des latéraux italiens (hauts et larges) peut fortement troubler nos ailiers et notre n°9 si notre bloc se trouve en position d'attente. La raison est simple : ils n'ont pas les repères habituels face à eux, c'est-à-dire une défense classique à quatre où chacun trouve aisément son opposant direct.

D'où la nécessité d'oser presser haut et fort. L'adaptation de notre pressing doit principalement concerner nos trois attaquants puisqu'au-delà de leur hauteur, il s'agira de ne pas se tromper de cibles, c'est-à-dire les 3 défenseurs axiaux! D'autant que Bonucci possède une excellente qualité de passe (courte ou longue). L'idée sera de se montrer "étouffant" et donc d'oser s'exécuter "sans filet" de manière à priver le bloc italien de confort, car ils raffolent des situations où l'adversaire opte pour un bloc "d'attente" afin de très rapidement verticaliser le jeu.

La compacité de notre bloc équipe qui doit, dans une telle animation, se mouvoir comme un seul homme sera crucial. Cela revient à identifier le moment idéal (temps de passe des relances courtes de Buffon sur l'un des 3 axiaux) pour ensuite couper toutes les possibilités de l'adversaire sans étirer notre bloc, car les Italiens possèdent des joueurs capables d'évoluer entre nos lignes pour ensuite très vite creuser la profondeur.

Les Diables devront oser un pressing très haut pour contrarier la relance italienne, sportfoot
Les Diables devront oser un pressing très haut pour contrarier la relance italienne © sportfoot

Gêner l'Italie sur jeu posé

L'Allemagne, lors de sa victoire 4-1 face aux Italiens en match de préparation, s'est disposée dans le même module que la Squadra, à savoir un 3-4-2-1. Le premier but allemand met en évidence les faiblesses de l'animation italienne (en 5-4-1 en phase de repli). En effet, les Allemands, étant maitres du contrôle de la rencontre, ont très vite fait vaciller le rapport de force en leur faveur tant leur supériorité technique était criante.

Müller, positionné initialement dans un rôle d'intérieur droit (comme souvent dans le Bayern de Guardiola) s'est souvent porté sur le côté droit pour chercher le dos de Giaccherini (le latéral italien), celui-ci étant constamment focalisé sur la position de son vis-à-vis direct Rudy (le latéral allemand) qui l'a fait régulièrement sortir de position. L'espace ainsi libéré, Müller pouvait en profiter grâce aux transmissions chirurgicales d'Özil. Le reste est du grand classique: centre de Müller pour l'infiltration de Kroos qui crucifia Buffon à l'entrée des 16 mètres.

On voit aussi un rectangle italien garni d'un nombre important d'Allemands. C'est évidemment là aussi que se fait la différence, le bloc défensif azzurro devant suivre les courses intelligentes de Götze, Draxler ou encore Hector (latéral gauche). Bref, contrôler la possession (délibérément ou parce que l'Italie la concède volontairement) offre la possibilité de placer des offensives élaborées sans précipitation en usant le bloc adverse. La moindre faille dans l'exécution des tâches défensives étant exploitée. Le jeu de position offensif de la Mannschaft s'inspire fortement des préceptes de Guardiola avec comme idée commune, le CONTRÔLE et la CRÉATION des ESPACES.

Löw a fait preuve de mimétisme dans son système mais notre 4-3-3 peut tout à fait convenir avec quelques adaptations subtiles dans notre jeu de position offensif: la présence de joueur dans l'interligne (Hazard/Mertens/Carrasco/De Bruyne) et la projection de nos latéraux pour étirer la première ligne de pression et exploiter les flancs en contournant ce bloc bas.

Kroos marque face à l'Italie suite à une combinaison entre Müller, Rudy et Özil sur le flanc droit. 
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Kroos marque face à l'Italie suite à une combinaison entre Müller, Rudy et Özil sur le flanc droit. © sportfoot

Conclusion

Tout comme nos Diables, Conte a dû composer avec les défections sur blessures de joueurs importants, à la différence que cela concerne son secteur médian. Plus de Pirlo et pas de Montolivo, Marchisio et Verratti. Ces joueurs sont des profils idéaux afin de contrôler le tempo d'une rencontre, ce qui sied parfaitement à Conte (ses trois ans à la Juve lui ont permis d'installer un remarquable jeu de possession).

Privé de ces solutions, il a donc activé d'autres leviers : des joueurs interchangeables, tous d'un très bon niveau, sans véritable star mais dont la maîtrise tactique permet de s'adapter à différents schémas de jeu (3-5-2 / 3-4-2-1 / 4-4-2 à plat ou en losange) sans perdre en homogénéité. La capacité des Italiens à faire "bloc" n'est plus à démontrer, ils aiment et savent souffrir. Toutefois, ils auront vécus des matchs de préparation contrastés face à quelques ténors en étant excellent contre la Roja (1-1) pour ensuite se faire laminer contre la Mannschaft de Joachim Löw (défaite 4-1).

Le récent Belgique - Finlande, avec des Scandinaves certes modestes mais très efficaces dans leur 5-3-2, a dû confirmer au sélectionneur italien toutes les peines du monde que nous avions à contourner ce type d'organisation défensive. Lui qui "attend" des réponses lors de cette rencontre inaugurale du groupe E, tout en disposant de moins de ressources que par le passé, place son exigence et son insistance sur l'état d'esprit insufflé qui l'autorise à déclarer ceci : "Nous ne devons pas nous fixer d'objectifs, mais pas de limites non plus..."

Nul doute que Conte, extrêmement méticuleux aura pris bonne note des lacunes rencontrées par nos Diables lorsque ceux-ci doivent assumer la possession du cuir, ses séances soignées au travers de longues mises en place tactiques tendent à prouver que le plan de jeu sera clair : laisser le ballon, densifier et fermer l'axe, presser sur les côtés, verticalité et projections dès la récupération.

Marc Wilmots et ses protégés, ayant présenté un visage pour le moins nonchalant face aux Scandinaves, seront prévenus du danger qui les attend sans les idées et l'implication mentale minimale nécessaires et inhérentes à ce type de confrontation

De Rossi et Motta sont en balance pour le poste devant la défense, tandis que Zaza pourrait être titularisé aux côtés de Pellè à la place d'Eder., sportfoot
De Rossi et Motta sont en balance pour le poste devant la défense, tandis que Zaza pourrait être titularisé aux côtés de Pellè à la place d'Eder. © sportfoot
Contrôler les infiltrations Dès la récupération du ballon, les Azzurri cherchent un jeu très direct. Bonucci et De Rossi (ou Thiago Motta) représentent des rampes de lancement idéales pour Pellè dont le "profil Target man" permet de trouver très haut et très vite un point d'ancrage idéal. À partir de cette situation, des joueurs comme Giaccherini, Candreva, Bernardeschi, Florenzi ou encore Insigne (qui tous évoluent aussi bien sur les côtés qu'à l'intérieur), Eder, Immobile, El Shaarawy (en qualité de second attaquant) sont amenés à attaquer la profondeur via des courses incisives dans le dos de notre défense. Rappelons-nous du but encaissé lors du récent Belgique-Italie (3-1) : quatre passes (dont l'assist de Florenzi) leur avaient permis de nous désarçonner sans aucune réaction de nos Diables tant la fulgurance de la phase fût d'une efficacité redoutable. Pellè recevant le long ballon de Chiellini remisa pour Candreva. Un contrôle et une superbe diagonale plus loin, Florenzi se présenta lancé contre le seul Verthongen, ne sachant pas s'il devait presser ou temporiser l'action. L'excellent centre du flanc droit italien trouva Pellè au sol dont la reprise en un temps ne put être que repoussée par Mignolet dans les pieds de Candreva, se chargeant de nous crucifier. Cette action démontre le potentiel italien, savoir être dangereux et efficace en plaçant très peu de joueurs devant le ballon (Candreva étant à l'origine et à la fin de l'action). Cette action démontre à merveille à quel point il est utile de ne pas partir dans des mises sous pression anarchiques de l'adversaire (Chiellini pouvant adresser un long ballon car Carrasco/Nainggolan/Lukaku étaient en retard au départ), cela n'aura pour conséquence que d'étirer notre équipe alors qu'elle devra constamment être la plus courte possible.Comment presser ce 3-5-2 ?Voilà cinq ans qu'ils forment la base défensive de la Juve : Bonucci et ses faux airs de libero, Chiellini toujours présent dans l'impact et Barzagli maitre dans les duels aériens. Ce trio conditionnera probablement le module de la Squadra. Des défenseurs à "l'italienne", sauf que c'est au travers de ce trio qu'ils se subliment l'un l'autre tant leur fonctionnement est abouti. Nos Diables devront être capables d'organiser à certains moments-clés un pressing tout terrain. En effet, en phase de construction, l'Italie s'appuie sur ses défenseurs centraux qui s'étalent sur toute la largeur, complétés par un contrôleur (probablement Motta ou De Rossi) devant eux. La position des latéraux italiens (hauts et larges) peut fortement troubler nos ailiers et notre n°9 si notre bloc se trouve en position d'attente. La raison est simple : ils n'ont pas les repères habituels face à eux, c'est-à-dire une défense classique à quatre où chacun trouve aisément son opposant direct. D'où la nécessité d'oser presser haut et fort. L'adaptation de notre pressing doit principalement concerner nos trois attaquants puisqu'au-delà de leur hauteur, il s'agira de ne pas se tromper de cibles, c'est-à-dire les 3 défenseurs axiaux! D'autant que Bonucci possède une excellente qualité de passe (courte ou longue). L'idée sera de se montrer "étouffant" et donc d'oser s'exécuter "sans filet" de manière à priver le bloc italien de confort, car ils raffolent des situations où l'adversaire opte pour un bloc "d'attente" afin de très rapidement verticaliser le jeu. La compacité de notre bloc équipe qui doit, dans une telle animation, se mouvoir comme un seul homme sera crucial. Cela revient à identifier le moment idéal (temps de passe des relances courtes de Buffon sur l'un des 3 axiaux) pour ensuite couper toutes les possibilités de l'adversaire sans étirer notre bloc, car les Italiens possèdent des joueurs capables d'évoluer entre nos lignes pour ensuite très vite creuser la profondeur.Gêner l'Italie sur jeu poséL'Allemagne, lors de sa victoire 4-1 face aux Italiens en match de préparation, s'est disposée dans le même module que la Squadra, à savoir un 3-4-2-1. Le premier but allemand met en évidence les faiblesses de l'animation italienne (en 5-4-1 en phase de repli). En effet, les Allemands, étant maitres du contrôle de la rencontre, ont très vite fait vaciller le rapport de force en leur faveur tant leur supériorité technique était criante. Müller, positionné initialement dans un rôle d'intérieur droit (comme souvent dans le Bayern de Guardiola) s'est souvent porté sur le côté droit pour chercher le dos de Giaccherini (le latéral italien), celui-ci étant constamment focalisé sur la position de son vis-à-vis direct Rudy (le latéral allemand) qui l'a fait régulièrement sortir de position. L'espace ainsi libéré, Müller pouvait en profiter grâce aux transmissions chirurgicales d'Özil. Le reste est du grand classique: centre de Müller pour l'infiltration de Kroos qui crucifia Buffon à l'entrée des 16 mètres.On voit aussi un rectangle italien garni d'un nombre important d'Allemands. C'est évidemment là aussi que se fait la différence, le bloc défensif azzurro devant suivre les courses intelligentes de Götze, Draxler ou encore Hector (latéral gauche). Bref, contrôler la possession (délibérément ou parce que l'Italie la concède volontairement) offre la possibilité de placer des offensives élaborées sans précipitation en usant le bloc adverse. La moindre faille dans l'exécution des tâches défensives étant exploitée. Le jeu de position offensif de la Mannschaft s'inspire fortement des préceptes de Guardiola avec comme idée commune, le CONTRÔLE et la CRÉATION des ESPACES. Löw a fait preuve de mimétisme dans son système mais notre 4-3-3 peut tout à fait convenir avec quelques adaptations subtiles dans notre jeu de position offensif: la présence de joueur dans l'interligne (Hazard/Mertens/Carrasco/De Bruyne) et la projection de nos latéraux pour étirer la première ligne de pression et exploiter les flancs en contournant ce bloc bas.Conclusion Tout comme nos Diables, Conte a dû composer avec les défections sur blessures de joueurs importants, à la différence que cela concerne son secteur médian. Plus de Pirlo et pas de Montolivo, Marchisio et Verratti. Ces joueurs sont des profils idéaux afin de contrôler le tempo d'une rencontre, ce qui sied parfaitement à Conte (ses trois ans à la Juve lui ont permis d'installer un remarquable jeu de possession). Privé de ces solutions, il a donc activé d'autres leviers : des joueurs interchangeables, tous d'un très bon niveau, sans véritable star mais dont la maîtrise tactique permet de s'adapter à différents schémas de jeu (3-5-2 / 3-4-2-1 / 4-4-2 à plat ou en losange) sans perdre en homogénéité. La capacité des Italiens à faire "bloc" n'est plus à démontrer, ils aiment et savent souffrir. Toutefois, ils auront vécus des matchs de préparation contrastés face à quelques ténors en étant excellent contre la Roja (1-1) pour ensuite se faire laminer contre la Mannschaft de Joachim Löw (défaite 4-1). Le récent Belgique - Finlande, avec des Scandinaves certes modestes mais très efficaces dans leur 5-3-2, a dû confirmer au sélectionneur italien toutes les peines du monde que nous avions à contourner ce type d'organisation défensive. Lui qui "attend" des réponses lors de cette rencontre inaugurale du groupe E, tout en disposant de moins de ressources que par le passé, place son exigence et son insistance sur l'état d'esprit insufflé qui l'autorise à déclarer ceci : "Nous ne devons pas nous fixer d'objectifs, mais pas de limites non plus..." Nul doute que Conte, extrêmement méticuleux aura pris bonne note des lacunes rencontrées par nos Diables lorsque ceux-ci doivent assumer la possession du cuir, ses séances soignées au travers de longues mises en place tactiques tendent à prouver que le plan de jeu sera clair : laisser le ballon, densifier et fermer l'axe, presser sur les côtés, verticalité et projections dès la récupération.Marc Wilmots et ses protégés, ayant présenté un visage pour le moins nonchalant face aux Scandinaves, seront prévenus du danger qui les attend sans les idées et l'implication mentale minimale nécessaires et inhérentes à ce type de confrontation