Le Bayern entame une nouvelle ère avec un nouvel entraîneur, Julian Nagelsmann. La préparation a été difficile mais le champion d'Allemagne n'en a pas pour autant écarté son entraîneur des feux de la rampe. Au contraire même: le Bayern avait tout intérêt à ce que Nagelsmann explique sa philosophie en long et en large à tous les journaux et magazines. Il l'y a encouragé, dans la foulée de la politique menée par l'ancien directeur de la communication, Marcus Hörwick. Pour celui-ci, il valait mieux qu'on parle du club de manière négative que pas du tout. Hörwick n'est jamais sorti de son rôle: il n'a jamais laissé libre cours à ses émotions, il n'a jamais téléphoné aux journalistes qui s'étaient montrés critiques, il n'a jamais eu de sautes d'humeur.
...

Le Bayern entame une nouvelle ère avec un nouvel entraîneur, Julian Nagelsmann. La préparation a été difficile mais le champion d'Allemagne n'en a pas pour autant écarté son entraîneur des feux de la rampe. Au contraire même: le Bayern avait tout intérêt à ce que Nagelsmann explique sa philosophie en long et en large à tous les journaux et magazines. Il l'y a encouragé, dans la foulée de la politique menée par l'ancien directeur de la communication, Marcus Hörwick. Pour celui-ci, il valait mieux qu'on parle du club de manière négative que pas du tout. Hörwick n'est jamais sorti de son rôle: il n'a jamais laissé libre cours à ses émotions, il n'a jamais téléphoné aux journalistes qui s'étaient montrés critiques, il n'a jamais eu de sautes d'humeur. Le Bayern ne considère pas la presse comme une ennemie. Longtemps, après chaque entraînement, il a mis trois joueurs à la disposition de la presse écrite et trois autres à celle de la radio et de la télévision. Après vingt minutes, on inversait les rôles. Le journaliste qui assistait aux entraînements pouvait donc parler à six joueurs chaque jour. Hörwick disait que le Bayern était un club aux portes et aux fenêtres ouvertes, tout en rappelant qu'il en conservait les clés. Quand LouisvanGaal a voulu supprimer ces entretiens avec la presse, le Bayern l'a enjoint de respecter sa culture. Depuis, Hörwick a pris sa retraite, les temps ont changé mais la presse ne peut toujours pas se plaindre d'un manque de collaboration du club. Il y a sept ans, nous avons nous-même pu voir jusqu'où le Bayern allait. Il avait reçu 53 journalistes issus des 53 pays européens pour leur permettre de faire plus ample connaissance avec le club. Il avait assumé tous les frais, y compris les billets d'avion. Ça faisait partie de sa stratégie de marketing. L'assemblée avait été logée au prestigieux Bayrischer Hof, un hôtel cinq étoiles, juste derrière la cathédrale gothique. Plus tard, le Bayern avait mis sur pied une réunion comparable avec des représentants de la presse asiatique et américaine. Ça nous avait permis de découvrir l'âme du club et d'assister à une séance du nouvel entraîneur, PepGuardiola, le successeur de JuppHeynckes. Nous avons rarement vu un entraîneur plus fanatique que l'Espagnol. Par exemple, il organisait un match à six contre six et courait comme un fou entre ses joueurs. "Schneller, schneller", criait-il. Ensuite, Guardiola avait pris le temps de répondre aux questions de la presse internationale. Comme chacun balaie devant sa porte, quelqu'un lui avait demandé ce qu'il pensait du football en... Bosnie-Herzégovine. Guardiola avait répondu qu'il ne parlait jamais des autres équipes, par respect pour ses collègues. Il avait trouvé plus intéressante une autre question: comment gagner la confiance de joueurs qui venaient de remporter le triplé Coupe-championnat-Ligue des Champions. "Gagner leur confiance est un processus auquel un entraîneur pense constamment. Qu'est-ce qui est le plus important? Offrir une solution aux joueurs quand ils en demandent. Et ne pas faire quelque chose qui les incite à se demander ce qui se passe. Il faut qu'ensuite, chacun remarque que j'ai effectué un bon choix." Marcus Hörwick suivait la conversation, aux côtés d'une de ses assistantes, NinaAigner. Alors que tout le monde remontait dans le car pour aller au restaurant, quelqu'un avait voulu savoir si elle s'intéressait au football. Nina avait opiné. Et précisé qu'elle avait joué dix ans pour les dames du Bayern et comptait quarante sélections nationales. Pour l'Autriche. Hörwick avait souri: "Nous n'employons pas de personnes dépourvues de bagage footballistique." Le Bayern Munich est un club spécial. Très engagé sur le plan social. On l'a encore remarqué la semaine dernière: suite au décès de son icône, GerdMüller, on a rappelé la vie du Bomber. Y compris le passage concernant son alcoolisme. Le Bayern l'avait envoyé en thérapie et en avait assumé le coût avant d'engager Müller comme entraîneur des jeunes.