Eibar basqule

La relégation du club basque sonne le glas d'une des plus belles pages de l'histoire du football espagnol. Un conte de fée qui aura duré sept ans. Sept saisons pendant lesquelles les Armeros ont épaté le monde entier. Bien loin de la Super League et des clubs gérés par des États, Eibar s'appuie sur un fonctionnement à l'opposé des standards actuels. Pas d'homme fort omniprésent, à l'image d'un Florentino Pérez, comme c'est souvent le cas au sein des modèles hispaniques. Les dirigeants travaillent en étroite collaboration pour combler un déficit économique flagrant.

Régulièrement plus petit budget de l'élite, le club présidé par Amaia Gorostiza n'a jamais dérogé à ses principes. La recrue la plus onéreuse s'appelle Edu Exposito, transféré pourquatre petits millions d'euros en 2019. Ce qui n'a pas empêché le club de passer des saisons tranquilles et même de se glisser dans la course à l'Europe en 2016 - 2017.

Dans le petit stade d'Ipurua pouvant accueillir 8.000 socios, le club s'est construit une identité de jeu claire. Un 4-4-2 plutôt osé mêlant transitions verticales et énorme débauche d'énergie. Un système offrant pas mal de un-contre-un grâce auquel certains joueurs ont explosé : Bryan Gil cette saison, Marc Cucurella avant lui et même David Silva à l'aube des années 2000.

Cette saison, l'effectif mis à disposition de José Luis Mendilibar n'était pas suffisant pour survivre dans un championnat espagnol qui, paradoxalement, aura rarement été aussi équilibré.

Le retour du Celta Vigo

En football, tout va très vite. Le Celta Vigo l'a encore démontré. Au terme de deux saisons complètements ratées, le club de Galice a frôlé le pire lors de la dernière campagne, n'assurant son maintien en Liga que pour un maigre point.

Maintenant sa confiance envers Oscar Garcia, les premières joutes de la saison annoncent un naufrage sans précédent. sept points sur 27, une 17ème place au classement, le bateau bleu et blanc navigue tout droit vers la relégation. De quoi réveiller les dirigeants qui laissaient jusque-là le club couler doucement vers les profondeurs du championnat.

Exit Garcia. Le capitaine de l'opération sauvetage se nomme Eduardo Coudet. Un virage à bas-bord foudroyant. L'équipe peinant à marquer (six buts en neuf matchs), l'entraîneur argentin embarque vers un nouveau système.

Coudet est convaincu que c'Aspas mieux pour Iago quand un attaquant mobile tourne autour de lui. Coup de génie. Dix buts et quatorze assists plus tard, l'attaquant espagnol termine la saison en boulet de canon. À ses côtés se trouve Santi Mina. Sur une voie de garage jusqu'ici, l'arrivée d'Eduardo Coudet relance l'ex-attaquant de Valence qui va réaliser la saison la plus prolifique de sa carrière avec douze buts et quatre assists. Autre coup de génie d'un entraineur qui aura Santi tous les bons coups.

Le passage en 4-1-3-2 change donc complètement le visage d'une équipe qui deviendra la bonne surprise de cette saison en Liga. Après une défaite à Séville plutôt logique, le Celta alignera quatre victoires consécutives pour remonter dans le ventre mou du classement. Avec en point d'orgue de cette saison à deux vitesses, une victoire de prestige au Camp Nou lors de l'avant-dernière journée.

Getafe, la fin d'un cycle ?

Le film de la saison 2020 - 2021 de Getafe se regardera en noir et blanc. Sans couleur. Sans saveur. Jamais dans la colonne de droite depuis sa remontée en Liga il y a quatre ans, le club nourrissait de grandes ambitions cette année. Au terme d'un mercato plutôt sexy avec notamment l'arrivée en trombe de l'attaquant Turc Enes Ünal, les Azulones étaient attendus au tournant. Mais ils lutteront jusqu'au bout pour ne pas descendre. La faute à qui ? A quoi ?

Dans le monde du sport, on a coutume de dire que les cycles durent 3 ans. Cette saison fût la quatrième de Pepe Bordalàs à la tête de l'équipe. Peut-être celle de trop. Si l'on jette un coup d'oeil aux statistiques, la possession de balle du club madrilène avoisine les 44%. Autre élément frappant, Getafe est l'équipe des cinq grands championnats qui a commis le plus de fautes (634, ex-aequo avec Vigo) et qui, par la même occasion, a reçu le plus de cartons (120). Preuve que dans cette formation, ce sont les joueurs qui transpirent et pas le ballon. Un système éprouvant qui a probablement atteint ses limites dans le temps.

Bordalàs s'est figé dans ce 4-4-2 qui l'avait déjà tant de fois fait gagner. Pourtant, le matériel à disposition méritait mieux. Tous les amateurs de football seront d'accord, laisser le talent de Carles Aleñá au vestiaire et privilégier le généreux Allan Nyom sur le côté, c'est dommage. D'autant plus qu'après trois saisons convaincantes, le jeu de Getafe n'a plus de secret pour personne. Le schéma est le même chaque week-end. Un adversaire qui se positionne très bas et la troupe de Bordalàs qui peine à faire circuler le cuir.

De plus, cette efficacité qui faisait la force principale de l'équipe lors des campagnes précédentes, était aux abonnés absentes. Ünal a mis beaucoup de temps à s'adapter tandis que Jaime Mata, titulaire indiscutable à la pointe de l'attaque, n'a pu confirmer ses deux très bonnes saisons précédentes. L'avant-centre récolte plus de cartons jaunes (neuf) que de buts marqués (cinq). Faut-il ajouter quelque chose ?

Par Valentin Raskin (st.)

La relégation du club basque sonne le glas d'une des plus belles pages de l'histoire du football espagnol. Un conte de fée qui aura duré sept ans. Sept saisons pendant lesquelles les Armeros ont épaté le monde entier. Bien loin de la Super League et des clubs gérés par des États, Eibar s'appuie sur un fonctionnement à l'opposé des standards actuels. Pas d'homme fort omniprésent, à l'image d'un Florentino Pérez, comme c'est souvent le cas au sein des modèles hispaniques. Les dirigeants travaillent en étroite collaboration pour combler un déficit économique flagrant. Régulièrement plus petit budget de l'élite, le club présidé par Amaia Gorostiza n'a jamais dérogé à ses principes. La recrue la plus onéreuse s'appelle Edu Exposito, transféré pourquatre petits millions d'euros en 2019. Ce qui n'a pas empêché le club de passer des saisons tranquilles et même de se glisser dans la course à l'Europe en 2016 - 2017.Dans le petit stade d'Ipurua pouvant accueillir 8.000 socios, le club s'est construit une identité de jeu claire. Un 4-4-2 plutôt osé mêlant transitions verticales et énorme débauche d'énergie. Un système offrant pas mal de un-contre-un grâce auquel certains joueurs ont explosé : Bryan Gil cette saison, Marc Cucurella avant lui et même David Silva à l'aube des années 2000. Cette saison, l'effectif mis à disposition de José Luis Mendilibar n'était pas suffisant pour survivre dans un championnat espagnol qui, paradoxalement, aura rarement été aussi équilibré. En football, tout va très vite. Le Celta Vigo l'a encore démontré. Au terme de deux saisons complètements ratées, le club de Galice a frôlé le pire lors de la dernière campagne, n'assurant son maintien en Liga que pour un maigre point. Maintenant sa confiance envers Oscar Garcia, les premières joutes de la saison annoncent un naufrage sans précédent. sept points sur 27, une 17ème place au classement, le bateau bleu et blanc navigue tout droit vers la relégation. De quoi réveiller les dirigeants qui laissaient jusque-là le club couler doucement vers les profondeurs du championnat. Exit Garcia. Le capitaine de l'opération sauvetage se nomme Eduardo Coudet. Un virage à bas-bord foudroyant. L'équipe peinant à marquer (six buts en neuf matchs), l'entraîneur argentin embarque vers un nouveau système. Coudet est convaincu que c'Aspas mieux pour Iago quand un attaquant mobile tourne autour de lui. Coup de génie. Dix buts et quatorze assists plus tard, l'attaquant espagnol termine la saison en boulet de canon. À ses côtés se trouve Santi Mina. Sur une voie de garage jusqu'ici, l'arrivée d'Eduardo Coudet relance l'ex-attaquant de Valence qui va réaliser la saison la plus prolifique de sa carrière avec douze buts et quatre assists. Autre coup de génie d'un entraineur qui aura Santi tous les bons coups. Le passage en 4-1-3-2 change donc complètement le visage d'une équipe qui deviendra la bonne surprise de cette saison en Liga. Après une défaite à Séville plutôt logique, le Celta alignera quatre victoires consécutives pour remonter dans le ventre mou du classement. Avec en point d'orgue de cette saison à deux vitesses, une victoire de prestige au Camp Nou lors de l'avant-dernière journée. Le film de la saison 2020 - 2021 de Getafe se regardera en noir et blanc. Sans couleur. Sans saveur. Jamais dans la colonne de droite depuis sa remontée en Liga il y a quatre ans, le club nourrissait de grandes ambitions cette année. Au terme d'un mercato plutôt sexy avec notamment l'arrivée en trombe de l'attaquant Turc Enes Ünal, les Azulones étaient attendus au tournant. Mais ils lutteront jusqu'au bout pour ne pas descendre. La faute à qui ? A quoi ? Dans le monde du sport, on a coutume de dire que les cycles durent 3 ans. Cette saison fût la quatrième de Pepe Bordalàs à la tête de l'équipe. Peut-être celle de trop. Si l'on jette un coup d'oeil aux statistiques, la possession de balle du club madrilène avoisine les 44%. Autre élément frappant, Getafe est l'équipe des cinq grands championnats qui a commis le plus de fautes (634, ex-aequo avec Vigo) et qui, par la même occasion, a reçu le plus de cartons (120). Preuve que dans cette formation, ce sont les joueurs qui transpirent et pas le ballon. Un système éprouvant qui a probablement atteint ses limites dans le temps.Bordalàs s'est figé dans ce 4-4-2 qui l'avait déjà tant de fois fait gagner. Pourtant, le matériel à disposition méritait mieux. Tous les amateurs de football seront d'accord, laisser le talent de Carles Aleñá au vestiaire et privilégier le généreux Allan Nyom sur le côté, c'est dommage. D'autant plus qu'après trois saisons convaincantes, le jeu de Getafe n'a plus de secret pour personne. Le schéma est le même chaque week-end. Un adversaire qui se positionne très bas et la troupe de Bordalàs qui peine à faire circuler le cuir.De plus, cette efficacité qui faisait la force principale de l'équipe lors des campagnes précédentes, était aux abonnés absentes. Ünal a mis beaucoup de temps à s'adapter tandis que Jaime Mata, titulaire indiscutable à la pointe de l'attaque, n'a pu confirmer ses deux très bonnes saisons précédentes. L'avant-centre récolte plus de cartons jaunes (neuf) que de buts marqués (cinq). Faut-il ajouter quelque chose ?Par Valentin Raskin (st.)