Il venait d'avoir 18 ans, il était beau comme un enfant, mais loin d'être fort comme un homme. Petit prodige du Rapid Vienne, Yusuf Demir est envoyé en prêt en juillet dernier au grand Barça. Ce dernier est en quête d'un nouveau pied gauche capable d'hypnotiser le Camp Nou depuis le départ de Lionel Messi pour Paris. Né en 2003 à Vienne, Demir commence à jouer au football à sept ans et rejoint le First Vienna FC où il effectue une partie de sa formation avant de rejoindre le cercle footballistique le plus huppé de la capitale viennoise, le Rapid. On parle d'un très grand club historique du foot autrichien, même s'il doit désormais se contenter de l'ombre des ailes d'un Red Bull Salzbourg devenu maître du territoire grâce aux euros du puissant Dietrich Mateschitz.

Au long de leurs 123 années d'existence, Die Grün-Weißen se sont parés à 32 reprises des lauriers de champion et ont soulevé à 14 reprises la Coupe nationale. Ils ont même la particularité d'avoir remporté... le championnat et la Coupe d'Allemagne à une époque où l'Autriche avait été annexée par Adolf Hitler. Ils furent aussi finalistes de la Coupe des Vainqueurs de Coupe à deux reprises, en 1985 et 1996, soit trois années après la dernière finale européenne d'un club belge (L'Antwerp contre Parme à Wembley).

Un Rapid finaliste européen à Bruxelles

Ce duel de finale européenne s'était d'ailleurs déroulé dans un stade roi Baudouin remis à neuf (la bonne blague comme on le verra par la suite) pour l'Euro 2000. Les Viennois avaient cependant trouvé leurs maîtres sur la pelouse avec le PSG qui attend toujours depuis lors de retrouver l'ivresse des sommets européens.

Si Axel Lawarée fut l'une des stars de l'équipe entre 2003 et 2006, d'autres grands noms prestigieux (ou ronflants) ont revêti la liquette verte et blanche du club domicilié au stade Gerhard Hanappi, du nom d'une de ses légendes. On citera Ernst Happel (qu'on a surtout connu comme coach en Begique), Andreas Herzog, Trifon Ivanov, Carsten Jancker, Zlatko Kranjcar, Dejan Savicevic, Gaston Taument (ancien flop bien connu d'Anderlecht mais légende de Feyenoord) ou Antonin Panenka. Ce dernier rejoint la capitale autrichienne cinq ans après son tir au but éponyme en finale de l'Euro 1976.

Mais le Rapid est désormais un peu éloigné de ce prestigieux passé. Le nom de l'équipe autrichienne n'apparaît que très rarement dans les 16 dernières équipes engagées dans les compétitions européennes depuis deux décennies. Mais le club reste le plus populaire du pays malgré les succès du Red Bull Salzbourg ou de l'Austria Vienne.

Le Rapid s'est forcément félicité de dénicher une pépite de la qualité de Yusuf Demir qui en plus est natif de sa ville. Le symbole est parfait pour un Rapidler qui souhaite renouer avec son glorieux passé.

Yusuf Demir aura porté le numéro 11 au Barça à neuf reprises., iStock
Yusuf Demir aura porté le numéro 11 au Barça à neuf reprises. © iStock

Le 26 mai 2019, le gaucher signe son premier contrat professionnel alors qu'il n'est âgé que de 15 ans. A la mi-décembre, il effectue sa première apparition sous le maillot de l'équipe première contre Admira Wacker. Il faudra cependant attendre le 30 août de l'année suivante pour voir le Messi autrichien marquer son premier but à l'occasion d'un match de Coupe contre le modeste TSV St. Johann. Deux semaines plus tard, Demir et ses copains du Rapid se rendent à la Ghelamco Arena pour un match du 3e tour préliminaire de la Ligue des Champions contre La Gantoise. Le jeune prodige réduit le score à 2-1 en trompant Davy Roef dans les arrêts de jeu.

Le jeune milieu offensif s'installe progressivement dans le onze de base du club viennois et est même convoqué en mars pour la première fois avec la sélection autrichienne. Il dispute ses premières minutes contre les Îles Féroé le 28 mars. La première saison de Yusuf Demir chez les grands du Rapid Vienne se termine sur un bilan plutôt intéressant de 8 buts et 3 passes décisives en 28 rencontres, toutes compétitions confondues. De quoi séduire le Barça qui le fait venir en location dès l'été 2021 en échange de 500.000 euros.

Sélectionné en équipe d'Autriche dès mars 2021

Un mois après son arrivée en Espagne, Yusuf Demir dispute le trophée Gamper contre à la Juventus. Les Catalans se s'imposent 3-0 et l'Autrichien crève l'écran. Est-il le successeur inattendu de La Pulga ? Les médias pensent que la direction espagnole est déjà convaincue par son talent et qu'elle lèvera sûrement l'option de 10 millions d'euros liée à son prêt.

Pour que cet achat devienne effectif, il faut que le jeune prodige dispute 10 rencontres sous la liquette blaugrana. Il en dispute six en Liga et trois en Ligue des Champions. Il ne manque plus qu'un match et puis, plus rien...

Sa dernière apparition sous le maillot du Barça remonte au 8 décembre face au Bayern Munich. Les finances catalanes sont dans le rouge et l'Autrichien est mis au placard afin d'économiser des millions qu'ils aimeraient bien investir en la personne de Ferran Torres. Pour donner un dernier coup derrière la tête du pauvre Demir, le Barça résilie son prêt à la fin décembre. Après s'être sans doute imaginé installé pour quelques années en bord de Méditerranée, le gaucher retrouve le Prater viennois de son enfance où il signe finalement une prolongation de contrat jusqu'en 2024.

Une âme en peine avec le numéro 10 depuis son retour au Rapid

S'il a retrouvé un environnement qui le respecte plus, le joueur a laissé une partie de sa tête en Espagne. "J'ai quitté le Barça en étant triste, mais j'ai mûri et je suis devenu un professionnel", avouait-il à la presse autrichienne lors de son retour. Le Rapid lui a donné le numéro 10 pour lui montrer son importance et tenter de le rebooster sur le plan mental. Il devait devenir la nouvelle référence du football autrichien dans un environnement qui allait le remettre en selle, mais pour l'instant le bilan est décevant. Demir ne décolle plus sur les bords du Danube.

En six matches officiels (trois en Bundesliga autrichienne, deux en Conference League et un en Coupe d'Autriche), il n'a débuté que les deux matches européens. Son équipe a en revanche été éliminée par le Vitesse Arnhem de Loïs Openda (2-0 et 2-1).

En championnat, au sein d'un Rapid seulement sixième de la compéitition, il n'a joué que 30 minutes sur 180 possibles. En Coupe, il n'a eu droit qu'à 35 minutes et le match s'est soldé par un nouveau KO douloureux avec l'élimination des oeuvres du modeste Hartberg (1-2). Pendant ces bribes de matches, Demir n'a pas marqué de but. Il lui faudra manifestement encore du temps pour se remettre de l'uppercut que lui a donné le FC Barcelone en guise de cadeau de Noël.

Il venait d'avoir 18 ans, il était beau comme un enfant, mais loin d'être fort comme un homme. Petit prodige du Rapid Vienne, Yusuf Demir est envoyé en prêt en juillet dernier au grand Barça. Ce dernier est en quête d'un nouveau pied gauche capable d'hypnotiser le Camp Nou depuis le départ de Lionel Messi pour Paris. Né en 2003 à Vienne, Demir commence à jouer au football à sept ans et rejoint le First Vienna FC où il effectue une partie de sa formation avant de rejoindre le cercle footballistique le plus huppé de la capitale viennoise, le Rapid. On parle d'un très grand club historique du foot autrichien, même s'il doit désormais se contenter de l'ombre des ailes d'un Red Bull Salzbourg devenu maître du territoire grâce aux euros du puissant Dietrich Mateschitz. Au long de leurs 123 années d'existence, Die Grün-Weißen se sont parés à 32 reprises des lauriers de champion et ont soulevé à 14 reprises la Coupe nationale. Ils ont même la particularité d'avoir remporté... le championnat et la Coupe d'Allemagne à une époque où l'Autriche avait été annexée par Adolf Hitler. Ils furent aussi finalistes de la Coupe des Vainqueurs de Coupe à deux reprises, en 1985 et 1996, soit trois années après la dernière finale européenne d'un club belge (L'Antwerp contre Parme à Wembley). Ce duel de finale européenne s'était d'ailleurs déroulé dans un stade roi Baudouin remis à neuf (la bonne blague comme on le verra par la suite) pour l'Euro 2000. Les Viennois avaient cependant trouvé leurs maîtres sur la pelouse avec le PSG qui attend toujours depuis lors de retrouver l'ivresse des sommets européens.Si Axel Lawarée fut l'une des stars de l'équipe entre 2003 et 2006, d'autres grands noms prestigieux (ou ronflants) ont revêti la liquette verte et blanche du club domicilié au stade Gerhard Hanappi, du nom d'une de ses légendes. On citera Ernst Happel (qu'on a surtout connu comme coach en Begique), Andreas Herzog, Trifon Ivanov, Carsten Jancker, Zlatko Kranjcar, Dejan Savicevic, Gaston Taument (ancien flop bien connu d'Anderlecht mais légende de Feyenoord) ou Antonin Panenka. Ce dernier rejoint la capitale autrichienne cinq ans après son tir au but éponyme en finale de l'Euro 1976.Mais le Rapid est désormais un peu éloigné de ce prestigieux passé. Le nom de l'équipe autrichienne n'apparaît que très rarement dans les 16 dernières équipes engagées dans les compétitions européennes depuis deux décennies. Mais le club reste le plus populaire du pays malgré les succès du Red Bull Salzbourg ou de l'Austria Vienne.Le Rapid s'est forcément félicité de dénicher une pépite de la qualité de Yusuf Demir qui en plus est natif de sa ville. Le symbole est parfait pour un Rapidler qui souhaite renouer avec son glorieux passé. Le 26 mai 2019, le gaucher signe son premier contrat professionnel alors qu'il n'est âgé que de 15 ans. A la mi-décembre, il effectue sa première apparition sous le maillot de l'équipe première contre Admira Wacker. Il faudra cependant attendre le 30 août de l'année suivante pour voir le Messi autrichien marquer son premier but à l'occasion d'un match de Coupe contre le modeste TSV St. Johann. Deux semaines plus tard, Demir et ses copains du Rapid se rendent à la Ghelamco Arena pour un match du 3e tour préliminaire de la Ligue des Champions contre La Gantoise. Le jeune prodige réduit le score à 2-1 en trompant Davy Roef dans les arrêts de jeu.Le jeune milieu offensif s'installe progressivement dans le onze de base du club viennois et est même convoqué en mars pour la première fois avec la sélection autrichienne. Il dispute ses premières minutes contre les Îles Féroé le 28 mars. La première saison de Yusuf Demir chez les grands du Rapid Vienne se termine sur un bilan plutôt intéressant de 8 buts et 3 passes décisives en 28 rencontres, toutes compétitions confondues. De quoi séduire le Barça qui le fait venir en location dès l'été 2021 en échange de 500.000 euros.Un mois après son arrivée en Espagne, Yusuf Demir dispute le trophée Gamper contre à la Juventus. Les Catalans se s'imposent 3-0 et l'Autrichien crève l'écran. Est-il le successeur inattendu de La Pulga ? Les médias pensent que la direction espagnole est déjà convaincue par son talent et qu'elle lèvera sûrement l'option de 10 millions d'euros liée à son prêt.Pour que cet achat devienne effectif, il faut que le jeune prodige dispute 10 rencontres sous la liquette blaugrana. Il en dispute six en Liga et trois en Ligue des Champions. Il ne manque plus qu'un match et puis, plus rien...Sa dernière apparition sous le maillot du Barça remonte au 8 décembre face au Bayern Munich. Les finances catalanes sont dans le rouge et l'Autrichien est mis au placard afin d'économiser des millions qu'ils aimeraient bien investir en la personne de Ferran Torres. Pour donner un dernier coup derrière la tête du pauvre Demir, le Barça résilie son prêt à la fin décembre. Après s'être sans doute imaginé installé pour quelques années en bord de Méditerranée, le gaucher retrouve le Prater viennois de son enfance où il signe finalement une prolongation de contrat jusqu'en 2024. S'il a retrouvé un environnement qui le respecte plus, le joueur a laissé une partie de sa tête en Espagne. "J'ai quitté le Barça en étant triste, mais j'ai mûri et je suis devenu un professionnel", avouait-il à la presse autrichienne lors de son retour. Le Rapid lui a donné le numéro 10 pour lui montrer son importance et tenter de le rebooster sur le plan mental. Il devait devenir la nouvelle référence du football autrichien dans un environnement qui allait le remettre en selle, mais pour l'instant le bilan est décevant. Demir ne décolle plus sur les bords du Danube.En six matches officiels (trois en Bundesliga autrichienne, deux en Conference League et un en Coupe d'Autriche), il n'a débuté que les deux matches européens. Son équipe a en revanche été éliminée par le Vitesse Arnhem de Loïs Openda (2-0 et 2-1). En championnat, au sein d'un Rapid seulement sixième de la compéitition, il n'a joué que 30 minutes sur 180 possibles. En Coupe, il n'a eu droit qu'à 35 minutes et le match s'est soldé par un nouveau KO douloureux avec l'élimination des oeuvres du modeste Hartberg (1-2). Pendant ces bribes de matches, Demir n'a pas marqué de but. Il lui faudra manifestement encore du temps pour se remettre de l'uppercut que lui a donné le FC Barcelone en guise de cadeau de Noël.