Quelques heures à peine après le feu vert du gouvernement à une reprise de la Bundesliga mercredi, la Ligue allemande de football (DFL) a annoncé la date des premiers matches: la 26e journée, reportée en mars, débutera le vendredi 15 mai. Les horaires exacts des rencontres n'étaient pas encore publiés jeudi matin, avant une assemblée générale des clubs prévue dans l'après-midi.

"C'est une bonne nouvelle pour la Bundesliga. Mais elle va de pair avec une lourde responsabilité pour les clubs et leur personnel qui doivent mettre en oeuvre les procédures médicales et organisationnelles avec discipline", a immédiatement déclaré le président de la DFL Christian Seifert, qui n'avait pas ménagé sa peine pour obtenir cette autorisation.

Clairement, une contamination massive des footballeurs, synonyme de mise en quarantaine des équipes et d'arrêt définitif de la saison, serait une catastrophe. Cette reprise doit en effet permettre aux 36 clubs de première et deuxième division, qui font vivre 56.000 personnes, de récupérer 300 millions d'euros de droits TV et, pour certains, d'éviter la faillite qui se profile.

Pour convaincre le monde politique, M. Seifert et la Ligue ont proposé un plan très complet de mesures sanitaires, basé sur des milliers de tests du coronavirus pour les joueurs et leur encadrement.

"Signal fatal"

Un protocole rigoureux dicte en outre les mesures à observer en club, en déplacement, dans les hôtels, et codifie les comportements de chacun avant, pendant et après les matches (joueurs, staffs, arbitres, médias, personnel, etc).

"Ce qui est proposé est sensé", a estimé le président du Comité olympique allemand (DOSB) Alfons Hörmann. "Mais avec un grand point d'interrogation: est-ce que les responsables vont réussir à tout mettre en oeuvre de façon absolument rigoureuse et professionelle ?"

Plusieurs joueurs ont reconnu que leur comportement serait décisif: "C'est une énorme responsabilité pour nous, dont nous devons être pleinement conscients", a ainsi lancé le capitaine du Bayern Munich Manuel Neuer: "Nous étions les chouchous de toute une nation lorsque nous sommes devenus champions du monde au stade Maracana de Rio de Janeiro le 13 juillet 2014. Maintenant, nous portons un maillot différent: celui de modèles sociaux."

Malgré sa précision, le plan sanitaire de la DFL n'a pas convaincu tout le monde. L'expert santé du parti social-démocrate (SPD) Karl Lauterbach a dénoncé "un signal fatal" envoyé par le gouvernement d'Angela Merkel et par les Länder (Etats régionaux). "Ce n'est pas une décision sportive, mais uniquement commerciale, pour ne pas perdre des contrats de sponsoring", a-t-il fulminé.

"Pervers"

Mercredi, la ville-Etat de Brême a été la seule à dire publiquement qu'elle avait plaidé contre une reprise en mai, estimant que les conditions n'étaient pas encore réunies. "La décision prise ne change rien à notre position, nous estimons qu'il s'agit d'une décision erronée", a déclaré le ministre régional de l'Intérieur de Brême, Ulrich Mäurer (SPD également), cité jeudi par le quotidien Bild.

M. Mauer a soulevé les objections qui sont aussi les cauchemars de la DFL: "Et que va-t-il se passer lorsqu'une équipe entière va devoir partir en quarantaine? Et que va-t-il se passer si, pour le match Dortmund-Schalke par exemple (un derby qui déchaîne d'ordinaire les passions, NDLR), 5.000 supporters se rassemblent devant le stade?".

Dans le monde sportif hors du football, quelques voix hostiles s'élèvent également. "L'Etat brade la santé de la population pour le football, c'est pervers", s'était emporté mercredi le champion du monde 2017 du javelot Johannes Vetter.

Quant à la championne d'Europe de plongeon Tina Punzel, elle trouve "regrettable que des milliers de tests (de coronavirus) soient utilisés" pour le football, reprenant un argument maintes fois entendu ces derniers jours en Allemagne.

Quoi qu'il en soit, le football reprendra le week-end du 15 mai.

Le Bayern Munich, en tête avec quatre points d'avance sur Dortmund, est attendu à Berlin pour jouer contre le promu Union, qui devra évoluer pour la première fois de son histoire sans son tonitruant mais extraordinaire public du petit stade de la "Alte Försterei", la "vieille maison forestière".

Quelques heures à peine après le feu vert du gouvernement à une reprise de la Bundesliga mercredi, la Ligue allemande de football (DFL) a annoncé la date des premiers matches: la 26e journée, reportée en mars, débutera le vendredi 15 mai. Les horaires exacts des rencontres n'étaient pas encore publiés jeudi matin, avant une assemblée générale des clubs prévue dans l'après-midi."C'est une bonne nouvelle pour la Bundesliga. Mais elle va de pair avec une lourde responsabilité pour les clubs et leur personnel qui doivent mettre en oeuvre les procédures médicales et organisationnelles avec discipline", a immédiatement déclaré le président de la DFL Christian Seifert, qui n'avait pas ménagé sa peine pour obtenir cette autorisation. Clairement, une contamination massive des footballeurs, synonyme de mise en quarantaine des équipes et d'arrêt définitif de la saison, serait une catastrophe. Cette reprise doit en effet permettre aux 36 clubs de première et deuxième division, qui font vivre 56.000 personnes, de récupérer 300 millions d'euros de droits TV et, pour certains, d'éviter la faillite qui se profile. Pour convaincre le monde politique, M. Seifert et la Ligue ont proposé un plan très complet de mesures sanitaires, basé sur des milliers de tests du coronavirus pour les joueurs et leur encadrement. "Signal fatal"Un protocole rigoureux dicte en outre les mesures à observer en club, en déplacement, dans les hôtels, et codifie les comportements de chacun avant, pendant et après les matches (joueurs, staffs, arbitres, médias, personnel, etc)."Ce qui est proposé est sensé", a estimé le président du Comité olympique allemand (DOSB) Alfons Hörmann. "Mais avec un grand point d'interrogation: est-ce que les responsables vont réussir à tout mettre en oeuvre de façon absolument rigoureuse et professionelle ?"Plusieurs joueurs ont reconnu que leur comportement serait décisif: "C'est une énorme responsabilité pour nous, dont nous devons être pleinement conscients", a ainsi lancé le capitaine du Bayern Munich Manuel Neuer: "Nous étions les chouchous de toute une nation lorsque nous sommes devenus champions du monde au stade Maracana de Rio de Janeiro le 13 juillet 2014. Maintenant, nous portons un maillot différent: celui de modèles sociaux."Malgré sa précision, le plan sanitaire de la DFL n'a pas convaincu tout le monde. L'expert santé du parti social-démocrate (SPD) Karl Lauterbach a dénoncé "un signal fatal" envoyé par le gouvernement d'Angela Merkel et par les Länder (Etats régionaux). "Ce n'est pas une décision sportive, mais uniquement commerciale, pour ne pas perdre des contrats de sponsoring", a-t-il fulminé."Pervers"Mercredi, la ville-Etat de Brême a été la seule à dire publiquement qu'elle avait plaidé contre une reprise en mai, estimant que les conditions n'étaient pas encore réunies. "La décision prise ne change rien à notre position, nous estimons qu'il s'agit d'une décision erronée", a déclaré le ministre régional de l'Intérieur de Brême, Ulrich Mäurer (SPD également), cité jeudi par le quotidien Bild. M. Mauer a soulevé les objections qui sont aussi les cauchemars de la DFL: "Et que va-t-il se passer lorsqu'une équipe entière va devoir partir en quarantaine? Et que va-t-il se passer si, pour le match Dortmund-Schalke par exemple (un derby qui déchaîne d'ordinaire les passions, NDLR), 5.000 supporters se rassemblent devant le stade?".Dans le monde sportif hors du football, quelques voix hostiles s'élèvent également. "L'Etat brade la santé de la population pour le football, c'est pervers", s'était emporté mercredi le champion du monde 2017 du javelot Johannes Vetter. Quant à la championne d'Europe de plongeon Tina Punzel, elle trouve "regrettable que des milliers de tests (de coronavirus) soient utilisés" pour le football, reprenant un argument maintes fois entendu ces derniers jours en Allemagne.Quoi qu'il en soit, le football reprendra le week-end du 15 mai.Le Bayern Munich, en tête avec quatre points d'avance sur Dortmund, est attendu à Berlin pour jouer contre le promu Union, qui devra évoluer pour la première fois de son histoire sans son tonitruant mais extraordinaire public du petit stade de la "Alte Försterei", la "vieille maison forestière".